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Alimentation : et si vous étiez intolérants aux sulfites ?

Vous avez déjà certainement entendu parler des sulfites à cause de leur présence dans le vin. Mais ils sont aussi présents sans qu'on le sache dans de nombreux aliments car ils sont utilisés comme antioxydants et comme conservateurs. Problème, chez certaines personnes intolérantes, les sulfites peuvent provoquer des réactions qui ressemblent à une allergie.

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Alimentation : et si vous étiez intolérants aux sulfites ?

Les sulfites sont des conservateurs à base de soufre que l’on retrouve un peu partout dans notre alimentation. Pour la plupart des personnes, il n'y a aucun risque à consommer des sulfites. Mais chez les intolérants, leur ingestion provoque des symptômes pénibles (éternuements, nez qui coule, grosse fatigue, irritabilité…) qui impactent parfois fortement la vie quotidienne. Pour confirmer le diagnostic d'intolérance aux sulfites, les patients effectuent plusieurs tests en milieu hospitalier.

Problème, les sulfites sont présents un peu partout : dans le vin, surtout les vins blancs et le champagne, mais aussi dans de nombreux autres produits comme les abricots secs ou la moutarde, deux produits très chargés en sulfites. Sur les emballages, on peut les repérer : ce sont les substances allant du E220 au E228. Pour savoir s'ils sont intolérants aux sulfites, les patients doivent les avaler presque purs. Ils sont simplement mélangés avec du jus de citron pour favoriser leur assimilation. Du citron frais car en bouteille, il contient déjà bien souvent des sulfites.

Les personnes déjà allergiques aux acariens ont une sensibilité parfois associée à l'intolérance aux sulfites comme le confirme le Dr Amandine Vial-Dupuy, pneumo-allergologue : "De façon générale, les personnes qui ont un terrain allergique, qui ont une rhinite allergique que ce soit aux acariens ou aux pollens, ont un nez plus réactif, elles ont une muqueuse ORL et même respiratoire plus réactive et elles ont plus tendance à faire des intolérances aux sulfites".

Nez qui coule, éternuements, mais aussi parfois migraine, urticaire, conjonctivite ou asthme… Les symptômes de l'intolérance aux sulfites peuvent faire penser à une allergie. La grande différence, c'est que dans le cas de l'intolérance, la substance ne provoque pas de réaction du système immunitaire. "Les sulfites, chez les intolérants, modifient la chimie de certaines cytokines, de certaines enzymes. Ca modifie le fonctionnement des enzymes et cela crée des réactions allergiques, des réactions pseudo-allergiques plus précisément parce qu'il n'y a justement pas d'intervention du système immunitaire", explique le Dr Vial-Dupuy.

Pour le diagnostic, les patients doivent boire durant un certain temps des doses de plus en plus importantes de sulfites. Chaque fois, leurs constantes sont vérifiées pour voir si les produits provoquent des réactions. "Quand on fait un test de provocation, on attend vraiment que la réaction soit très objectivable et que ce ne soit pas juste une perception subjective d’un ressenti. Il faut vraiment qu'on puisse constater les choses. Car au final, beaucoup de personnes pensent être intolérantes mais il y en a peu pour lesquelles l'intolérance aux sulfites est prouvée", note le Dr Vial-Dupuy.

Dans le service de pneumo-allergologie du groupe hospitalier Paris-Saint-Joseph, un patient sur deux qui consulte pour une intolérance aux sulfites repart avec un diagnostic négatif.