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Hypertension : vaisseaux sous pression

Tout le monde la connaît, mais peu de gens savent ce que c'est. En France, quatorze millions de personnes souffrent d'hypertension. La plupart du temps, une meilleure hygiène de vie et la prise de médicaments suffisent. Mais ce n'est pas le cas pour les hypertendus résistants qui risquent alors l'accident cardiovasculaire ou cérébral.

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Hypertension : vaisseaux sous pression
Hypertension : vaisseaux sous pression
Sommaire

La tension, mode d'emploi

Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet expliquent la tension artérielle.

L'hypertension artérielle touche plus de quatorze millions de Français, en majorité des hommes, surtout après 65 ans. L'hypertension est une maladie silencieuse mais dont les conséquences peuvent être graves puisqu'elle constitue l'un des principaux facteurs de risque des maladies cardiaques, accidents cardio-vasculaires ou encore de l'insuffisance rénale.

La tension artérielle reflète la pression qu'exerce le sang sur la paroi des artères. Quand on prend la tension, on obtient deux chiffres. Ils correspondent à deux moments précis de la contraction du coeur.

Le coeur fonctionne comme une pompe musculaire. Lorsqu'il se contracte, le coeur propulse le sang dans les artères. La pression du sang est alors maximale, on parle de pression systolique. C'est ce qu'indique le premier chiffre, si vous obtenez un 12, c'est normal. Entre deux contractions, le muscle cardiaque se relâche, le coeur est au repos, la pression dans le sang redevient minimale, on parle de pression diastolique. Le chiffre obtenu est plus bas, par exemple un 7.

Normalement, ces pressions se mesurent en millimètres de mercure (130/70), mais dans le langage courant, on indique plus souvent d'une tension de 13/7 (en centimètres). Cela revient exactement au même. À partir d'une tension à 14/9, on parle d'hypertension artérielle si cette augmentation est récurrente et non liée à un petit stress passager.

La particularité de l'hypertension, c'est que ses effets sont silencieux. Elle évolue de façon insidieuse sans signe apparent au départ. Quand la tension n'est pas régulée et qu'elle persiste sur plusieurs années, les artères du corps réagissent. Elles s'épaississent pour supporter la pression élevée du sang. Or, cet épaississement conduit à un rétrécissement du vaisseau, voire à une obstruction.

Résultat, la partie qui est habituellement irriguée par ce vaisseau, ne reçoit plus de sang. Quand cela se produit au niveau du cerveau, il y a un risque d'accident vasculaire cérébral (AVC). Cela peut aussi être la cause d'un infarctus du myocarde, et même de troubles de la mémoire et de démences d'origine vasculaire. C'est-à-dire qu'il y a moins d'espace pour que le sang circule.

Dérèglement artériel

Richard passe un test d'effort pour déterminer le type d'hypertension dont il souffre.

Si la mesure de la tension est supérieure à 14 pour le premier nombre ou à 9 pour le deuxième, on parle d'hypertension artérielle (HTA), une situation anormale pour l'organisme car les conséquences sur les vaisseaux et sur certains organes sont parfois mortelles.

Le sang étant propulsé trop vite dans les vaisseaux, ceux-ci vont en effet mal réagir à cette pression excessive. Leur paroi se fragilise et, à la longue, peut menacer de se rompre pour provoquer une hémorragie. Cela augmente aussi le risque de caillots qui peuvent boucher une artère. Arrive alors l'infarctus ou l'attaque vasculaire cérébrale, le fameux AVC, qui tue 170.000 personnes par an en France.

Comment détecter une hypertension ?

Consultation spécialisée pour trouver la cause d'une hypertension résistante.

Le plus souvent, l'hypertension ne s'accompagne d'aucun symptôme, ce qui la rend difficile à détecter. Mais des maux de tête répétés, à la nuque, le matin au réveil, des bourdonnements d'oreille, des sensations de mouches volantes devant les yeux ou des saignements de nez sont quelques unes des manifestations qui doivent alerter.

Les reins et les yeux sont aussi des cibles pour l'hypertension artérielle car ils sont irrigués par de nombreux petits vaisseaux. Insuffisance rénale et troubles de la vision sont ainsi des signes fréquents d'une hypertension.

Mais le seul moyen de dépister formellement une hypertension est d'en faire la mesure au cours d'une visite médicale : 11% d'entre elles concernent d'ailleurs des problèmes liés à l'hypertension. Enfin, pour détecter et contrôler sa tension, on peut pratiquer l'automesure, à l'aide d'un appareil automatique.

Pour améliorer la prise en charge des malades hypertendus dont les traitements ne sont pas suffisamment efficaces, il existe aujourd'hui des consultations spécialisées de l'hypertension. Les patients viennent sur recommandation de leur généraliste. L'objectif est de faire le tour de la situation de santé du malade, pour essayer de trouver la cause de cette hypertension résistante.

