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Le point sur les règles

Les règles marquent le début du cycle hormonal chez la femme. Souvent appréhendée par les jeunes filles, cette période est synonyme d'inconfort. Il existe aujourd'hui un large choix de traitements pour en réduire les effets. Mais parfois, des règles abondantes ou un dérèglement lié à la pratique intensive d'un sport deviennent problématiques.

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Qu'est-ce que les règles ?

Marina Carrère d'Encausse et Antoine Piau expliquent le cycle des règles

Les règles sont affublées de petits surnoms, comme s'il était honteux de les nommer. Pourtant, cela peut sembler évident, mais il n'y a rien de plus naturel que les règles.

Le cycle menstruel dure en moyenne 28 jours. Au cours des treize premiers jours, des hormones du cerveau stimulent la croissance de plusieurs ovocytes à l'intérieur des ovaires. À leur tour, les ovaires produisent une première hormone, l'œstrogène. Elle prépare la muqueuse utérine et l'épaissit pour accueillir un éventuel ovule fécondé. Cette hormone fluidifie aussi le mucus cervical, qui bouche habituellement le col de l'utérus pour permettre le passage des spermatozoïdes. 

Au quatorzième jour en moyenne, c'est l'ovulation. Un seul ovocyte est expulsé vers les trompes puis l'utérus. S'il n'y a pas eu fécondation de cet ovocyte par un spermatozoïde, l'ovaire diminue sa production d'hormones, ce qui déclenche la destruction des couches nouvellement formées de la muqueuse utérine. Du sang s'écoule vers le vagin, ce sont les règles.

Le premier jour des règles correspond au premier jour du cycle menstruel. Les règles durent en moyenne cinq jours. Il s'agit donc d'un phénomène naturel, qui revient normalement tous les mois de la puberté à la ménopause. Pourtant, les règles sont un sujet tabou. La gêne, voire la honte, est notamment liée au fait que les règles font partie de l'intime.

Les règles, mystère et croyances populaires

Les règles ont toujours été au coeur de croyances populaires

Elles terniraient les miroirs, dérègleraient les boussoles… Les règles ont toujours été assorties de croyances populaires, généralement très négatives. La plus universelle d'entre elles : le sang menstruel est impur.

Le sang menstruel ferait aussi tourner la mayonnaise, altérerait le vin et gâterait la viande… Si le sang des règles est si impur, c'est qu'il est associé à l'infertilité. Une femme qui a ses menstruations n'est pas fécondée. Or, la fécondité est synonyme de pureté. "Une femme qui saigne est quelque chose de dangereux dans les sociétés traditionnelles. Donc le sang des règles va être profondément condamné et d'une certaine façon, c'est un danger de mort. Les hommes ne doivent pas l'approcher et elle ne doit pas approcher les hommes", explique le Dr Philippe Brenot, psychiatre et anthropologue.

Cette éviction pendant les règles liée à l'impureté se retrouve dans de nombreuses cultures et dans les trois grandes religions monothéistes : le judaïsme, l'islam et le christianisme. Mais il ne s'agit pas seulement de rester à l'écart des hommes pendant les règles, il faut surtout éviter tout rapport sexuel. Faute de connaître les secrets de la fécondation, on a longtemps pensé que le coït pendant les menstruations était responsable de malformations chez le foetus et même de la couleur des cheveux

Ces croyances populaires entretiennent le tabou autour des règles. Un tabou qui persiste aujourd'hui jusque dans les publicités pour les protections hygiéniques où le sang menstruel est encore très souvent représenté en bleu. Mais cela pourrait bientôt changer. Une marque britannique de serviettes hygiéniques a en effet lancé une campagne publicitaire où le sang des règles est représenté en rouge. Cette pub souhaite briser le tabou avec un slogan : "Les règles sont normales. Les montrer devrait l'être aussi".

En Italie, la question des règles est revenue sur le devant de la scène avec un projet de loi totalement inédit : le congé menstruel. En d'autres termes, trois jours de congés payés pour les femmes qui souffrent de règles douloureuses.

Serviettes, tampons, etc. : mode d'emploi

L'utilisation du tampon n'est pas toujours facile pour les jeunes filles

Toutes les jeunes filles qui lisent pour la première fois la notice d'utilisation d'un tampon sont forcément intriguées par le risque de syndrome du choc toxique. Cette maladie rare mais grave est provoquée par une bactérie, le staphylocoque doré. Vomissements, évanouissements, chute de tension ou signes de déshydratation apparaissent et ce choc toxique peut être fatal. Il doit être traité immédiatement.

Quand les règles sont douloureuses...

Contre les douleurs de règles, plusieurs solutions existent. Parmi elles, la fameuse bouillotte ou le bain chaud. La chaleur est très efficace en cas de règles douloureuses, elle permet notamment de détendre les muscles et donc l'utérus. Mais attention la chaleur peut intensifier le flux des règles dans les heures qui suivent.

