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Insuffisance rénale : tout savoir sur la dialyse

La dialyse permet de filtrer le sang des personnes dont les reins ne fonctionnent plus correctement. Une machine remplace alors l'activité des reins. Mais une autre technique moins connue existe : la dialyse péritonéale. Sans machine, le patient y gagne en autonomie.

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Insuffisance rénale : tout savoir sur la dialyse
Insuffisance rénale : tout savoir sur la dialyse
Sommaire

Quand les reins n'assurent plus

Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet expliquent l'insuffisance rénale.

En France, près de trois millions de personnes souffrent d'insuffisance rénale. Cette maladie évolue silencieusement et elle est souvent détectée trop tard. Un tiers des patients ne sont effectivement dépistés qu'au stade terminal, c'est-à-dire quand les reins ne fonctionnent plus du tout. Ils doivent alors être dialysés en urgence ou même greffés quand cela est possible.

Chaque rein est formé de plus d'un million de néphrons. Le néphron est une sorte de centrale d'épuration qui va filtrer le sang. Ils éliminent ainsi l'eau et les minéraux en excès et les déchets tels que l'urée. L'urine produite circule alors dans les uretères puis s'accumule dans la vessie avant d'être évacuée lors de la miction.

Les reins maintiennent donc l'équilibre hydrique et minéral du corps et purifient le sang. Ils produisent aussi des hormones qui vont agir sur la pression sanguine et sur la synthèse des globules rouges. Une défaillance des reins a donc un impact sur tout le corps. Quand la filtration ne se fait plus correctement, les déchets s'accumulent dans le sang, le corps s'empoisonne progressivement. 

En cas d'insuffisance rénale chronique, un certain nombre de néphrons sont détruits de manière irréversible. La proportion de néphrons restants, supposés intacts, s'adapte pour maintenir au mieux l'équilibre. C'est la raison pour laquelle les signes de l'insuffisance rénale n'apparaissent que tardivement. L'insuffisance rénale devient terminale quand les néphrons sont détruits à 90%. Cela nécessite alors une dialyse, voire la transplantation d'un nouveau rein.

Dialyse : la création de la fistule artério-veineuse

Attention images de chirurgie !

La dialyse reste le principal traitement proposé aux insuffisants rénaux. Chaque année, près de 10.000 patients y ont recours. Elle nécessite une courte intervention chirurgicale pour préparer les vaisseaux sanguins à bien supporter la filtration du sang par la machine.

Pour que la dialyse fonctionne, le chirurgien doit créer une fistule, c'est-à-dire coudre la veine sur l'artère. Lors d'une dialyse, une machine est reliée à la veine du patient pour nettoyer son sang. Un débit sanguin puissant est nécessaire. La fistule permet ainsi de renforcer le flux sanguin. La suture doit être parfaite pour que le sang puisse circuler correctement. Une fois les deux vaisseaux reliés, la veine s'adapte au nouveau flux sanguin. Le patient doit alors attendre quatre à six semaines avant sa première dialyse.

Lors de la dialyse, l'infirmier doit piquer la fistule à deux endroits pour relier le patient à la machine. Le sang du malade est acheminé jusqu'au dialyseur. Un filtre joue le rôle de son rein et nettoie le sang de ses déchets. Une fois épuré, il emprunte un autre tuyau et retourne dans le corps du patient.

Une machine au secours des reins

Les malades doivent se rendre dans des centres spécialisés, où ils prennent eux-mêmes en charge leur dialyse, avec l'aide des infirmiers.

Jusqu'en 1955, les insuffisants rénaux mourraient systématiquement. La possibilité de remplacer les reins par une machine, la dialyse, a révolutionné la prise en charge et surtout l'espérance de vie des malades. C'est un système particulier qui recueille le sang du malade, le filtre et le réinjecte dans le corps.

La technique de dialyse la plus courante est l'hémodialyse, une méthode réalisée le plus souvent à l'hôpital. Mais les patients les plus autonomes peuvent apprendre à se traiter seul. Les séances se déroulent alors dans des centres d'auto-dialyse.

Une autre solution : la dialyse péritonéale

La dialyse péritonéale offre une autonomie plus importante aux patients.

Il existe toutefois une autre technique, sans machine, qui fait appel à une règle de physique élémentaire. Quand on met du sel dans l'eau, les particules de sel migrent, de sorte que le milieu s'homogénéise.

