Quelles infusions boire pour affronter l'hiver ?
Si vous êtes un amateur de boissons chaudes, vous cherchez peut-être une infusion pour combattre les maux de l'hiver. Gingembre, verveine, ortie... on vous décrypte les bienfaits de ces plantes.
Par Julie Zulian
Rédigé le
Rhume, angine, gastro, bronchiolite... comment combattre les maux de l'hiver ?
Allodocteurs - Newen France
Le froid est encore bien installé, et l'épidémie actuelle de grippe encourage à se prémunir des maux de l'hiver. Sur les réseaux sociaux, les recettes se multiplient et il est difficile de s'y retrouver parmi tous leurs supposés bienfaits. "Il existe certaines plantes dont les vertus seront plus efficaces en infusion qu'en huile essentielle, c'est le cas du romarin par exemple" explique la Dre Aline Mercan, médecin généraliste et phytothérapeute. "Le principe actif de cette plante extrait par l'eau est plus efficace", insiste-t-elle.
Elle affirme que les plantes infusées ont de véritables bienfaits : "On a souvent une image des infusions comme un « pisse-mémé » ou d'une petite habitude digestive à la fin d'un repas, alors qu'une infusion peut avoir un vrai effet thérapeutique et permet aussi d'hydrater". En revanche, en cas de problèmes de santé, la consultation d'un médecin est nécessaire. Dans le cas de personnes sous traitement, souffrant d'une pathologie et/ou à risque, la phytothérapie doit être validée avec un professionnel de santé.
Le gingembre pour bénéficier d'un effet tonique
"La tisane de gingembre fait partie des infusions que je recommande. C'est une superbe plante car elle a un côté tonique et anti-inflammatoire", réagit d'emblée la Dre Aline Mercan, médecin généraliste et phytothérapeute. Le gingembre possède aussi des vertus digestives et peut être utiles aux personnes ayant des nausées ou des difficultés à digérer. "Par contre, dans les cas de gastrites, il faut éviter à cause de l'acidité", met-elle en garde.
Il est possible de se faire une décoction à froid, en mixant la racine de gingembre, et d'en prendre un petit verre chaque matin pendant deux à trois semaines. "Il faut tout de même aimer le goût parce que c'est très fort", reconnaît la médecin généraliste. Attention : les personnes qui prennent des anti-coagulants ne doivent pas consommer de gingembre. La plante peut en effet interagir avec ce type de médicament, rappelle le Vidal.
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La tisane de curcuma, des effets antioxydants ?
Souvent associé au gingembre, le curcuma a la réputation d'être une "épice miracle". L'infuser n'est pourtant pas le meilleur conseil. "Le curcuma n'est pas soluble dans l'eau mais dans un corps gras, notamment par le biais de l'alimentation. La tisane ne va pas être le meilleur moyen de bénéficier de ses vertus antioxydantes, il y a aura quelques effets mais moins que par l'alimentation", explique la Dre Aline Mercan.
Par ailleurs, le curcuma a été à l'origine de quelques cas d'hépatotoxicité. "Cela concernait des compléments alimentaires à très forte dose", rassure la médecin-généraliste, tandis qu'une consommation par le biais de l'alimentation ne pose pas de problème. Mais "les personnes qui prennent un traitement hormonal prescrit en raison d'un cancer, tel que le cancer du sein, ainsi que les personnes ayant des traitements chroniques, ne devraient pas choisir cette plante", estime la médecin-généraliste.
Si vous suivez un traitement médical, parlez-en à un médecin ou à un professionnel de santé avant de consommer du curcuma en grande quantité.
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Le thym et la tisane de ronce : des alliés face aux maux de l'hiver
Si vous aimez les senteurs de Provence, le thym fait sûrement partie de vos plantes de prédilection. Bonne nouvelle : il possède "des vertus antiseptiques et digestives" et prodigue un "effet tonique", révèle la Dre Aline Mercan. Il peut être intéressant pour dégager les voies respiratoires et apaiser la toux en cas de rhume ou de bronchite. Il n'existe pas de contre-indication au thym mais, comme toutes les plantes, il faut rester vigilant en cas de possible allergie.
"La tisane de ronce, avec ses feuilles, peut être intéressante pour les maux de gorge, elle peut permettre de soulager l'angine par exemple. Cela ne va pas soigner mais ça peut faire du bien. Il faut bien gargariser avant d'avaler", renchérit la phytothérapeute.
La verveine, reine des digestives
Difficile d'évoquer les tisanes favorites de l'hiver sans citer la verveine. Elle a la réputation de nous aider à mieux dormir. Mais elle possède une autre vertu : "La verveine citronnée est une grande digestive. C'est pratiquement la seule espèce de verveine qu'on consomme et ses vertus proviennent justement de ses dérivés citronnés", d'après la Dre Aline Mercan.
L'ortie, une source de fer végétal à nuancer
Enfin, l'ortie est présentée comme une plante riche en fer, utile pour éviter les risques d'anémie. La réalité n'est pas si simple. "Le taux de fer dans l'ortie dépend de l'endroit où a poussé la plante. Et le fer végétal est moins bien absorbé que le fer d'origine animale. Il vaut mieux choisir une cure de fer si l'on se sent fatigué ou si l'on est en situation d'un stock bas de globules rouges", atteste la médecin généraliste.
D'autant que le taux en fer n'est pas le même s'il s'agit de la plante fraîche ou de la poudre de plante, une grande partie des minéraux étant dans la tige. "Boire une tisane à base d'ortie ne permettra pas d'aller mieux. S'il y a un risque d'anémie, il vaut mieux interroger son alimentation" et en parler avec son médecin traitant, ajoute-t-elle.
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Il en est de même pour les bienfaits prêtés à cette plante sur les douleurs articulaires. "Si l'on a une poussée d'arthrose, ce n'est pas l'ortie qui va régler le problème. L'effet d'une infusion reste doux et peut seulement accompagner dans des troubles légers à modérés".
Comment bien préparer son infusion ?
Voici quelques conseils pour bien préparer son infusion :
- Privilégier une eau de bonne qualité. "Si l'eau est chlorée, c'est bien de la laisser décanter pour laisser s'évacuer le chlore".
- Acheter la plante en vrac. "On peut juger de la qualité des feuilles, voir si elles sont bien vertes et non pas marrons. Dans certains sachets, on retrouve des déchets de plante et le plastique, au contact de la chaleur, délivre des nano-particules de plastique ainsi que des perturbateurs endocriniens".
- Choisir des plantes si possibles cultivées en France et de bonne qualité. "Il existe un bon réseau de producteurs en France, que l'on peut trouver sur les marchés et en ligne et qui cultive en bio. Et ce n'est pas forcément plus cher".
- Les bonnes étapes : faire bouillir l'eau puis couper le feu avant d'incorporer la plante puis la laisser infuser.
- Petit bonus : lorsque l'infusion a un peu refroidi, il est possible d'ajouter "une cuillère de miel pour ses vertus antiseptiques ou une à deux gouttes de propolis, qui stimule la production d'anti-corps et a des vertus antiseptiques".
Cette préparation concerne l'infusion de feuilles et de fleurs, ce qui n'est pas pareil qu'une décoction : "Si l'on veut ajouter une racine de gentiane par exemple, il faut faire bouillir avec la racine puis couper le feu et ajouter la verveine citronnée, qui dans ce cas donne un meilleur goût, la racine gentiane n'étant pas très goûtue", conclut la phytothérapeute.