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Cancer du sein : toutes concernées !

Selon l'association "Cancer du sein, parlons-en !", une femme sur huit risque de développer un cancer du sein. Chaque année, on recense 55.000 nouveaux cas, il reste au premier rang des décès par cancer chez la femme. C'est aussi l'un des cancers qui se soigne le mieux, dès lors que ses symptômes sont identifiés à temps. Néanmoins, pour certaines patientes, la chirurgie conservatrice n'est pas possible. Seul recours alors : la mastectomie totale qui correspond à l'ablation intégrale du sein.

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Cancer du sein : toutes concernées !
Cancer du sein : toutes concernées !
Sommaire

Cancer du sein : l'importance d'un diagnostic précoce

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent le cancer du sein

Avec environ 55.000 nouveaux cas par an, le cancer du sein est le plus fréquent chez les femmes. Heureusement, grâce aux progrès de la médecine, c'est aussi le cancer auquel on survit le mieux, avec 85% de survie en cinq ans.

Le sein est avant tout une glande : la glande mammaire. Cette glande est formée de quinze à vingt compartiments séparés par du tissu graisseux et du tissu de soutien. Chaque compartiment est constitué de lobules et de canaux. Leur rôle : produire le lait et l'acheminer vers le mamelon en période d'allaitement. Le sein est également parcouru de vaisseaux sanguins et de vaisseaux lymphatiques. Ces derniers aident à combattre les infections, ils mènent à plusieurs ganglions sentinelles.

En cas de cancer, des cellules anormales se développent généralement au niveau des canaux ou au niveau des lobules. Leur multiplication anarchique fait apparaître une masse, c'est la tumeur. Quand la tumeur reste confinée dans les canaux et lobules, on parle de cancer in situ. En revanche, lorsque les cellules malades sont aussi présentes dans les tissus qui entourent le point d'origine, on parle de cancer infiltrant.

Les cellules malignes peuvent se propager dans les ganglions situés sous les bras mais aussi dans le reste de l'organisme et créer des métastases. C'est pour cette raison que le retrait des ganglions sentinelles fait partie du traitement du cancer du sein.

Cancer du sein : du côté de la recherche

Comment sont analysés les prélèvements de tumeur ?

Aujourd'hui, la recherche sur les traitements du cancer du sein tente de mettre au point des solutions de plus en plus personnalisées.

Par exemple à l'Institut Curie, plus de la moitié des cancers traités sont des cancers du sein. On ne fait pas que soigner, il y a également un important pôle de recherche.

De la tumorectomie à la mastectomie

Attention, images de chirurgie ! Pour certaines patientes la chirurgie conservatrice n'est pas possible. Seul recours alors, la mastectomie totale : une ablation intégrale du sein.

Grâce aux campagnes de dépistage, les tumeurs sont découvertes à des stades de plus en plus précoces offrant la possibilité de traitements conservateurs. La chirurgie du cancer du sein va donc permettre de ne retirer que la zone cancéreuse tout en conservant le sein.

Si la tumeur est bien délimitée et qu'elle fait moins de cinq centimètres, le chirurgien peut enlever la totalité de la tumeur sans enlever tout le sein. On parle alors de chirurgie conservatrice, de tumorectomie, ou encore de mastectomie partielle. Le sein n'est pas déformé, le mamelon et l'aréole sont conservés.

Si le cancer est invasif, la tumeur trop importante, ou qu'il y en a plusieurs dans un même sein une intervention plus lourde doit être envisagée. C'est toute la glande mammaire qui doit être retirée, y compris l'aréole et le mamelon, ainsi qu'une partie des ganglions lymphatiques au niveau de l'aisselle. Il s'agit d'une mastectomie totale. Les mastectomies totales représentent environ 37 % des opérations du cancer du sein.

La mastectomie robot-assistée

Attention, images de chirurgie ! Mastectomie assistée par robot

À l'Institut Gustave-Roussy, en région parisienne, des chirurgiens testent une nouvelle technique de mastectomie réalisée avec un robot. Objectif : plus de précision dans la dissection et des cicatrices plus discrètes.

Cette opération n'est possible que pour les patientes qui peuvent garder leurs mamelons et dont la taille n'excède pas un bonnet C. Elle est réalisée dans le cadre d'une étude. Après avoir obtenu de bons résultats sur les 27 opérations déjà réalisées, les chirurgiens souhaitent maintenant obtenir le marquage européen.

Reconstruction mammaire : la renaissance de la féminité

Parfois ces reconstructions se font en plusieurs étapes. Attention, images de chirurgie !

Après une opération, la reconstruction mammaire est souvent le moyen pour une femme de se réconcilier avec son corps et de retrouver une part de féminité. Cette reconstruction est possible environ un an après la fin du traitement de radiothérapie. Parfois, elle peut être réalisée en même temps que la mastectomie, c'est la reconstruction immédiate.

