Produits laitiers pour les enfants : on vous aide à bien les choisir
Ces derniers mois, les alertes à propos de produits laitiers trop sucrés et/ou ultra-transformés destinés aux enfants se sont multipliées dans les médias. Comment bien les choisir ? Voici quelques conseils pour les repérer.
Par Julie Zulian
Rédigé le
Alimentation équilibrée : ce qu'il faut savoir pour manger sainement
Allo Docteurs - Newen Digital
La dernière alerte date de décembre 2025. La publication de l'enquête du magazine 60 millions de consommateurs concernait 165 produits alimentaires à destination des bébés, issus de marques nationales et de marques distributeurs. Résultat : l'association affirmait que 58,2% des aliments pour bébé étaient ultra-transformés.
Mais qu'est-ce qu'un produit ultra-transformé ? Il s'agit d'un produit qui contient au moins un ingrédient qui n'est pas utilisé dans une cuisine traditionnelle tels que des additifs, comme des émulsifiants, des conservateurs, des arômes et des sucres comme le sirop de glucose-fructose, le dextrose ou la maltodextrine.
Problème : les preuves de la nocivité de ces préparations industrielles se multiplient. Une consommation quotidienne de ces produits ultra-transformés serait en effet associée à des risques accrus de surpoids et d'obésité ainsi qu'à une augmentation du risque de contracter certaines maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires ou le diabète de type 2, d'après l'Inserm.
Les desserts lactés pour bébé en haut du podium des produits ultra-transformés
Les desserts lactés figurent parmi les produits les plus ultra-transformés de l'alimentation bébé, selon 60 millions de consommateurs. Presque 100% de la trentaine de produits analysés contenait au moins un ingrédient ultra-transformé. Les marques les plus représentées, dans l'ensemble des produits analysés et destinés au bébé, étaient Nestlé, Blédina et HiPP bio.
En octobre 2025, l'association Foodwatch listait déjà huit produits "laitiers" non adaptés à l'alimentation de l'enfant en raison d'une "teneur en gras, en sucre et/ou en sel trop élevée selon les critères nutritionnels de l'OMS". Foodwatch dénonçait un marketing qui cible les enfants, à coup d'emballages colorés, de dessins, de petites mascottes et d'allégations santé telles que "riches en calcium et en vitamine D".
Le dessert lacté n'est pas un produit laitier
Difficile de choisir un produit laitier adapté à l'enfant ou au bébé, tant les rayons sont vastes et les choix multiples. "Il existe des desserts aux smarties ou des danettes où certaines personnes pensent que ce sont des yaourts alors que pas du tout. Les yaourts doivent contenir entre 80 et 90% de lait. Il faut faire attention à la quantité de sucre et au packaging", met en garde Tiffany Deroyer, diététicienne pédiatrique.
Un yaourt ne doit en réalité contenir que deux ingrédients : du lait et des ferments lactiques, rappelle Inès Cocquet, diététicienne pédiatrique. "En consultation, je me suis rendue compte qu'il y avait une confusion des produits laitiers avec les desserts lactés. On appelle produit laitier le fromage, le yaourt, le fromage blanc ou le petit suisse. Les produit lactés, sucrés ou aromatisés, n'en font pas partie", affirme-t-elle.
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Les produits laitiers à privilégier pour l'enfant à partir de 4 ans...
L'enfant a besoin de consommer trois produits laitiers par jour. "Ils sont importants pour leur apport en calcium, qui permet une bonne croissance osseuse chez l'enfant", explique la diététicienne Inès Cocquet. Voici quelques critères qui permettent de mieux choisir un produit laitier adapté à l'enfant :
- Privilégier des produits à la liste d'ingrédients la plus courte possible (un à trois ingrédients idéalement). Un grand nombre d'ingrédients est souvent caractéristique d'un produit ultra-transformé.
- Un bon réflexe est de choisir des yaourts au rayon adulte et nature, qui peuvent s'adapter à l'alimentation de l'enfant et contiennent parfois moins de sucre.
- Côté fromage, choisir du lait pasteurisé pour éviter tout risque infectieux chez les jeunes enfants, surtout âgés de moins de cinq ans.
