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Bien vivre la ménopause

Bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, prise de poids… autant de signes qui marquent son apparition. Outre ces manifestations physiques, l'arrêt des règles représente aussi pour la  femme un cap psychologique parfois difficile à passer. Haut les cœurs, vous trouverez dans ce dossier de quoi positiver !

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Sommaire

Bien comprendre le cycle hormonal de la femme

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes vous expliquent le cycle hormonal féminin.

La ménopause arrive vers 52 ans en moyenne. Et ne voyage jamais seule. Les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes mais aussi la prise de poids ou les fameuses sautes d'humeur sont quelques-uns des compagnons de route de la ménopause, cette période incontournable dans la vie hormonale d'une femme. D'un point de vue physiologique, la ménopause correspond à l'arrêt du fonctionnement des ovaires.

Normalement dès la puberté, les ovaires produisent chaque mois sous l'influence des hormones du cerveau, plusieurs ovocytes : ce sont les gamètes femelles. Durant ce cycle, l'ovaire fabrique aussi des hormones, d'abord de l'œstrogène puis de la progestérone. Ces hormones préparent la muqueuse utérine pour recevoir un futur embryon en cas de fécondation. Cette fécondation ne se produisant que très rarement, l'ovaire arrête de fabriquer les hormones et la muqueuse utérine se détruit partiellement. C'est ce qui est à l'origine des règles.

Au fil du temps, le stock d'ovules s'épuise et les ovaires ne répondent plus aux stimulations des hormones du cerveau, car il n'y a plus assez d'ovocytes. Les cycles deviennent alors de plus en plus irréguliers. Les ovaires ne fabriquent plus d'hormones, il n'y a plus du tout d'ovulation et les règles s'arrêtent. Le terme "ménopause" signifie justement "arrêt des règles". C'est un mécanisme de vieillissement puisqu'il survient naturellement avec l'âge, autour de 50 ans.

L'absence de production d'hormones par les ovaires est à l'origine de la plupart des signes de la ménopause : bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, sueur nocturne, prise de poids, irritabilité, sommeil perturbé. 80% des femmes ressentent une réelle gêne. Mais il existe heureusement des solutions.

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Les signes avant-coureurs : la pré-ménopause

Corinne a fait le choix du traitement hormonal substitutif. Traitement qu'elle a envisagé en dernier recours mais qui la satisfait pleinement aujourd'hui.

La pré-ménopause. Certains signes avant-coureurs peuvent apparaître avant l'arrivée de la ménopause. Humeur changeante, anxiété, bouffées de chaleur parfois accompagnées de sueurs ou encore, troubles urinaires dus au périnée qui perd de sa tonicité, sont autant de désagréments qui peuvent apparaître. Ces changements n'arrivent pas brutalement mais s'étalent sur plusieurs années. Certaines femmes ne ressentent aucun de ces signes. L'arrêt des règles survient alors du jour au lendemain.

Un test pour vérifier que la ménopause est bien installée. Pendant dix jours, on prescrit de la progestérone, et si à l'arrêt du traitement, il n'y a pas de règles, la femme est ménopausée. Pour en être sûre, il faut répéter ce test trois fois.

Une fois la ménopause diagnostiquée, un traitement peut être mis en place afin de diminuer les symptômes de la ménopause.

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Ménopause : le bilan de santé

Premier bilan de santé pour Patricia

Que les femmes soient adressées par leur médecin ou qu'elles viennent d'elles-même, un centre spécialement dédié à la ménopause du CHU de Toulouse propose un check-up complet de l'état de santé des femmes ménopausées. Ce centre est unique en France.

Un questionnaire très exhaustif permet de mieux cerner les facteurs de risque et les maladies potentielles qui augmentent parfois après la survenue de la ménopause. "Une partie du questionnaire est propre à la patiente : ce qu'elle est sur le plan gynécologique, ce qu'elle est sur le plan cardiovasculaire et il y a l'activité physique car on sait que cela rentre en compte de façon considérable dans la prise charge de la ménopause et de l'ostéoporose. Et il y a une partie antécédents puisque la partie familiale et génétique est aussi très importante", explique Christelle Moreau, infirmière.

