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Alzheimer : dépistage, diagnostic, traitements...

Oublis répétés, sautes d'humeur fréquentes, pertes de repères dans un environnement pourtant familier... Les symptômes de la maladie d'Alzheimer sont souvent déstabilisants. Comment mieux comprendre la maladie ? Quels sont les traitements et les structures d'accueil ?

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Sommaire

Qu'est-ce que la maladie d'Alzheimer ?

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent la maladie d'Alzheimer.

Perte de la mémoire, de l'orientation dans l'espace, difficulté à reconnaître des personnes, des choses, altération du raisonnement… En France, 850.000 personnes souffrent de la maladie d'Alzheimer, majoritairement des femmes. La maladie d'Alzheimer est rare avant 65 ans avec seulement 2% des malades. Après cet âge, la fréquence s'élève de manière exponentielle.

Dans notre cerveau, les neurones sont organisés en réseau. Ces cellules transmettent l'influx nerveux et les informations. Dans la maladie d'Alzheimer, ce tissu cérébral est lésé. Trois sortes de lésions caractéristiques apparaissent. La première est une perte de ces neurones. La deuxième consiste en une accumulation de protéines particulières, qu'on appelle les peptides bêta-amyloïdes. Ces protéines forment alors des plaques, appelées plaques amyloïdes.

Enfin, on remarque dans la maladie une "déformation" de certaines protéines structurales des neurones (les protéines tau). Elles sont normalement chargées de maintenir la stabilité des microtubules qui forment le "conduit" de l'axone (qui est la prolongation de la cellule neuronale). Ces protéines tau dégénérées s'accumulent de façon anormale : c'est ce qu'on appelle la dégénérescence neurofibrillaire.

Toutes ces lésions progressent dans le cerveau année après année. Elles commencent par toucher les structures les plus internes du cerveau, dont les hippocampes dédiés à la mémoire. La maladie d'Alzheimer se manifeste donc au début, en général, par des troubles de la mémoire qui touchent la vie quotidienne du malade (on parle d'amnésie épisodique antérograde). Puis, les lésions atteignent les cortex plus postérieurs et externes qui eux traitent les informations plus globales, liées à la gestuelle et au langage.

S'ajoutent ensuite des troubles du langage. Les patients ne parviennent plus à nommer les objets, ont des difficultés à coordonner leurs gestes, et ne reconnaissent plus les choses… À terme, le cerveau des malades finit par s'atrophier totalement. Les liens de cause à effet entre l'apparition des lésions, la mort des neurones et les symptômes sont encore peu clairs.

L'importance d'un diagnostic précoce d'Alzheimer

Différents tests permettent d’identifier plus précisément les mécanismes en cause dans la perte de mémoire.

Quand les premiers signes de la maladie d'Alzheimer apparaissent, le processus est déjà à l'œuvre depuis plusieurs années.

Ces signes comportent souvent des troubles de la mémoire, de la pensée, du jugement, du raisonnement, du langage et des troubles du comportement (agitation, agressivité, insomnie, dépression, anxiété, paranoïa, hallucinations visuelles).

À un stade plus avancé, la personne devient dépendante, ne reconnaît plus ses proches et court des risques de chutes et d'accidents.

Le diagnostic repose avant tout sur l'observation des signes et sur l'entretien avec la famille.

Un examen neurologique et des tests évaluant la mémoire ainsi que les capacités à faire face aux activités quotidiennes sont également réalisés. Prise de sang, électroencéphalogramme, ponction lombaire, scanner du crâne, doppler des vaisseaux du cou sont parfois nécessaires pour écarter une cause curable de démence.

Alzheimer : traitements et structures d'accueil

Des exercices permettent d'entretenir la mémoire et le contact physique.