Les yaourts au lait de vache ne sont pas les seules possibilités chez l'enfant, ceux au lait de chèvre ou de brebis constituent aussi une bonne option. "Lorsqu'ils sont petits, on peut prendre des yaourts et du fromage, et lorsqu'ils sont plus âgés, on peut prendre des produits laitiers plus protéinés comme des petits suisses", conseille Inès Cocquet.
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...et ceux à éviter dans le quotidien
Les produits lactés nature permettent d'éviter une teneur trop forte en sucre. "Le petit-suisse aromatisé écrémé est moins gras, il contient moins de vitamine D et il est deux à trois fois plus sucré", illustre Tiffany Deroyer, qui rappelle que l'apport en acides gras des produits laitiers est nécessaire au bon développement cérébral de l'enfant.
Voici quelques critères à garder en tête :
- Éviter les produits lactés disposés dans les rayons à température ambiante. "Il faut se méfier des yaourts disponibles dans les rayons qui ne sont pas au frais, parce qu'ils contiendront certains ingrédients tels que des conservateurs et parfois d'autres additifs. Et il faut toujours faire attention au sucre", indique Inès Cocquet.
- Éviter les yaourts 0%. "Les enfants ont besoin de lipides et de vitamine D, il leur faut du gras donc il n'y a aucun intérêt à prendre ces produits", ajoute la diététicienne.
- Éviter les versions aromatisées ou sucrées. "Dans les yaourts aromatisés aux fruits, on trouve treize à quinze grammes de sucre, soit deux à trois morceaux de sucre. Et attention aux arômes, un yaourt n'est pas nature parce qu'il est blanc, ils sont parfois trois fois plus sucrés que les yaourts de base", explique Tiffany Deroyer.
Un yaourt nature n'empêche pas d'ajouter soi-même du sucre ou tout autre touche sucrée, qui permet de mieux doser par rapport à un produit industriel. Mais il est important de garder en tête que ces produits ne sont pas non plus à bannir de l'alimentation. Tout est question de fréquence. La consommation de ces produits lactés devrait idéalement se limiter une à deux fois par semaine maximum.
"Les yaourts aromatisés sont parfois le seul moyen pour les enfants qui ont une sélectivité marquée d'avoir un apport en calcium donc c'est important de ne pas les diaboliser. Lorsqu'un enfant est difficile, se tourner vers un diététicien est un moyen de bénéficier d'un accompagnement personnalisé", nuance Inès Cocquet.
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Quel produit laitier pour bébé ?
Les enfants de moins de trois ans doivent conserver le lait maternel ou infantile le plus longtemps possible dans leur alimentation. "Le lait entier de vache n'apporte pas les mêmes intérêts nutritionnels que le lait de croissance", indique Inès Cocquet.
Prudence avec les yaourts des supermarchés. "Dans l'esprit collectif, les yaourts destinés aux petits contiennent forcément du lait infantile. Ce n'est plus le cas depuis dix ou quinze ans. Il s'agit de lait de vache, avec parfois des versions aux fruits ou aromatisées trop sucrées", avertit Tiffany Deroyer.
Elle ajoute : "Souvent, les produits vendus dans les rayons des supermarchés hors des réfrigérateurs sont des produits épaissis avec de l'amidon. On y trouve peu de minéraux et pas de fer, ce qui peut amener des carences chez le tout-petit".
Les yaourts au lait entier nature, les fromages blancs type Fjords ou yaourts à la grecque nature ainsi que le fromage au lait pasteurisé permettent de varier l'alimentation et les apports en calcium du bébé.
Que faire en cas d'allergie aux protéines de lait de vache ?
Certains enfants souffrent d'une allergie aux protéines de lait de vache. Mais attention aux alternatives végétales, qui ne sont pas adaptées à l'alimentation de l'enfant et ne peuvent s'y substituer. Elles s'apparentent plutôt à des jus, souvent riches en sucre. "Donner de la compote et du yaourt végétal, c'est donner deux doses de sucre, le bébé a besoin de gras", éclaircit Tiffany Deroyer.
Les besoins nutritionnels des jeunes enfants ne peuvent être couverts par les versions végétales, avec le risque de complications graves. "Dans les cas spécifiques, on peut opter pour des produits enrichis en calcium. Mais il est nécessaire d'avoir un accompagnement pour ne pas créer de carence chez l'enfant", conclut-elle.