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Interactions médicamenteuses : les seniors en première ligne

Après 80 ans, on estime que les interactions médicamenteuses sont responsables de 20% des hospitalisations. Pour réduire ce chiffre, une expérimentation est en cours depuis 2013 dans neuf régions. L'idée est de mettre en place un parcours de santé, le PAERPA, permettant de mieux contrôler les prises de médicaments.

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Plus de médicaments périmés ou inutilisés dans les armoires, c'est autant de risques supprimés

On estime à 144.000 le nombre d'hospitalisations liées à des interactions médicamenteuses, soit 4% du nombre total d'hospitalisations. Des chiffres qui rappellent que prendre des médicaments n'est jamais anodin.

Ces interactions médicamenteuses peuvent se produire entre médicaments ou – et on le sait moins - avec des aliments qui vont engendrer une toxicité ou rendre un traitement moins performant et donc indirectement mettre en jeu la santé du patient.

Le risque d'interaction médicamenteuse augmente avec le nombre de médicaments que l'on prend. C'est la raison pour laquelle il augmente aussi avec l'âge, le recours aux médicaments devenant souvent inévitable avec une consommation moyenne de quatre médicaments par jour après 65 ans.

Pour éviter tout risque d'interactions médicamenteuses chez les personnes âgées, des logiciels ont été créés. Ces logiciels permettent à tout intervenant de santé d'être informé des traitements en cours des patients. Le Dr Guillaume Declercq, médecin généraliste, explique pourquoi le risque d'interactions médicamenteuses est plus important chez la personne âgée : "À partir de 70 ans, on a les problèmes d'hypertension, les problèmes d'athérosclérose, les problèmes diabétiques, les problèmes de douleurs chroniques également… Ces médicaments quotidiens qu'on n'arrive pas à enlever viennent s'ajouter et du coup, ils peuvent poser des problèmes d'interactions médicamenteuses".

Et les chiffres sont impressionnants. Presque 20% des hospitalisations des personnes âgées sont dues à des accidents médicamenteux qui auraient pu être évités dans plus de la moitié des cas. "On se retrouve face à des patients qui ont plusieurs ordonnances", constate le Dr Delphine Dambre, gériatre, "et le pharmacien peut être une aide au médecin traitant dans la régulation de toutes ces ordonnances et dans la vigilance qu'il peut apporter au médecin traitant pour l'alerter en cas de possibles interactions médicamenteuses".

À Valenciennes, 260 patients sont régulièrement suivis grâce aux logiciels et aux dispositifs mis en place. En 2017, les neuf régions concernées par l'expérimentation seront évaluées pour mesurer l'efficacité de cette prise en charge sur les hospitalisations des personnes âgées.

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