Des médicaments (les inhibiteurs de la cholinestérase et la mémantine) permettent de ralentir l'évolution de la maladie d'Alzheimer mais non de la guérir. On peut cependant traiter les complications psychiques comme la dépression, l'agitation, l'insomnie et entreprendre un soutien psychologique. Plus la maladie est détectée tôt, plus le patient est suivi tôt et plus le développement de la maladie est retardé.

La famille a souvent besoin d'aide. Il peut s'agir de groupes de parole ou d'aides concrètes comme la prise en charge du patient durant la journée dans une structure spécialisée.

Quand le maintien à domicile n'est plus possible, une hospitalisation s'impose dans une maison de retraite médicalisée ou un centre de long séjour spécialisé. 

Comme alternative à l'hôpital de jour, il existe des centres d'accueil un peu partout en France. Des centres où sont proposées de nombreuses activités adaptées comme le jardinage, les sorties aux musées ou encore des activités physiques.

En tant qu'Affection de Longue Durée (ALD), les soins des malades sont donc pris en charge à 100%.

Des avancées dans le dépistage de la maladie d'Alzheimer

Une simple prise de sang pour diagnostiquer la maladie d'Alzheimer ? (Reportage du 15 septembre 2009)

Actuellement, pour dépister la maladie d'Alzheimer, on utilise des tests neuro-psychologiques, l'imagerie médicale pour visualiser la zone responsable de la mémoire dans le cerveau, ou encore la ponction lombaire pour détecter les marqueurs biologiques de la maladie.

Une aide à domicile rare et précieuse

De nombreuses dépenses restent à la charge des familles.

Les premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer ont été diagnostiqués en 2002 pour Simone. Aujourd'hui, elle ne peut plus marcher et ne peut plus parler.

Heureusement des habitants du quartier viennent régulièrement donner un coup de main à Françoise qui s'occupe de sa mère à plein temps.

Comprendre l'impact de la maladie d'Alzheimer sur le cerveau

Plusieurs protocoles de recherche sur la maladie d'Alzheimer sont en cours (Reportage du 3 décembre 2015)

En matière d'imagerie cérébrale, de nombreux protocoles sont menés actuellement afin de mieux connaître l'impact de cette maladie neurodégénérative sur le cerveau.

Depuis quelques mois, des volontaires participent à plusieurs protocoles de recherche sur la maladie d'Alzheimer. L'objectif de ces études est d'examiner et de comparer l'activité cérébrale entre des volontaires sains et des patients souffrant d'Alzheimer. Dans ce but, on leur injecte un traceur radioactif appelé aussi sonde. Il se fixe sur des protéines spécifiques de la maladie.

Ce type d'examen par imagerie permet donc de confirmer mais aussi d'affiner le diagnostic comme l'explique le Dr Michel Bottlaender, chercheur en neuro-imagerie : "Grâce à ce genre de protocole de recherche, on a par exemple pu mettre en évidence que les dépôts amyloïdes chez les patients existent de manière très précoce dans la maladie, dès les premiers signes cliniques. Et d'autres études ont montré qu'il semblerait que ces dépôts apparaissent une bonne décennie avant les premiers signes cliniques de la maladie". Toutefois, cet examen ne permet pas de prédire l'évolution de la maladie et d'évaluer sa gravité.

Actuellement, une nouvelle sonde radioactive est testée. L'objectif est de mettre en évidence des zones inflammatoires liées à la maladie d'Alzheimer : "On a développé une sonde qui va se fixer sur les zones d'inflammation dans le cerveau. Et on va observer si dans la maladie d'Alzheimer, il y a une inflammation, une réaction inflammatoire, où elle se situe et quelle est son importance dans les différentes structures et comment elle évolue avec la maladie", détaille le Dr Michel Bottlaender. Pour l'instant, ces protocoles sont en cours.

Aujourd'hui, seul le PET-scan par scintigraphie, fixé sur des dépôts d'amyloïde est proposé pour confirmer le diagnostic. Mais son utilisation reste encore rare car coûteuse, entre 2.000 et 3.000 euros.

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