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Insuffisance rénale : tout savoir sur la dialyse

La dialyse permet de filtrer le sang des personnes dont les reins ne fonctionnent plus correctement. Une machine remplace alors l'activité des reins. Mais une autre technique moins connue existe : la dialyse péritonéale. Sans machine, le patient y gagne en autonomie.

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Insuffisance rénale : tout savoir sur la dialyse
Insuffisance rénale : tout savoir sur la dialyse
Sommaire

Quand les reins n'assurent plus

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Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent l'insuffisance rénale.

Trois millions de personnes souffrent d'insuffisance rénale en France. Evoluant silencieusement, cette maladie dégénérative du rein est souvent identifiée trop tard. Un tiers des malades ne sont effectivement diagnostiqués qu'au stade terminal, c'est-à-dire lorsque les reins ne fonctionnent plus du tout. Ils doivent alors être dialysés en urgence ou même greffés quand c'est possible.

Les reins sont deux organes en forme de haricot. Ils assurent la filtration du sang et la production de l'urine. Le sang à épurer arrive au rein par un gros vaisseau, l'artère rénale, qui se ramifie ensuite en plusieurs artérioles qui amènent le sang jusqu'aux unités fonctionnelles du rein. Ces unités contenues dans des structures en forme de pyramide sont appelées néphrons. Les néphrons vont filtrer le sang et fabriquer l'urine. Les néphrons régulent la quantité d'eau qui passe dans les urines, mais aussi la quantité de sel et de potassium qui est rejetée dans ces urines.

Lorsque le fonctionnement des deux reins est altéré et qu'ils ne filtrent plus correctement le sang, on parle d'insuffisance rénale. La composition du sang est déséquilibrée et les déchets, comme l'urée, s'accumulent alors dans l'organisme. C'est là qu'intervient la dialyse qui permet de remplacer artificiellement le rein.

Une machine au secours des reins

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Les malades doivent se rendre dans des centres spécialisés, où ils prennent eux-mêmes en charge leur dialyse, avec l'aide des infirmiers.

Jusqu'en 1955, les insuffisants rénaux mourraient systématiquement. La possibilité de remplacer les reins par une machine, la dialyse, a révolutionné la prise en charge et surtout l'espérance de vie des malades. C'est un système particulier qui recueille le sang du malade, le filtre et le réinjecte dans le corps.

La technique de dialyse la plus courante est l'hémodialyse, une méthode réalisée le plus souvent à l'hôpital. Mais les patients les plus autonomes peuvent apprendre à se traiter seul. Les séances se déroulent alors dans des centres d'auto-dialyse.

Une autre solution : la dialyse péritonéale

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La dialyse péritonéale offre une autonomie plus importante aux patients.

Il existe toutefois une autre technique, sans machine, qui fait appel à une règle de physique élémentaire. Quand on met du sel dans l'eau, les particules de sel migrent, de sorte que le milieu s'homogénéise.

La dialyse péritonéale applique ce principe. Il s'agit d'une épuration intracorporelle qui utilise le péritoine. Les déchets toxiques du sang traversent sa membrane semi-perméable vers une solution appelée dialysat. Ce dernier est introduit dans la cavité péritonéale par un cathéter permanent.

Cette méthode libère les malades de l'obligation de se rendre, en moyenne trois fois par semaine, dans des structures spécialisées.

Contrairement au Royaume-Uni ou à la Suède, où un 20 % des dialysés le sont par dialyse péritonéale, la France est à la traîne. Cette technique ne concerne en effet que 8 % des malades. Mais les différents gouvernements de ces dernières années ont affiché la volonté de doubler ce chiffre.

La dialyse péritonéale allège la prise en charge de l'insuffisance rénale. Cependant, au stade terminal, celui de l'insuffisance rénale grave, la greffe est le seul traitement qui permette aux malades de retrouver une vie quasi normale.

La pénurie d'organe, c'est-à-dire le manque de don, reste toutefois l'obstacle majeur à cette intervention.

Dialyse au clair de lune

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Les dialyses de nuit permettent aux personnes actives de profiter de leur journée sans contrainte.

Depuis peu, un centre de dialyse de nuit s'est ouvert en région parisienne. Il s'agit du quatrième centre de ce type en France après Angers, Marseille et Draguignan. Ils proposent une dialyse plus longue et nocturne.

Plus d'une trentaine de personnes suivent ce mode de traitement, proposé en priorité aux personnes ayant une vie active.

Plus confortable pour le patient, la dialyse dans les centres de nuit est aussi plus efficace. Un filtrage plus long permet une circulation ralentie du sang dans la machine, ce qui améliore l'élimination des déchets et de l'eau accumulés dans le corps. Conséquence : une diminution de l'hypertension artérielle. Un des avantages de la dialyse de nuit est donc une diminution du nombre de médicaments. Moins de médicaments et une dialyse plus efficace durant la nuit permettent aux malades de retrouver un goût à la vie.

Pendant que le patient dort, une infirmière contrôle toutes les heures sa tension et le bon déroulement de sa dialyse.

Même si la dialyse de nuit est mieux supportée par les patients, les malades espèrent une greffe pour retrouver une vie totalement normale.

Dialyse à domicile : former les patients aux bons gestes

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Dialyse à domicile : les bons gestes, ça s'apprend

Les appareils de dialyse sont de plus en plus légers et faciles à manipuler. De nombreux patients optent donc désormais pour la dialyse à domicile. Chaque mois, ils doivent se rendre dans un centre d'auto-dialyse. Objectif : vérifier que ses gestes sont les bons et que son état de santé reste stable.

"L'intérêt de ce type de consultation, c'est dans un moment calme de refaire le point avec le patient pour savoir comment se passe le traitement à la maison puisqu'il a été formé pour se dialyser tout seul avec l'assistance de son ou sa compagne, de savoir s'il le gère bien, s'il le vit bien, s'il rencontre des problèmes particuliers…", explique le Dr Anne Kolko, néphrologue. Ce suivi régulier permet au médecin d'ajuster au mieux le traitement.

Lors de ces consultations de suivi, le patient prépare seul son matériel comme à la maison. Les patients doivent connaître par cœur la machine et les branchements à effectuer. Avec la force de l'habitude, les patients peuvent toutefois commettre quelques étourderies. Mais les infirmières veillent au grain : "Au début les patients sont très observants parce qu'ils sont inquiets. Puis ils se rendent compte que ça se passe bien et doucement, très normalement, il peut y avoir quelques dérives. On est donc présents pour revoir avec eux (les bons gestes) ou voir avec eux s'ils ont eu des problèmes, par exemple pendant le mois qui s'est écoulé…", souligne Claire Rodrigues, infirmière.

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