Endométriose : quelle opération Chloé Mortaud, Miss France 2009, a-t-elle subi ?
Il aura fallu 25 ans à l'ancienne Miss pour connaitre les causes de ses souffrances. Elle se livre aujourd'hui après son intervention chirurgicale.
Par Robin Couturier
Rédigé le
L'endométriose concerne une personne menstruée sur 10 en France
Allodocteurs.fr - Studio TF1
Après plusieurs années de souffrance, Chloé Mortaud brise le silence. Ce vendredi 21 août, la Miss France 2009, reconvertie dans la création florale, s’est exprimée sur les réseaux sociaux pour révéler son long combat contre l’endométriose et l’adénomyose. "La semaine dernière, j’ai subi une intervention chirurgicale par laparoscopie pour traiter mon endométriose et mon adénomyose", déclare Chloé Mortaud sur son compte Instagram.
La douleur comme symptôme
Mais de quoi s’agit-il ? On parle d'endométriose pour évoquer un dysfonctionnement de l'endomètre, la muqueuse qui tapisse l'intérieur de l'utérus. Pendans les règles, au lieu de sortir par le vagin, une partie des cellules de l'endomètre remonte par les trompes et se dépose dans certains organes voisins comme les ovaires, la vessie ou l'intestin voire parfois dans l'épaisseur des muscles.
"C'est là que ça devient endométriose, nous expliquait la professeure Céline Chauleur, cheffe du service de chirurgie-gynécologique du CHU de Saint-Etienne. Les règles vont se déclencher partout où des fragments d'endomètre se sont déposés dans le corps et saigner lors des règles", poursuivait-elle. Soumis aux changements de cycles, ces dépôts d'endomètre se gorgent de sang avant de s'autodétruire, pouvant créer des lésions sur les organes concernés. Le cycle se répète chaque mois, et peut être source de grandes souffrances.
Quant à l’adénomyose, aussi appelée endométriose interne, elle apparaît lorsque des cellules de l'endomètre se déplacent jusque dans le muscle de la paroi utérine.
En quoi consiste l'opération par laparoscopie ?
Sur son site, l’association EndoFrance explique que l’endométriose peut être traitée de plusieurs façons. En premier lieu, la patiente se voit prescrire un traitement médicamenteux hormonal et/ou à base d’antalgiques. Si les douleurs persistent malgré cette première solution, elle peut choisir de subir une intervention chirurgicale. Le but de l’opération est alors de retirer au maximum les nodules et les lésions endométriosiques présentes dans le bassin.
C’est donc ce choix qu’a fait Chloé Mortaud. Plus précisément, son intervention chirurgicale par laparoscopie (aussi appelée cœlioscopie), était une opération mini invasive. Concrètement, les chirurgiens réalisent plusieurs petites incisions dans l’abdomen et retirent les nodules et lésions grâce à une caméra de quelques millimètres et des outils chirurgicaux de haute précision.
25 ans de retard au diagnostic
L’endométriose est d’autant plus compliquée à vivre qu’elle est souvent diagnostiquée avec beaucoup de retard. En 2025, le site de service public Santé.fr rapportait“un retard au diagnostic de 7 ans en moyenne en France”. Dans le cas de Chloé Mortaud, le parcours fut encore plus long : “25 ans. C’est le temps qu’il m’a fallu pour comprendre que la douleur avec laquelle j’avais appris à vivre ne faisait pas simplement « partie de la condition féminine »”, raconte-t-elle dans sa publication Instagram.
“Pendant des années, j’ai considéré comme normales les règles douloureuses, les douleurs pelviennes inexpliquées et tous ces moments où mon corps me disait que quelque chose n’allait pas, raconte l’entrepreneuse. Au fil du temps, les médecins m’ont dit que c’était « normal », voire que j’étais simplement trop sensible. J’ai même eu des « amis » qui m’ont dit que ça ne pouvait pas être de l’endométriose parce que je ne « souffrais pas assez »”.
Faire connaitre l'endométriose
L’ancienne Miss semble avoir vécu la découverte de son diagnostic comme une libération : “Il y a quelque chose d’étrange à obtenir enfin une réponse. J’ai pleuré pendant deux jours, puis j’ai ressenti à la fois un sentiment de légitimation et de frustration… tout cela en même temps.”
Sans doute que ce sentiment est source de sa motivation à s’exprimer publiquement, pour populariser au mieux le sujet et limiter à terme les errances de diagnostic comme la sienne. “Je partagerai davantage d’informations sur mon parcours de guérison, ainsi que les conseils que mon médecin m’a donnés et tous les signes qui, au fil des années, auraient dû être repérés”, conclut-elle, avant de rediriger ses followers vers l’association EndoFrance et l’Endometriosis Foundation of America.