Un prélèvement sanguin est également effectué pour recueillir un maximum d'informations sur l'état de santé global de la patiente. L'infirmière peut ainsi vérifier le remodelage osseux, c'est-à-dire la construction et la déconstruction des cellules osseuses.

Il s'agit en fait de quantifier le risque de développer de l'ostéoporose. Et pour mieux évaluer ce risque, la patiente termine le bilan de santé par une ostéodensitométrie, un examen qui permet de mesurer la densité osseuse. Grâce aux rayons X, la densité osseuse de la colonne vertébrale et celle du col du fémur sont mesurées car ce sont les deux zones les plus touchées par la maladie. Cet examen qui n'est pas toujours proposé à la ménopause permet pourtant de réduire les risques d'apparition d'ostéoporose mais pas seulement : "Il est très important de faire une ostéodensitométrie à la ménopause pour plusieurs raisons. La première raison, c'est que l'ostéoporose chez la femme se développe après la ménopause du fait de la carence hormonale liée à la ménopause. La densitométrie est également à relier au risque de maladies cardiovasculaires. Les femmes qui ont une densité osseuse basse ont plus de risques de développer plus tard des problèmes cardiaques (infarctus, AVC…)", précise le Dr Jean-Michel Pouilles, rhumatologue.

Les résultats de tous ces examens permettent au médecin de savoir si la mise en place d'un traitement hormonal est recommandé ou non.

Le traitement de la ménopause, une nécessité ?

Après les bilans vient le moment de la consultation avec un gynécologue. Le but : proposer un traitement de la ménopause si besoin et répondre à toutes les interrogations des femmes qui vivent cette transition physiologique.

"L'objectif d'une consultation dans le centre de ménopause est d'une part de répondre aux besoins de nos patientes en terme de dégradation de confort personnel, puisqu'il existe des réponses efficaces qu'on peut leur proposer. Mais un des objectifs est aussi de dépister les facteurs cliniques de risque avec lesquels une femme débuterait sa ménopause, et dont on sait dans tous les cas que la carence hormonale va les aggraver", explique le Dr Florence Tremollieres, endocrinologue.

Si les traitements hormonaux s'avèrent efficaces, beaucoup de femmes hésitent aujourd'hui à les suivre. En cause, une polémique sur leurs potentiels effets délétères. En 2002, une étude américaine leur avait reproché d'augmenter les risques de cancer du sein et de maladies cardiovasculaires. Une situation que déplore le Dr Tremollieres : "Nous sommes dans une situation où même une femme symptomatique va refuser une solution thérapeutique efficace parce que les craintes qu'elle a de ce traitement vont l'emporter sur les bénéfices qu'elle est susceptible d'en attendre".

Un traitement hormonal efficace mais sous surveillance

Que faut-il penser des traitements hormonaux ?

Bouffées de chaleur, prise de poids, irritabilité sont les premiers symptômes de la ménopause. Elle survient globalement chez les femmes autour de la cinquantaine. Pour compenser le manque hormonal de la ménopause, la solution la plus évidente est de donner des hormones de substitution (THS). Pourtant aujourd'hui, plus de 52% des femmes ménopausées ont peur de prendre un traitement à base d'hormones.

Le traitement hormonal de substitution (THS) remplace les deux hormones qui manquent à la femme ménopausée suite à l'arrêt de l'activité de ses ovaires. Le THS est donc un substitut constitué de deux hormones : les oestrogènes et la progestérone. Le traitement hormonal est ainsi constamment évalué, car au bout de cinq ans de prescription, il n'y a plus de risque de développer un cancer. Pour celles qui ont d'emblée une contre-indication, d'autres solutions sont proposées.

On a constaté une diminution des ventes de THS depuis 2002 (23 200 000 boîtes) et 6 900 000 boîtes en 2009. En 2010, on estime à 700.000 le nombre de femmes sous THS en France. 300.000 emploient un gel, 250.000 la voie orale, et 150.000 des patchs.

