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Les Français sont-ils en bonne santé ?

L’espérance de vie des Français ne cesse de s’allonger, mais le vieillissement de la population va de pair avec une augmentation des maladies chroniques. C’est un des principaux enseignements du rapport de la Direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (DREES) sur l’état de santé des Français.

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Les Français sont-ils en bonne santé ?
Les Français sont-ils en bonne santé ?

Les Français sont-ils en bonne santé ? Pour répondre à cette question, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques vient de publier un rapport de près de 400 pages qui analyse en détail l’état de santé de l’ensemble de la population, de la naissance à la mort.

Premier constat : les Français vivent de plus en plus vieux. Ces dix dernières années, les femmes ont gagné deux années d’espérance de vie (84,8 ans), tandis que les hommes vivent 2,9 ans de plus (78,1 ans). L’espérance de vie à 65 ans est même la plus élevée d’Europe, tant pour les femmes que pour les hommes. Les premières peuvent espérer vivre encore 22,8 ans et les seconds 18,6 ans.

En revanche la situation de la France apparaît beaucoup moins favorable en matière de mortalité prématurée, par rapport à ses voisins européens. Ces décès avant 65 ans représentent environ 20 % de l’ensemble des décès et concernent pour près de 70 % d’entre eux des hommes. Or, un tiers de ces décès sont associés à des causes "évitables" à condition de faire baisser les comportements à risque : tabagisme, alcoolisme, conduites dangereuses, suicides.

Explosion des affections de longue durée

L’allongement de la vie va de pair avec une augmentation des maladies chroniques. En 2009, 1,4 million de nouvelles ALD (Affections de longue durée) ont été prises en charge par l’Assurance-maladie, soit 40 % des plus qu’en 2000. Elles représentent donc un véritable enjeu de santé publique.

Parmi ces pathologies, on peut citer les cancers qui représentent 30 % des causes de décès par an, le diabète, l’hypertension artérielle qui touche 66 % des plus de 50 ans, les maladies cardiovasculaires ou encore les affections psychiatriques de longue durée, en constante augmentation.

Les tumeurs sont devenues en 2004 la première cause de décès pour l’ensemble de la population, et ce sont les hommes qui sont le plus touchés. De mauvais résultats par rapport à la moyenne européenne, qui s’expliquent en partie par la mortalité attribuable aux cancers liés au tabac, à l’alcool mais aussi aux expositions professionnelles et à l’alimentation.

Toutefois, à l’exception de quelques cancers, notamment le cancer du poumon, on observe une amélioration de la survie, due non seulement aux progrès thérapeutiques, mais aussi à une amélioration du diagnostic. C’est le cas en particulier pour le cancer du sein, du col de l’utérus, du mélanome et du cancer colorectal.

Près de 3 millions de Français sont traités pour un diabète. Mais l’objectif d’atteindre 80 % de patients surveillés régulièrement est loin d’être atteint. Pourtant les examens de surveillance permettent d’éviter certaines complications graves : cécité, infarctus du myocarde, insuffisance rénale

Les maladies de l’appareil circulatoire constituent la deuxième cause de décès en France après les cancers et sont la première cause de décès pour les femmes. Il s’agit aussi bien d’infarctus, d’AVC ou d’insuffisances cardiaques. L’un des principaux facteurs de risque de ces maladies est l’hypertension artérielle, une pathologie qui régresse mais qui passe encore trop souvent inaperçue : seuls 59 % des femmes et 47 % des hommes connaissent leur hypertension.

 

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