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L'endométriose : des douleurs liées aux règles

Encore mal diagnostiquée, l'endométriose est une maladie qui touche environ 5% des femmes en âge d'avoir un enfant selon EndoFrance. Elle provoque des douleurs importantes au moment des règles, là où des cellules comparables à celles de l'endomètre se développent anarchiquement.

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L'endométriose : des douleurs liées aux règles
L'endométriose : des douleurs liées aux règles
Sommaire

Qu'est-ce que l'endométriose ?

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Benoît Thevenet et Michel Cymes expliquent l'endométriose.

Règles douloureuses, fatigue intense, saignements, infertilité… Une femme sur dix serait concernée par l'endométriose. L'endométriose est une pathologie qui reste largement méconnue et diagnostiquée souvent tardivement.

L'appareil génital féminin est formé du vagin, de l'utérus, et de deux trompes qui mènent chacune à un ovaire. À chaque cycle menstruel, l'endomètre (muqueuse qui tapisse l'intérieur de la cavité utérine) réagit aux hormones ovariennes. Les oestrogènes lui permettent de se développer, tandis que la progestérone permet l'implantation de l'oeuf en cas de fécondation. Si aucune grossesse ne survient, la couche superficielle de l'endomètre se désagrège et saigne : ce sont les règles.

L'évacuation des règles se fait par voie vaginale. Mais chez 90% des femmes, il se produit un petit reflux : une partie du sang et des cellules endométriales passent dans les trompes et les ovaires. Normalement, ce sang et ces cellules sont éliminés au bout d'un certain temps, mais chez les femmes qui ont de l'endométriose, ce "ménage" n'est pas réalisé. Du tissu semblable au tissu endométrial se développe hors de l'utérus et provoque alors des lésions, des adhérences et des kystes ovariens, dans les organes colonisés. Cette colonisation a principalement lieu sur les organes génitaux mais elle peut s'étendre aux appareils urinaire, digestif… et plus rarement aux poumons.

Les lésions de l'endométriose ont la particularité de réagir aux fluctuations hormonales comme l'endomètre, et de déclencher une réaction inflammatoire, source de douleur notamment au moment des règles. Au bout d'un certain temps, ces lésions se désagrègent et laissent une cicatrice qui n'est plus sensible aux hormones. Mais selon leur localisation, elles peuvent être source de douleurs, notamment si elles sont proches de nerfs. Ces lésions peuvent évoluer, des cicatrices se superposent et forment alors des nodules qui sont eux aussi source de douleurs. Ces évolutions correspondent à des stades d'endométriose différents.

Dépister et traiter l'endométriose

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Comme ses causes sont peu connues, l'endométriose reste mal diagnostiquée.

Malgré les douleurs parfois invalidantes qu'elle provoque, l'endométriose est sous-estimée : en moyenne, les patientes attendent six ans avant que le diagnostic soit fait !

L'une des solutions pour lutter contre l'endométriose est le traitement hormonal. Ces médicaments réduisent le taux d'oestrogènes dans l'organisme des patientes. Ils provoquent alors une ménopause chimique temporaire et empêchent le saignement des lésions.

Le traitement chirurgical de l'endométriose

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Attention, images d'intervention chirurgicale : utilisation de l'énergie plasma pour retirer les tissus malades.

Souvent, l'endométriose n'est malheureusement diagnostiquée qu'à un stade assez avancé. La chirurgie peut alors permettre de supprimer les kystes et lésions provoqués par la maladie.

Parmi les nouvelles techniques de chirurgie : la destruction partielle du kyste en le brûlant par laser ou énergie plasma (sorte de courant électrique). L'énergie plasma est actuellement testée dans le cadre d'une étude clinique unique en France.

Une étude qui a comparé le laser (méthode comparable à l'énergie plasma) à la kystectomie classique a démontré que la récidive était presque la même dans les deux cas (environ 20%), mais la fertilité est mieux préservée par la technique au laser.

Endométriose : le suivi post-opératoire

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Depuis le tournage, le dossier de Marie et son mari a été retenu par un organisme autorisé pour l'adoption. Ils deviendront bientôt parents.

Si l'opération ne guérit pas complètement l'endométriose, elle change la vie de bien des patientes. C'est le cas de Marie, qui s'est finalement faite opérer après des années de souffrance. Une intervention qui a grandement amélioré sa qualité de vie.

Endométriose : les groupes de parole

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Procréation assistée, FIV, traitements… Pour échanger leurs expériences, des groupes de parole existent.

Pour les femmes, vivre avec l'endométriose, c'est vivre au quotidien une maladie douloureuse mais invisible, parfois handicapante et mal comprise par les autres.

Dans l'association EndoFrance, des rencontres entre patientes sont organisées pour que chacune bénéficie de l'expérience des autres.

Endométriose : la congélation des ovocytes

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Grace a décidé de suivre cette prise en charge.

L'endométriose est une maladie du tissu qui tapisse l'intérieur de l'utérus. Une pathologie douloureuse, fatigante, qui met aussi en jeu la fertilité des femmes qui en sont atteintes. Depuis quatre ans, la congélation des ovocytes peut être proposée aux femmes souffrant d'endométriose.

Pour avoir un maximum d'ovocytes à ponctionner, la patiente doit suivre un protocole de stimulation ovarienne. "Chez ces patientes, pouvoir conserver ses ovocytes, surtout quand elles sont jeunes, qu'elles n'ont pas de conjoint, qu'elles n'ont pas forcément un projet d'enfant immédiat, et dont la réserve ovarienne est déjà plus faible qu'une autre patiente du même âge, est vraiment une prévention. Cela signifie que si on a un stock d'ovocytes et que l'on fait un traitement de stimulation pour un projet d'enfant auquel elle ne répond pas suffisamment, on pourra aussi utiliser les ovocytes congelés", explique le Pr Nathalie Rives, biologiste de la reproduction.

Depuis 2011, ces prises en charges spécifiques sont de plus en plus proposées. Dans 70% des cas, les patientes réussissent à concrétiser leur projet de maternité.

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