Savoir mesurer sa tension

L'un des meilleurs moyens d'avoir un traitement adapté est de pratiquer l'automesure de la tension artérielle à la maison.

Savoir bien prendre sa tension quand on est un hypertendu, ça n'est pas si simple. Surtout qu'il existe différents appareils dans le commerce et que chacun a ses particularités. Mais pour que les hypertendus les plus résistants soient le mieux dépistés et orientés, l'automesure peut être très utile.

Les hommes et les personnes âgées ont plus de risque d'être hypertendus. 70% d'entre eux souffrent d'une hypertension. La mesure de la tension est même recommandée une fois par an à partir de 40 ans.

Certains comportements sont aussi mauvais : si vous êtes en surpoids, par exemple, que vous mangez salé et gras, vous encrassez vos artères en favorisant le dépôt de plaques de graisse sur leur paroi. Le coeur doit fournir alors un travail plus important.

Les fumeurs sont également plus susceptibles d'avoir une hypertension. En effet, la fumée abîme les artères et le cœur tandis que la nicotine augmente la tension artérielle. Enfin, le manque d'activité sportive est un facteur aggravant l'état d'hypertension.

Contrairement aux idées reçues, l'état de stress ne favorise pas l'hypertension.

Grossesse et hypertension : relâcher la pression

Reportage à la maternité de l'hôpital Antoine-Béclère à Clamart

L'hypertension durant la grossesse est une menace importante pour le bébé comme pour la maman. Pour les hypertendues chroniques, la grossesse augmente encore la tension. Mais d'autres femmes peuvent déclencher une hypertension uniquement durant cette période. Dans les deux cas, la prise en charge est indispensable pour contrôler les variations de tension.

On exerce la même surveillance de l'hypertension quand elle est chronique ou si elle est survenue durant la grossesse.

Il existe de nombreux médicaments qui permettent de réguler la pression artérielle, en agissant sur coeur, les vaisseaux ou le taux de sel dans le sang. Ils sont si fréquemment utilisés qu'ils représentent 12% des prescriptions pharmaceutiques.

Faire du sport pour lutter contre l'hypertension

Du sport pour lutter contre l'hypertension

Pour lutter contre l'hypertension, le sport est une solution efficace en complément des médicaments. À condition que cette pratique soit encadrée.

Le sport n'est pas du tout incompatible avec l'hypertension, au contraire il est même conseillé par les médecins. Les malades doivent préalablement passer un bilan médical complet pour définir un programme sportif sur mesure.

Les entraînements sont intensifs, inspirés de ceux des grands sportifs comme l'explique le Dr Roland Krzentowsky, médecin du sport : "Nous entraînons les patients comme les champions. Ce qui est valable pour améliorer le coeur et les muscles des champions est aussi valable pour améliorer le coeur et les muscles des patients hypertendus. Et c'est l'amélioration de ces indicateurs de la condition physique qui feront l'efficacité thérapeutique".

En une année, 800 personnes ont pu suivre des stages sportifs. Mais il n'est pas pris en charge par la Sécurité sociale pour le moment et il coûte en moyenne 1.800 euros par an.

Hypertension : prévenir les risques de troubles cognitifs

Reportage du 15 septembre 2016

Pour prévenir les risques de troubles cognitifs chez les patients hypertendus, une étude est en cours à l'hôpital Broca, à Paris.

"On sait depuis quelques années que l'hypertension artérielle augmente le risque de troubles de la mémoire et de maladie d'Alzheimer. On dit que l'hypertension artérielle multiplie ce risque par deux, voire par trois. Et il a été démontré dans certaines études que le traitement antihypertenseur peut réduire le risque de démence, de maladie d'Alzheimer", explique le Pr Olivier Hanon, chef du service gériatrie à l'hôpital Broca.

L'objectif de cette étude est de confirmer ces résultats. Pour cela, les participants sont soumis à des prises régulières de tension mais aussi à des questionnaires sur la mémoire. Les patients de l'étude présentent des troubles cognitifs modérés, détectés grâce à un examen IRM systématique : "Grâce à l'IRM cérébrale, on peut maintenant détecter des petites lésions vasculaires qui vont être responsables des troubles de la mémoire, souligne le Pr Hanon, ces petites lésions s'appellent des hypersignaux de la substance blanche (…) elles vont multiplier par quatre le risque de développer une maladie d'Alzheimer. On voit donc tout l'intérêt de pouvoir débuter un traitement antihypertenseur avec un objectif tensionnel très strict pour éviter qu'au cours du temps, il y ait une aggravation de ces lésions afin de prévenir les troubles de la mémoire". Les résultats de cette étude portant sur 800 patients devraient être connus en 2018.

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