Vous pouvez également trouver des objets comme des ceintures contre les douleurs de règles. Toutefois, l'efficacité de ces ceintures qui massent la zone douloureuse reste à démontrer...

L'hygiène et le pouvoir absorbant du tampon joueraient aussi un rôle. Mais le tampon n'est pas la seule cause de syndrome de choc toxique, puisqu'il touche aussi des femmes non réglées et même des hommes.

Seules 20% des femmes utilisent des tampons, le reste préfère les serviettes. Un marché imposant qui concerne, en France, 15 millions de femmes de 13 à 52 ans.

Les serviettes et les tampons jetables bio ont l'avantage d'être constitués de composants naturels, biodégradables, et leur composition est entièrement connue. Ils sont vendus, en France, dans les magasins bios ou sur Internet, et leurs prix sont 10% à 15% plus chers que ceux des trois principales marques de la grande distribution.

Les femmes reviennent aussi aux serviettes lavables, souvent après avoir découvert les couches lavables de leurs nouveaux-nés. Il faut les tremper dans une bassine avant de les laver à la main ou bien les passer à la machine. Le prix est de 15 euros la serviette. Mais certaines femmes n'ont pas envie de voir leur sang ni de le toucher et préfèrent donc l'option jetable.

Aloé vera, violette, fraîcheur mentholée… Les serviettes hygiéniques parfumées sont de plus en plus à la mode. Mais attention, les parfums contenus dans les protections intimes ont tendance à augmenter le risque d'allergies : irritations, brûlures au niveau de la vulve... Mieux vaut donc les éviter surtout si vous êtes sujettes aux irritations.

Contre les mycoses et autres irritations, les tampons probiotiques ont la cote. Ils sont très efficaces pour lutter contre les infections vaginales. Quand on souffre d'irritations à répétition, cela signifie que la flore vaginale est déstabilisée. C'est notamment le cas durant les règles. Généralement, on soigne cela avec des ovules. Mais les tampons probiotiques sont plus pratiques à utiliser. Des gynécologues recommandent même leur utilisation de façon préventive pendant les règles, à raison d'un ou deux tampons pendant trois jours maximum. Les probiotiques contenus à l'intérieur vont restaurer la flore vaginale et prévenir ainsi les irritations. Seul problème, son coût : comptez 11 euros pour une boîte de 22 tampons.

Il existe une alternative aux tampons et serviettes hygiéniques, directement héritée des produits utilisés par nos grands-mères : les éponges et la coupe menstruelle. Les premières s'utilisent comme un tampon. On peut leur coudre un petit cordon pour les retirer plus facilement. Elles doivent être désinfectées avant et après les règles et peuvent être utilisées entre six mois et un an.

Quant à la coupe menstruelle, on l'introduit dans le vagin pour qu'elle recueille le sang des règles. Pour l'insérer, on la plie en deux et on la dépose à l'entrée du vagin. On coupe la tige selon la longueur souhaitée. A base de silicone de grés, cette coupe est totalement naturelle et non allergène. On la vide, le matin et le soir, dans les toilettes ou dans le lavabo et on la rince à l'eau, éventuellement avec un désinfectant naturel, comme des extraits de pépins de pamplemousse. Une coupe se conserve plusieurs années et se vend 28 euros.

La composition des protections intimes pointée du doigt

Des produits toxiques seraient contenus dans les protections périodiques

Tampons, serviettes hygiéniques… En moyenne, une femme utilise 10.000 protections périodiques au cours de sa vie. Un geste qui ne serait pas sans danger pour la santé. En cause : leur composition.

Au cours de l'été 2015, une étudiante lance une pétition pour interpeller la marque Tampax. En mars 2016, le magazine 60 Millions de consommateurs suit le mouvement. Onze références sont ainsi analysées, avec des résultats pour le moins surprenants : "On a trouvé des résidus de dioxines dans deux références de tampons sur les trois. Dans la troisième référence, on a trouvé des résidus de dérivés halogénés, des dérivés de la famille chlore. Le chlore étant connu pour être un irritant. On a trouvé dans une référence de protège-slips du glyphosate qui est un pesticide, un herbicide bien connu. C'est la substance active du Roundup®. Mais on l'a trouvé dans une marque bio, ce qui est très surprenant", confie Victoire N'Sondé, journaliste.

Le magazine demande aux fabricants de donner la composition précise de leurs produits sur les emballages : "Pas une liste globale sur le site, mais une liste précise, référence par référence, pour que les femmes puissent choisir en connaissance de cause", précise Victoire N'Sondé. D'après les experts, même en concentrations faibles, dioxines et glyphosate ne sont pas pour autant inoffensifs comme le confirme le Dr Jean-Marc Bohbot, médecin infectiologue : "Il y en a certains qui sont des perturbateurs endocriniens bien connus, c'est-à-dire qu'ils vont provoquer des anomalies en particulier chez les femmes enceintes. Et il y a d'autres substances qui sont des facteurs carcinogènes, c'est-à-dire susceptibles de développer des cancers ou en tout cas d'être des facteurs qui accélèrent le développement de cancers. Mais on ne connaît pas le degré de perméabilité de la muqueuse vaginale face à ces substances. Le plus important maintenant, c'est de faire des études pour savoir quelle est la quantité de ces produits toxiques ou pseudo-toxiques que l'on va retrouver dans le sang à partir de ce foyer vaginal".

