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Insuffisance rénale : tout savoir sur la dialyse

La dialyse permet de filtrer le sang des personnes dont les reins ne fonctionnent plus correctement. Une machine remplace alors l'activité des reins. Mais une autre technique moins connue existe : la dialyse péritonéale. Sans machine, le patient y gagne en autonomie.

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Insuffisance rénale : tout savoir sur la dialyse
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Sommaire

Quand les reins n'assurent plus

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Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet expliquent l'insuffisance rénale.

En France, 2 à 3 millions de personnes sont victimes d'insuffisance rénale chronique. Parmi eux, 80.000 sont en insuffisance terminale et nécessitent une dialyse, voire une greffe.

Chaque rein est formé de plus d'un million de néphrons. Le néphron est une sorte de centrale d'épuration qui va filtrer le sang. Il élimine l'eau, les minéraux en excès et les déchets tels que l'urée. L'urine produite circule alors dans les uretères puis s'accumule dans la vessie avant d'être évacuée lors de la miction.

Les reins maintiennent donc l'équilibre hydrique et minéral du corps et purifie le sang. Les reins produisent aussi des hormones qui vont agir sur la pression sanguine et sur la synthèse des globules rouges. Une défaillance des reins a donc un impact sur tout le corps. Quand la filtration ne se fait plus correctement, les déchets s'accumulent dans le sang, le corps s'empoisonne progressivement. 

En cas d'insuffisance rénale chronique, un certain nombre de néphrons sont détruits de manière irréversible. La proportion de néphrons restants, supposés intacts, s'adapte pour maintenir au mieux l'équilibre. C'est pour cette raison que les signes de l'insuffisance rénale n'apparaissent que tardivement. L'évolution est très sournoise et silencieuse.

Plusieurs malades ne prennent connaissance de leur problème de santé que lorsque leurs reins ne fonctionnent plus qu'à 25% de leur capacité normale. L'insuffisance rénale devient terminale quand les néphrons sont détruits à 90%, elle nécessite alors la dialyse voire la transplantation d'un nouveau rein.

Une machine au secours des reins

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Les malades doivent se rendre dans des centres spécialisés, où ils prennent eux-mêmes en charge leur dialyse, avec l'aide des infirmiers.

Jusqu'en 1955, les insuffisants rénaux mourraient systématiquement. La possibilité de remplacer les reins par une machine, la dialyse, a révolutionné la prise en charge et surtout l'espérance de vie des malades. C'est un système particulier qui recueille le sang du malade, le filtre et le réinjecte dans le corps.

La technique de dialyse la plus courante est l'hémodialyse, une méthode réalisée le plus souvent à l'hôpital. Mais les patients les plus autonomes peuvent apprendre à se traiter seul. Les séances se déroulent alors dans des centres d'auto-dialyse.

Une autre solution : la dialyse péritonéale

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La dialyse péritonéale offre une autonomie plus importante aux patients.

Il existe toutefois une autre technique, sans machine, qui fait appel à une règle de physique élémentaire. Quand on met du sel dans l'eau, les particules de sel migrent, de sorte que le milieu s'homogénéise.

La dialyse péritonéale applique ce principe. Il s'agit d'une épuration intracorporelle qui utilise le péritoine. Les déchets toxiques du sang traversent sa membrane semi-perméable vers une solution appelée dialysat. Ce dernier est introduit dans la cavité péritonéale par un cathéter permanent.

Cette méthode libère les malades de l'obligation de se rendre, en moyenne trois fois par semaine, dans des structures spécialisées.

Contrairement au Royaume-Uni ou à la Suède, où un 20 % des dialysés le sont par dialyse péritonéale, la France est à la traîne. Cette technique ne concerne en effet que 8 % des malades. Mais les différents gouvernements de ces dernières années ont affiché la volonté de doubler ce chiffre.

La dialyse péritonéale allège la prise en charge de l'insuffisance rénale. Cependant, au stade terminal, celui de l'insuffisance rénale grave, la greffe est le seul traitement qui permette aux malades de retrouver une vie quasi normale.

La pénurie d'organe, c'est-à-dire le manque de don, reste toutefois l'obstacle majeur à cette intervention.

Dialyse au clair de lune

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Les dialyses de nuit permettent aux personnes actives de profiter de leur journée sans contrainte.

Depuis peu, un centre de dialyse de nuit s'est ouvert en région parisienne. Il s'agit du quatrième centre de ce type en France après Angers, Marseille et Draguignan. Ils proposent une dialyse plus longue et nocturne.

Plus d'une trentaine de personnes suivent ce mode de traitement, proposé en priorité aux personnes ayant une vie active.

Plus confortable pour le patient, la dialyse dans les centres de nuit est aussi plus efficace. Un filtrage plus long permet une circulation ralentie du sang dans la machine, ce qui améliore l'élimination des déchets et de l'eau accumulés dans le corps. Conséquence : une diminution de l'hypertension artérielle. Un des avantages de la dialyse de nuit est donc une diminution du nombre de médicaments. Moins de médicaments et une dialyse plus efficace durant la nuit permettent aux malades de retrouver un goût à la vie.

Pendant que le patient dort, une infirmière contrôle toutes les heures sa tension et le bon déroulement de sa dialyse.

Même si la dialyse de nuit est mieux supportée par les patients, les malades espèrent une greffe pour retrouver une vie totalement normale.

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