Immunologie : le passage des lymphocytes dans la lymphe

Deux chercheurs français ont montré que les cellules dendritiques jouaient un rôle clé dans l'entrée des lymphocytes dans les ganglions lymphatiques. Une découverte qui pourrait servir de piste pour de futurs traitements de tumeurs ou de maladies inflammatoires.

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Immunologie : le passage des lymphocytes dans la lymphe
Immunologie : le passage des lymphocytes dans la lymphe

Pour nous protéger les lymphocytes doivent identifier les agents infectieux. C'est le rôle des cellules dendritiques dans les ganglions lymphatiques de présenter les antigènes aux lymphocytes. Pour passer du sang à la lymphe, les globules blancs utilisent des vaisseaux sanguins particuliers, dits HEV (High Endothelial Venules). On estime à 5 millions le nombre de lymphocytes passant dans les ganglions chaque seconde grâce à ces vaisseaux. Ce phénomène s'appelle la recirculation lymphatique. Les mécanismes de régulation de la recirculation étaient mal connus, mais Christine Moussion et Jean-Philippe Girard, deux chercheurs français de l'Institut de pharmacologie et de biologie structurale (IPBS) à Toulouse, ont mis en évidence le rôle des cellules dendritiques dans la conversion des vaisseaux sanguins normaux en vaisseaux HEV. Les résultats de cette découverte ont été publiés sur le site de Nature.

En effet, les cellules dendritiques délivreraient par contact un signal aux vaisseaux sanguins normaux qui les transforme en vaisseaux HEV permettant ainsi le passage des lymphocytes vers la lymphe. Mieux connaître ce fonctionnement pourrait ouvrir la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques. Dans le cas des maladies inflammatoires, comme la maladie de Crohn, inhiber la formation de ces vaisseaux pourrait réduire l'inflammation des tissus concernés. A l'inverse, stimuler la fabrication des vaisseaux HEV autour de tumeurs cancéreuses favoriserait l'entrée des lymphocytes et la destruction de la tumeur. Une étude antérieure de l'IPBS montrait qu'une présence plus importante des vaisseaux HEV autour des tumeurs réduisait le risque de métastases.

C'est justement pour étudier le phénomène que Jean-Philippe Girard propose une thèse sur ce sujet.

Source : CNRS