Voici pourquoi il n'est pas conseillé de manger des produits hyperprotéinés au quotidien

Dans les supermarchés, les produits hyperprotéinés ont envahi tous les rayons. Mais présentent-ils un intérêt ou est-ce du marketing ? On vous répond.

Par Khadija Adda-Rezig

Rédigé le

Reportage produits hyperprotéinés

Le Mag de la Santé - France 2

Enchaîner les entraînements de musculation sans se ménager, c'est la routine de Victor, 27 ans. Et ce, au moins trois fois par semaine.

Pour accompagner ses efforts sportifs, ils s'astreint à un régime où les protéines ont une place de choix. "Dans le frigo, on retrouve des yaourts un peu en tout genre, vous avez des yaourts protéinés au chocolat, vous avez des yaourts protéinés à la vanille. Moi, ma saveur préférée, c'est celle au chocolat", confie ainsi Victor Cauchois.

Certains renferment jusqu'à 40 grammes de protéines. "Ils font l'équivalent d'un repas, c'est-à-dire que quand vous le mangez, vous n'avez plus faim", ajoute-t-il.

Des petits formats protéinés particulièrement pratiques

Victor consomme ces crèmes desserts tous les jours, matin et soir. Le petit format du yaourt très concentré en protéines est pratique, selon le jeune homme de 24 ans.

"Vous n'êtes pas forcément obligé de manger cinq œufs sur le plat, un bifteck ou une grosse cuisse de poulet. Et puis, ça permet aussi de varier les goûts parce que ces protéines naturelles, que je viens de citer, on les trouve dans les produits salés. Et là, on les trouve dans des produits sucrés", argumente le sportif.

Parfois +200% d'écart de prix sur des produits similaires

À l'instar de Victor, beaucoup de personnes, sportives comme non-sportives, se tournent désormais vers ces produits enrichis en protéines. Ils ont envahi les rayons de nos supermarchés, que ce soit au rayon frais, en épicerie, au petit-déjeuner et même du côté des saucissons. Ces alternatives hyperprotéinées sont vendues à prix d'or.

Pourtant, le coût n'est pas toujours justifié. "Au rayon des produits laitiers frais, typiquement avec les skyrs, on voit nettement une différence avec les fromages blancs allégés, par exemple. Au niveau des matières grasses, on est sur un produit très proche nutritionnellement et avec des différences de prix qui peuvent aller à +200% ou +300%. Donc là, on paye l'appellation et la réputation de richesses en protéines", illustre Elsa Abdoun, journaliste pour le magazine UFC-Que Choisir.

Peut-on faire confiance aux produits enrichis en protéines ?

Il faut être vigilant car certaines marques surfent sur la tendance. Et parfois, il s'agit d'une stratégie marketing pour davantage vendre, selon Elsa Abdoun.

"Parfois on a un fromage, tout ce qu'il y a de plus classique, comme un emmental. Tous les emmentals sont protéinés. Mais on rajoute l'étiquette protéinée pour vendre plus sans rien changer à la composition du produit", révèle-t-elle.

Une composition qui laisse parfois à désirer

Par ailleurs, les compositions des produits hyperprotéinés laissent parfois à désirer, selon Virginie Dubois, diététicienne-nutritionniste. C'est le cas de certaines barres de céréales, par exemple, que de nombreux sportifs consomment.

"Vous avez plus de matières grasses que de protéine : quasiment 12g de gras pour 10g de protéines et aussi un apport de sucre qui représente plus de 50% du produit. C'est donc un produit plaisir qui n'est pas du tout le genre de produits qu'on peut recommander au quotidien", décrypte-t-elle.

Les produits hyperprotéinés ont-ils un intérêt pour la santé ?

Il n'y a pas vraiment d'utilité à opter pour des produits produits hyperprotéinés chez un consommateur normal, selon Virginie Dubois. Une alimentation équilibrée suffit.

En revanche, il peut y avoir un intérêt dans des cas précis. "La question peut se poser pour des personnes âgées, peut-être, qui auraient des difficultés à consommer de la viande ou du poisson. Pour les sportifs, aussi, qui voudraient compléter leurs apports en protéines. C'est notamment le cas dans des sports de force, comme en musculation, qui est de plus en plus pratiquée par les jeunes sportifs", cite-t-elle.

Une alimentation variée, avec une quantité suffisante de viande, de poisson, d'œufs ou de légumineuses, suffit à couvrir les besoins journaliers en protéines.