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AVC : quand le cerveau fait une attaque

L'AVC est l'une des principales causes de mortalité en France, et la première cause de handicap acquis de l'adulte. Une prise en charge très précoce peut pourtant éviter les complications et en limiter les séquelles. Chaque année en France, près de 130.000 personnes sont victimes de ces attaques cérébrales.

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AVC : quand le cerveau fait une attaque
AVC : quand le cerveau fait une attaque
Sommaire

Des signes avant-coureurs à connaître

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Le Dr France Woimant, neurologue à l'hôpital Lariboisière, explique les signes avant-coureurs de l'AVC

Une paralysie, des engourdissements ou une diminution de la force peut apparaître brutalement au niveau de la moitié du visage ou du corps. Dans certains cas, parler et comprendre deviennent difficiles, voire impossible. Des maux de tête violents, accompagnés par des troubles de la vision, sont des signes qui doivent alerter, même s'ils cessent très vite.

Les AVC sont des affections très graves puisqu'un quart des patients décède. Si un de ces symptômes apparaît brutalement, il ne faut pas hésiter à appeler le 15.

Les multiples causes d'une attaque cérébrale

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Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet expliquent l'AVC.

L'AVC est encore la troisième cause de décès en France avec près de 32.000 morts par an. On recense près de 150.000 accidents vasculaires cérébraux chaque année, soit un cas toutes les quatre minutes. L'accident vasculaire cérébral provoque aussi des séquelles neurologiques parfois très invalidantes. Il est donc primordial de reconnaître ses symptômes.

Il s'agit en fait d'un arrêt de la circulation du sang dans une partie du cerveau. Le cerveau reçoit 15% du débit cardiaque et consomme environ 20% des apports en oxygène. Pour répondre à cette demande, il est doté d'un réseau vasculaire très complexe. Les gros vaisseaux se ramifient de plus en plus pour irriguer chaque zone du tissu cérébral.

Le sang oxygéné arrive du coeur par les carotides et les artères vertébrales puis une fois la distribution terminée, les déchets rejoignent la circulation veineuse par les veines jugulaires. Quand tout va bien, ce réseau vasculaire régule les échanges et protège le cerveau en cas de manque d'oxygène ou de lésion tissulaire.

Mais le système n'est pas à toute épreuve. Si la paroi d'un vaisseau sanguin est fragilisée, elle peut se dilater localement et former ce que l'on appelle un anévrisme. Une sorte de petite poche qui peut se rompre. Un hématome se forme et comprime les structures avoisinantes, c'est l'AVC hémorragique. Autre situation : un vaisseau est obstrué par un caillot sanguin, une thrombose ou par une plaque d'athérome, la zone du cerveau irriguée par ce vaisseau manque alors d'oxygène et les cellules nerveuses meurent, c'est l'AVC ischémique.

Différents troubles neurologiques apparaissent en fonction de la zone du cerveau qui souffre. Il est donc crucial d'intervenir rapidement.

Traitement d'un AVC

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Il existe des chirurgies dites préventives pour prévenir les AVC. L'opération de la carotide en fait partie.

Traitement d'un AVC provoqué par une rupture d'anévrisme. En fonction de la taille de l'anévrisme et de la gravité de la rupture, les chirurgiens peuvent réaliser une embolisation. Il s'agit d'une technique consistant à boucher définitivement l'artère cérébrale dont le fonctionnement est pathologique en passant par l'artère fémorale.

Un autre traitement est possible, même si l'embolisation est toujours privilégiée. Le chirurgien peut en effet passer par le crâne, en faisant un petit trou, et poser un clip au niveau de l'anévrisme. Il le sépare ainsi de l'artère et de la circulation du sang.