Deux techniques existent. Soit on pose une prothèse, en silicone ou remplie de sérum physiologique, soit on reconstruit le sein à partir de tissus d'une autre partie du corps, la peau et la graisse de l'abdomen ou des muscles situés dans le dos (le grand dorsal). L'aréole et le mamelon, eux, sont reconstruits deux à trois mois après cette première reconstruction. Sachez qu'elle est prise en charge à 100% par l'Assurance maladie.

L'hormonothérapie

Stéphanie suit un traitement d'hormonothérapie depuis plusieurs années

L'hormonothérapie est un traitement de référence pour certains types de cancer du sein : les cancers hormono-sensibles ou hormono-dépendants. Il permet de réduire le risque de récidive après un cancer du sein. "Tous traitements médicaux confondus, les traitements d'hormonothérapie sont certainement ceux qui ont guéri le plus de patientes depuis 40 ou 50 ans", explique le Dr Paul Cottu, oncologue médical.

Se présentant sous forme de comprimé, ce traitement comporte toutefois de nombreux effets secondaires : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, prise de poids… Et surtout, ce traitement n'est pas compatible avec une grossesse (risques de malformations fœtales). Certaines jeunes femmes décident donc de l'arrêter pour avoir un enfant. Pendant sa grossesse mais aussi après, lors de la reprise du traitement, la patiente bénéficie d'un suivi particulier : bilans réguliers, palpations mammaires…

La durée de l'hormonothérapie recommandée est de cinq ans. Mais des études montrent le bénéfice d'une prescription plus longue : "Après les cinq ans de traitement, un pourcentage de patientes a tendance à rechuter et à présenter des rechutes tardives. On a donc testé des durées de traitement plus longues (10 ans, 15 ans), avec un bénéfice pour beaucoup de patientes", précise le Dr Cottu. 70% des femmes atteintes d'un cancer du sein sont traitées par hormonothérapie.

Un suivi perfectionné

En quoi consiste le suivi après un cancer du sein ?

L'Institut Curie a mis en place une nouvelle organisation pour que la surveillance après un cancer du sein soit la plus efficace possible.

Depuis l'annonce de la maladie, et tout au long du parcours thérapeutique les femmes ont souvent besoin d'être accompagnées par un psychologue qui peut aussi recevoir le conjoint lorsque la maladie perturbe le couple.

Certains instituts de cancérologie proposent aussi les services d'une esthéticienne qui pourra seconder la femme dans son parcours et dans la réappropriation de son corps.

Une nouvelle thérapie ciblée efficace

Palbociclib est le nom de cette nouvelle thérapie ciblée

Un nouveau médicament, le palbociclib, a obtenu une autorisation de mise sur le marché le 17 novembre 2016. Il s'adresse aux patientes atteintes d'un cancer du sein métastatique et hormono-dépendant.

Le palbociclib cible précisément les cellules malades. Les cellules cancéreuses prolifèrent de manière incontrôlée. Le médicament bloque deux enzymes présentes dans le noyau de la cellule : le CDK4 et le CDK6 qui permettent le renouvellement cellulaire. La multiplication va s'arrêter et les cellules cancéreuses vont mourir petit à petit.

"Quand on rajoute le palbociclib aux traitements anti-hormonaux, on double le temps d'efficacité du traitement. On permet à des patientes en moyenne de vivre deux ans avec leur traitement et sans évolution de la maladie alors qu'avec l'hormonothérapie seule, ce serait uniquement un an", explique le Dr Mahasti Saghatchian, oncologue.

Pour le moment, les patientes retirent leur médicament à l'hôpital. Le palbociclib a reçu une autorisation de mise sur le marché. Aujourd'hui, le prix est en cours de négociation.

Les bienfaits de la danse-thérapie

Pendant les traitements, il est recommandé aux patientes de faire de l'activité physique pour tenter de limiter les effets secondaires et garder, autant que possible, le moral. En traitement ou en rémission, certaines femmes se retrouvent ainsi pour des séances de danse. Objectif : se réapproprier un corps malmené par la maladie et les traitements.

Les cours proposés ne sont pas des cours de danse comme les autres. Il s'agit de la danse-thérapie, particulièrement adaptée aux femmes souffrant d'un cancer du sein. "Quand on a été opérée, on a une attitude de protection du sein qui va modifier la posture. On va donc rééduquer la posture, on va ramener l'épaule vers l'arrière, on va renforcer les fixateurs des omoplates… Mais chacune à son rythme, chacune dans son amplitude et chacune à sa façon", explique Ghislaine Achalid, éducateur médico-danse thérapeutique.

Se réapproprier son corps, regagner en féminité… la danse est aussi un moment de plaisir et d'évasion. Les ateliers danse sont proposés gratuitement par la Maison des patients de l'Institut Curie.

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