Cette crainte s'est installée suite à une enquête américaine publiée en 2002, qui montrait que ces traitements pouvaient augmenter le risque cardiovasculaire et de cancer du sein chez la femme américaine de plus de 60 ans. Une étude qui a entraîné notamment en France une chute drastique des prescriptions des traitements hormonaux de substitution. Mais depuis dix ans, d'autres études ont montré que ce risque était à moduler.

Le risque du cancer du sein est en effet très faible avec les hormones utilisées en France. Et on sait aujourd'hui qu'elles ne menacent pas le système cardiovasculaire, au contraire elles le protègent. Autre bienfait, ces hormones retardent l'apparition de l'ostéoporose. Pourtant, il n'y a aujourd'hui que 8% des femmes ménopausées qui suivent ce traitement contre 20% en 2002.

Il est conseillé d'arrêter le traitement hormonal substitutif au bout de dix ans. Mais les symptômes de la ménopause peuvent revenir à l'arrêt du traitement.

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Bien vivre la ménopause sans traitement hormonal

Monique a 57 ans, elle nous raconte comment elle vit sa ménopause sans traitement hormonal

Une bonne hygiène de vie. Pour les femmes qui ne peuvent pas bénéficier d'un traitement hormonal, d'autres solutions existent. Des médicaments permettent de lutter contre l'ostéoporose, et pour les autres symptômes, comme les bouffées de chaleur, une bonne hygiène de vie et notamment une activité sportive régulière est recommandée.

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Ménopause et sexualité

Selon plusieurs études réalisées en Europe et aux Etats-Unis, une majorité de femmes continuent d'avoir une vie sexuelle active passé l'âge de 50 ans. Cependant, l'âge de la ménopause est parfois imaginé comme un "cap" hormonal, au-delà duquel les différents aspects de la sexualité peuvent être dégradés. Mais qu'en est-il réellement ?

Des symptômes sexuels

La ménopause provoque un certain nombre de changements au niveau sexuel. La vulve et le vagin peuvent s'atrophier, autrement dit "rétrécir" un peu ; une crème et des ovules à base d'oestrogène améliorent le situation. La sécheresse vaginale est responsable de rapports sexuels inconfortables, voire douloureux. La sécheresse est soulagée par les traitements cités précédemment, mais aussi lors du rapport par l'utilisation d'un lubrifiant, du type Replens® ou Monsens®. Irritations, pertes anormales, sensations de brûlure ou encore infections urinaires à répétition contribuent à la baisse de la libido. Autres modifications : l'utérus et les ovaires diminuent de taille. Les mycoses sont plus fréquentes, du fait d'une élévation du pH du vagin. Tous ces symptômes sont bien heureusement soignables afin de garder une vie sexuelle épanouie ! A condition d'en parler à son médecin...

En réalité, les changements biologiques et hormonaux qui accompagnent la ménopause n'ont absolument aucun effet sur les comportements sexuels, la libido ou le plaisir des femmes. En réalité, la seule chose qui puisse influencer négativement leur sexualité est... la croyance en cette idée reçue.

Les résultats d'une récente étude le démontrent : les pratiques sexuelles, la satisfaction, les fonctions biologiques, les fantasmes, les représentations en terme de sexualité sont significativement les mêmes chez les Françaises de plus de 45 ans non ménopausées et celles de moins de 55 ans ayant cessé d'ovuler. Un éventuel traitement hormonal pour les femmes récemment ménopausées n'a pas non plus d'influence sur leur sexualité.

L'effet négatif de la ménopause dans la vie sexuelle de certaines femmes apparait donc "plus symbolique que biologique", selon le mot des auteurs de l'étude. Persuadées que la ménopause serait synonyme d’entrée dans "la vieillesse", elles se détourneraient de l'activité sexuelle. Selon les auteurs de l'étude, "il est très important d'informer les femmes [qui vont entrer dans la période d'apparition de la ménopause], de même que leurs partenaires et les professionnels de santé qui les traitent, que les effets rapportés négatifs sur la sexualité sont plus susceptibles d'être dus à l’anticipation [de ces problèmes] ou à des représentations négatives qu’à d'effets biologiques ou hormonaux".

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