Traitement d'un AVC provoqué par la formation d'un caillot. Une nouvelle procédure de prise en charge des accidents vasculaires cérébraux a été mise au point à l'hôpital Bichat (Paris). Pour déboucher au plus vite l'artère obstruée, on injecte dans une veine une substance (l'altéplase), qui dissout le caillot, et on administre directement le médicament au contact du caillot, en positionnant l'artère fémorale et en remontant jusqu'au cerveau. Cette nouvelle technique qui associe deux méthodes déjà connues améliore de manière considérable le taux de survie du patient. Elle permet de guérir 93 % des patients si l'intervention est réalisée moins de 3h30 après le début des symptômes.

Les AVC, des accidents qui laissent des séquelles

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Le témoignage d'Etienne qui a subi une attaque cérébrale

Les attaques cérébrales laissent souvent des séquelles de gravité très variable en fonction de l'étendue de l'hémorragie. La partie de cerveau qui n'est plus irriguée souffre et des neurones meurent. C'est ce qui provoque les troubles neurologiques, qui sont très différents en fonction de la zone du cerveau touchée.

On estime que 60% des victimes d'AVC gardent des séquelles : il peut s'agir d'une grande fatigabilité, de troubles de la mémoire, de difficultés pour parler... Certains patients restent paralysés. Les attaques cérébrales restent, par ailleurs, la seconde cause de démence en France.

La rééducation après un AVC

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Les exercices de rééducation, après un AVC.

Paralysie, difficulté à s'exprimer, à se mouvoir, telles sont les séquelles les plus fréquentes après un AVC. Pour éviter qu'elles ne s'installent, les orthophonistes et kinésithérapeutes prennent en charge les patients rapidement, une rééducation presque au pied du lit.

La prise en charge des séquelles d'accident vasculaire cérébral est adaptée en fonction des troubles ressentis. Un kinésithérapeute intervient pour les problèmes d'équilibre et de paralysie. Les troubles cognitifs et du langage sont pris en charge par un orthophoniste.

Dans les services neurologiques, une équipe pluridisciplinaire s'occupe 24 heures sur 24 des malades qui sont arrivés en urgence.

Prévention de l'AVC

Un plan national d'actions contre les accidents vasculaires cérébraux (AVC) mobilisera près de 134 millions d'euros sur la période 2010-2014, pour améliorer la prévention et la prise en charge de ce fléau encore trop mal connu, première cause de handicap acquis de l'adulte. L'objectif principal de ce plan interministériel, présenté mercredi 21 avril 2010 en Conseil des ministres par Roselyne Bachelot, est de "réduire la fréquence et la gravité des séquelles liées aux AVC".

Il vise ainsi à diminuer de 6% (soit 24 000 personnes), d'ici 2014, les décès ou la dépendance des patients victimes d'un AVC.

Certaines mesures de prévention sont communes à l'ensemble des pathologies cardio-vasculaires et figurent déjà dans d'autres programmes : augmenter l'activité physique, limiter la consommmation de sel, promouvoir la consommation de fruits et légumes, lutter contre le tabagisme, dépister et traiter l'hypertension...

Des campagnes d'information sont en outre prévues pour favoriser la reconnaissance des signes d'AVC et informer sur ce qu'il faut faire. L'AVC est en effet une urgence, au même titre que l'infarctus du myocarde, mais aujourd'hui moins de la moitié des patients sont régulés par le Centre 15, avec pour conséquence une perte de temps et de chance. Le plan remplace d'ailleurs le terme cardio-vasculaire par "cardio-neuro-vasculaire", pour mieux faire connaître et reconnaître l'attaque cérébrale.

Le développement des Unités neuro-vasculaires (UNV) sera poursuivi, pour atteindre 140 unités d'ici fin 2011, contre 87 actuellement. Ces unités spécialisées sont les plus à même de prendre en charge rapidement et efficacement les victimes d'AVC.

Un accent particulier doit être mis sur l'accès en urgence à l'imagerie, indispensable pour le diagnostic, stipule le plan qui veut favoriser le déploiement de systèmes de télémédecine. Il met aussi l'accent sur la rééducation et la réadaptation et prévoit une consultation systématique autour du sixième mois après un AVC.

Source : AFP