On vous aide à éliminer les produits ultra-transformés du goûter de vos enfants
Additifs, sucres... Les produits ultra-transformés peuvent avoir un impact sur la santé. Et les enfants y sont souvent exposés, à l’occasion d’un repas en particulier : le goûter. Céline Richonnet, diététicienne-clinicienne, nous donne ses conseils.
Par Julie Zulian
Rédigé le
Alimentation équilibrée : ce qu'il faut savoir pour manger sainement
Allo Docteurs - Newen Digital
Ils occupent une part de plus en plus importante de notre alimentation. Les aliments ultra-transformés représentent environ 35% de nos apports caloriques en France, rappelle un communiqué de l’Inserm. Et dans le même temps, les preuves de leur nocivité s’accumulent, et montrent qu'une consommation quotidienne est associée à des risques accrus de surpoids et d'obésité ainsi qu'une augmentation de certaines maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires ou le diabète de type 2.
Les aliments ultra-transformés se définissent comme des produits ayant subi d’importants procédés de transformation (chimique, physique, biologique) qui modifient la texture, le goût, ainsi que la conservation des aliments. Ils contiennent au moins un ingrédient qui ne sont pas utilisés dans la cuisine traditionnelle tels que des additifs comme des émulsifiants, des conservateurs, des arômes et des sucres comme le sirop de glucose-fructose.
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Les enfants sont plus exposés que les adultes
Et parmi les populations les plus exposées se trouvent les enfants, qui consomment davantage de produits ultra-transformés que les adultes. Ils constituent ainsi 46 % de leurs apports caloriques, contre 36% chez les adultes, d’après 60 millions de consommateurs. Le goûter concentre souvent de la nourriture ultra-transformée, ainsi que le petit-déjeuner et les fins de repas qui comprennent un dessert ou un yaourt. Limiter leur consommation est un enjeu de santé publique mais il est parfois difficile de les identifier. La première étape est donc de reconnaître un aliment ultra-transformé, grâce à ces quelques critères :
- S’il contient un ou plusieurs ingrédients qui n’existent pas dans votre cuisine, tels que des émulsifiants ou des huiles hydrogénées.
- S'il comporte une trop longue liste d’ingrédients, c’est-à-dire au-delà de cinq composants.
- S'il affiche des allégations santé comme "sans sucre ajouté". Pour obtenir ces propriétés, les industriels vont souvent remplacer le sucre par des édulcorants.
Les techniques marketing mises en place par les grandes marques sont très efficaces. "On a montré que les dessins, les mascottes, le tutoiement, tous ces procédés cherchent à attirer l'enfant" confie Céline Richonnet, autrice du livre Bien nourrir votre enfant pour un microbiote au top et co-présidente du Club européen des diététiciens de l'enfance (CEDE).
"La majorité des produits sont designés par les producteurs alimentaires, au niveau de la texture, de la couleur, du sucre pour que les enfants deviennent prescripteurs et en redemandent", précise-t-elle.
D'autant plus que les enfants ne disposent pas de la même capacité cognitive que les adultes pour résister à ces publicités, rappelait une publication de Santé Publique France.
Quel est le goûter idéal pour un enfant ?
Le goûter est un des repas qui cristallise le plus le problème de la consommation d’aliments ultra-transformés. Il constitue à ce titre un levier sur lequel il est possible d'agir. "Mon premier conseil, c'est d'essayer de faire des goûters maison". Quand ce n'est pas possible, il faut alors "éduquer à bien choisir". Car "un goûter équilibré, ce n'est pas que des biscuits. Il ne faut pas les diaboliser, mais plutôt les accompagner d'un fruit et éventuellement d'un laitage, comme des petits suisses", conseille la diététicienne.
Voici quelques critères auxquels être attentifs pour bien choisir les goûters des enfants :
- S’aider du Nutri-Score dans ses choix afin d’éviter les aliments classés D ou E, et plutôt s'orienter vers un Nutri-Score C.
- Utiliser des applications gratuites comme Yuka mais aussi Open Food Facts, qui permettent de mesurer le niveau de transformation des produits.
Préférer les biscuits secs aux gâteaux fourrés
Et si l’on dispose de davantage de temps pour lire l’étiquette :
- Éviter les produits qui affichent des E en fin de liste ou plus généralement les cocktails d’additifs (parfois écrits en toutes lettres), mauvais pour le microbiote intestinal.
- Les ingrédients sont classés dans un ordre prépondérant, éviter les produits dans lesquels le sucre est classé en premier et comparer les produits pour privilégier les moins sucrés.
Un bon conseil est d'éviter les gâteaux fourrés, notamment ceux à base de pâte à tartiner ainsi que les fourrages aux fruits. "Je conseille plutôt de privilégier les biscuits secs avec des pépites de chocolat. Il faut aussi tenter les alternatives, certains biscuits contiennent des fibres avec des noix et du chocolat. Le tout, c'est d'essayer une fois", recommande Céline Richonnet.
La méthode "80/20" pour éviter de culpabiliser
Malgré les bons conseils, il faut reconnaître que la pression marketing mise en place par les marques se répercute aussi sur les parents. "C'est compliqué, j’ai déjà entendu que le goûter maison est parfois moqué à l’école, parce qu’il est ramené dans un tupperware et non dans un emballage industriel, il y a une sociabilisation des enfants autour du goûter avec des échanges de biscuits", confie la co-présidente du CEDE.
Parmi les bons réflexes, faire en sorte que l'enfant commence par le fruit plutôt que par les gâteaux permet de l'empêcher d'en manger en trop grande quantité. "Au début du goûter, les enfant ont très faim. Glisser une clémentine ou une banane dans le sac, qui sont des fruits plutôt pratiques, peut faire en sorte que l'enfant mange seulement deux ou trois petits gâteaux et non six", ajoute Céline Richonnet.
La diététicienne préconise la technique du "80/20". À savoir, préconiser des goûters à faire soi-même à la maison, pour éviter qu'ils soient trop sucrés, dans 80% du temps. Cela peut être du pain avec du chocolat accompagné de raisins par exemple. Et les 20% restants ? L'enfant choisit un goûter qui lui fait plaisir. "Si les aliments du quotidien sont bien choisis, il peut y avoir plein d’exceptions", assure-t-elle.
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Le goûter salé, c'est possible !
Préparer des biscuits maison le dimanche, pour l'école, permet d'éliminer deux jours avec des produits industriels. "Parfois, la recette peut être très simple, comme écraser une banane avec des flocons d'avoine et des pépites de chocolat avant de mettre au four" pour faire des cookies, conclut la diététicienne. Une autre technique à tester est celle de remplacer le sucre par de la compote dans certaines préparations.
Évitez les goûters accompagnés de jus de fruit ou de sodas. L'eau ou le lait non aromatisé sont à préférer. Prudence avec certaines boissons végétales qui contiennent parfois du sucre ajouté. Enfin, il est recommandé d’éviter le soja chez les jeunes enfants et les femmes enceintes.
Enfin, qui a dit que le goûter devait toujours être sucré ? Du pain avec du jambon ou de la dinde, ou même avec un peu fromage peut constituer une idée intéressante. Toutes les alternatives sont permises !