J'ai des douleurs pendant un rapport sexuel, pourquoi et que faire ?
Un rapport sexuel est censé être agréable. Pourtant, il peut occasionner des douleurs variées, donc la cause n'est pas toujours simple à identifier.
Par Dre Odile Bagot
Rédigé le
Douleurs pendant les rapports sexuels : quelles solutions ?
Le Mag de la Santé - France 5
Les douleurs causées par un rapport sexuel sont un motif fréquent de consultation. La priorité est de comprendre la cause. Et pour cela, la zone exacte d'origine de la douleur doit être identifiée.
La douleur peut en effet être superficielle et ressentie au niveau de la vulve, c'est-à-dire à l’entrée du vagin, dès le début de la pénétration. Il arrive, en revanche, qu'elle soit parfois plus profonde et ressentie dans le bas-ventre.
Quelles sont les causes des douleurs dans le bas-ventre ?
Les douleurs profondes sont les plus rares. Elles sont généralement le signe d’une pathologie gynécologique sous-jacente comme :
- Une infection pelvienne.
- L'endométriose, qui provoque une inflammation et des adhérences.
- Plus rarement, des kystes de l'ovaire ou des fibromes.
Il est nécessaire de consulter son ou sa gynécologue et de réaliser un examen complet si ce type de douleurs apparaît lors d'un rapport sexuel. Des examens complémentaires sont parfois nécessaires. La solution dépendra de la pathologie à l’origine des douleurs.
D'où viennent les douleurs dès la pénétration ?
Les douleurs plus en superficie rendent le cas plus complexe et nuancé ! Si la douleur est récente et qu’elle s’accompagne de pertes, de brûlures ou de démangeaisons, une vulvovaginite, notamment une mycose, peut en être à l'origine.
En revanche, si la douleur est apparue progressivement et qu'elle est permanente, la vulve doit être examinée attentivement. Cela peut venir d’une atrophie par sécheresse vaginale chez la personne ménopausée, de fissures, d’une cicatrice encore récente d’épisiotomie ou d’une pathologie dermatologique chronique, comme le lichen scléreux vulvaire, qui possède un traitement spécifique.
En cas d'aspect normal de la vulve, comment expliquer ces douleurs ?
Parfois, l’aspect de la vulve est tout à fait normal. La première cause de dyspareunie superficielle est la vestibulodynie, un terme qui vient de "vestibule", c’est-à-dire l’entrée du vagin. Il s'agit d'une hypersensibilité douloureuse de la vulve, qui prend la forme d'une brûlure permanente ou à la pression, et se trouve exacerbée lors des rapports.
L’examen de la vestibulodynie ne montre pas de lésion. Il existe cependant un test, le "tilt test", qui consiste à effleurer la vulve avec un coton tige et qui réveille la douleur, ce qui permet de diagnostiquer cette pathologie.
La vestibulodynie touche environ 7 % des femmes. Cette pathologie est probablement sous-diagnostiquée, et davantage de personnes sont probablement touchées.
Quel traitement en cas de vestibulodynie ?
Les causes de la vestibulodynie sont mal connues. Il s'agit probablement d'une inflammation de la région génitale. Les personnes concernées aurait une sensibilité particulière aux mycoses. Cette pathologie est aggravée par le stress, avec sans doute une prédisposition génétique. Les personnes qui souffrent de vulvodynie possèdent davantage de récepteurs à la douleur au niveau de l'entrée du vagin. Il existe des antécédents de violences sexuelles chez une partie des personnes concernées.
La prise en charge de la vestibulodynie est multidisciplinaire. Il existe des traitements locaux tels que des anesthésiques locaux, une crème aux œstrogènes ou à l’acide hyaluronique et bien sûr un lubrifiant lors des rapports.
Une rééducation vaginale, à faire avec une sage-femme ou un kinésithérapeute, est primordiale.
Parfois, il faut avoir recours à un traitement de fond de la douleur sans oublier un accompagnement psychologique car la souffrance des personnes concernées est importante.
La lubrification pour éviter les douleurs pendant les rapports
Les douleurs ressenties pendant les rapports sexuels sont aussi, et souvent, dues à un manque de lubrification. Soit pour des raisons hormonales (en ménopause ou au détours de l’allaitement) mais surtout, le plus souvent à cause d’un manque d’excitation ou de préliminaires trop brefs.
Il ne faut pas hésiter à en parler avec son ou sa partenaire ou avec un professionnel de santé, tel qu'un sexologue, en cas de besoin.