En attendant les résultats de ces études, les consommatrices sont de plus en plus nombreuses à trancher en optant par exemple pour la coupe menstruelle. Vendue 20 euros en moyenne, cette coupe en silicone est désormais disponible en grandes surfaces.

Troubles des règles : parlez-en à votre médecin

Opération chirurgicale : résection de polypes responsables de règles hémorragiques

Les troubles des règles sont fréquents après 40 ans. Mais les femmes n'ont pas toujours l'idée d'en parler à leurs médecins. Pourtant une petite intervention peut parfois résoudre le problème.

Règles et sport intensif

La pratique d'un sport de manière intensive peut avoir des conséquences sur le cycles des règles

De nombreuses femmes souffrent de douleurs dans le bas du ventre, comme des crampes ou des spasmes, et dans le dos, pendant les règles. On parle de dysménorrhées. Ces douleurs peuvent s'accompagner de nausées, vomissements, diarrhée, migraine, fatigue...

Parfois, les douleurs sont si intenses qu'elles empêchent de poursuivre ses activités habituelles. Et il n'est pas toujours facile d'en parler. C'est le cas pour les sportives de haut niveau. Règles douloureuses, abondantes, irrégulières ou tout simplement absentes... Les athlètes doivent gérer leurs règles dans un domaine où le sujet est encore tabou.

Depuis toujours, les règles sont en effet un tabou dans le sport de haut niveau. En 1996, l'Allemande Uta Pippig remporte le marathon de Boston les jambes en sang. L'image est complètement passée sous silence par les commentateurs. Mais au JO de Rio en 2016, une nageuse chinoise provoque un petit séisme. Interrogée sur sa contre-performance, elle évoque ses règles à la télévision. En février 2017, le magazine L'Equipe brise à son tour le tabou des règles.

À l'INSEP, le centre de référence du sport de haut niveau en France, tout est fait pour que les athlètes puissent en parler librement. Nombreuses sont celles qui consultent pour décaler les règles lors d'une compétition. D'autres sont inquiètes à cause d'une absence de règles prolongées : "Une aménorrhée prolongée peut être source de blessures plus fréquentes voire de fractures de fatigue. Et dans certaines activités, on peut avoir des aménorrhées prolongées avec des densités minérales osseuses plus faibles, proche des femmes ménopausées", explique le Dr Carole Maître, gynécologue et médecin du sport.  

Absence de règles ou règles douloureuses, les conséquences sur la santé et sur les performances des sportives sont réelles. Alors pour que les règles n'entachent plus la carrière des sportives de haut niveau, un suivi gynécologique est vivement recommandé.

Sportives de haut niveau ou pas, en cas de douleurs, de règles très abondantes ou d'absence de règles qui se prolonge, il faut en parler à un médecin et briser le tabou des règles car les règles concernent tout de même la moitié de l'humanité.

Règles douloureuses : ce n'est pas une fatalité

Léa, 19 ans, consulte une gynécologue pour tenter de trouver une solution à ses problèmes de règles douloureuses

Les douleurs de règles ne sont pas une fatalité. Il existe des solutions pour les soulager.

Pour proposer la solution la plus adaptée, la gynécologue pose tout d'abord une série de questions à la patiente : âge des premières règles, antécédents de cancer du sein dans la famille, antécédents de cancer de l'ovaire, de cancer du côlon, de cancer de la thyroïde, antécédents de phlébite"Les douleurs pendant les règles sont très fréquentes. Il est fréquent que les femmes se plaignent de douleurs de règles. Ce qui est très étonnant, c'est que beaucoup de femmes se plaignent de douleurs de règles et il y en a qui ont des franches douleurs de règles qui gênent leur vie quotidienne, mais elles n'en parlent pas du tout, elles ne s'en plaignent pas et ne savent même pas qu'il existe des solutions pour éviter de souffrir comme leur mère ou leur grand-mère", explique le Dr Hélène Borne, gynécologue.

Après l'interrogatoire, un examen clinique de la patiente est réalisé. Le but de cet examen est d'éliminer certaines pathologies pouvant être responsables des douleurs au moment des règles. Et en particulier, l'endométriose, une maladie qui touche le tissu de la paroi interne de l'utérus.

Aménorrhée : quand les règles se font attendre

Les examens vont permettre de comprendre le fonctionnement et la stimulation des ovaires

Beaucoup de femmes aimeraient se passer des règles. Mais quand elles disparaissent, ne faut-il pas s'inquiéter ?

C'est ce qui est arrivé à cette jeune patiente. Après une rupture sentimentale, elle arrête sa pilule contraceptive, et constate une absence de règles. Dès lors des examens vont être réalisés pour comprendre l'origine des troubles du cycle.

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