La dialyse péritonéale applique ce principe. Il s'agit d'une épuration intracorporelle qui utilise le péritoine. Les déchets toxiques du sang traversent sa membrane semi-perméable vers une solution appelée dialysat. Ce dernier est introduit dans la cavité péritonéale par un cathéter permanent.

Cette méthode libère les malades de l'obligation de se rendre, en moyenne trois fois par semaine, dans des structures spécialisées.

Contrairement au Royaume-Uni ou à la Suède, où un 20% des dialysés le sont par dialyse péritonéale, la France est à la traîne. Cette technique ne concerne en effet que 8% des malades. Mais les différents gouvernements de ces dernières années ont affiché la volonté de doubler ce chiffre.

La dialyse péritonéale allège la prise en charge de l'insuffisance rénale. Cependant, au stade terminal, celui de l'insuffisance rénale grave, la greffe est le seul traitement qui permette aux malades de retrouver une vie quasi normale.

La pénurie d'organe, c'est-à-dire le manque de don, reste toutefois l'obstacle majeur à cette intervention.

Dialyse au clair de lune

Les dialyses de nuit permettent aux personnes actives de profiter de leur journée sans contrainte.

Depuis peu, un centre de dialyse de nuit s'est ouvert en région parisienne. Il s'agit du quatrième centre de ce type en France après Angers, Marseille et Draguignan. Ils proposent une dialyse plus longue et nocturne.

Plus d'une trentaine de personnes suivent ce mode de traitement, proposé en priorité aux personnes ayant une vie active.

Plus confortable pour le patient, la dialyse dans les centres de nuit est aussi plus efficace. Un filtrage plus long permet une circulation ralentie du sang dans la machine, ce qui améliore l'élimination des déchets et de l'eau accumulés dans le corps. Conséquence : une diminution de l'hypertension artérielle. Un des avantages de la dialyse de nuit est donc une diminution du nombre de médicaments. Moins de médicaments et une dialyse plus efficace durant la nuit permettent aux malades de retrouver un goût à la vie.

Pendant que le patient dort, une infirmière contrôle toutes les heures sa tension et le bon déroulement de sa dialyse.

Même si la dialyse de nuit est mieux supportée par les patients, les malades espèrent une greffe pour retrouver une vie totalement normale.

Dialyse à domicile : former les patients aux bons gestes

Dialyse à domicile : les bons gestes, ça s'apprend

Les appareils de dialyse sont de plus en plus légers et faciles à manipuler. De nombreux patients optent donc désormais pour la dialyse à domicile. Chaque mois, ils doivent se rendre dans un centre d'auto-dialyse. Objectif : vérifier que ses gestes sont les bons et que son état de santé reste stable.

"L'intérêt de ce type de consultation, c'est dans un moment calme de refaire le point avec le patient pour savoir comment se passe le traitement à la maison puisqu'il a été formé pour se dialyser tout seul avec l'assistance de son ou sa compagne, de savoir s'il le gère bien, s'il le vit bien, s'il rencontre des problèmes particuliers…", explique le Dr Anne Kolko, néphrologue. Ce suivi régulier permet au médecin d'ajuster au mieux le traitement.

Lors de ces consultations de suivi, le patient prépare seul son matériel comme à la maison. Les patients doivent connaître par cœur la machine et les branchements à effectuer. Avec la force de l'habitude, les patients peuvent toutefois commettre quelques étourderies. Mais les infirmières veillent au grain : "Au début les patients sont très observants parce qu'ils sont inquiets. Puis ils se rendent compte que ça se passe bien et doucement, très normalement, il peut y avoir quelques dérives. On est donc présents pour revoir avec eux (les bons gestes) ou voir avec eux s'ils ont eu des problèmes, par exemple pendant le mois qui s'est écoulé…", souligne Claire Rodrigues, infirmière.

La transplantation rénale à partir d'un donneur vivant

Attention images de chirurgie ! Transplantation rénale d'une patiente qui a reçu le rein de son père

Aujourd'hui, près de 15.000 personnes en France sont en attente d'une greffe de rein. Dans 12% des cas, les greffés reçoivent l'organe d'un membre de leur famille compatible. On parle alors de donneur vivant.

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