1. / Maladies
  2. / Peau

Dermopigmentation : la reconstruction dans la peau

La dermopigmentation est une technique qui se développe de plus en plus. Il s'agit en fait de la version médicale du tatouage classique. Elle permet par exemple de refaire l'aréole du sein après une reconstruction ou de redessiner les sourcils après une chimiothérapie.

Rédigé le , mis à jour le

Dermopigmentation : la reconstruction dans la peau
Sommaire

Qu’est-ce qu’un tatouage médical ?

Marina Carrère d’Encausse et Michel Cymes expliquent la dermopigmentation.

L'origine du mot "tatouage" provient des indigènes d'Océanie, qui décoraient ainsi leurs corps et utilisaient le mot Tatau, littéralement "dessin inscrit dans la peau", ce qui a donné « tattoo », en anglais, puis tatouage en français.

Le tatouage a d'ailleurs une longue histoire puisque certains personnages peints dans les grottes de Lascaux sont tatoués, tout comme des momies datant d'avant 2 200 ans av. J.C.

De notre temps, des groupes comme les rockers, les hippies ou encore les punks utilisent le tatouage comme signe de ralliement. La fin du XXe siècle voit un autre type de tatouages émerger avec l'apparition de pigments de couleur chair.

L'idée remonte en fait à 1835, en Allemagne, mais sans succès à cette époque. Ces tatouages sont à visée esthétique, avec le maquillage semi-permanent, mais surtout médicale, puisqu'ils sont utilisés après un accident, une brûlure ou une chirurgie. Pour cela, on introduit des pigments dans la peau.

Malgré le renouvellement régulier des cellules, le tatouage reste permanent car seules les cellules de l'épiderme se renouvellent (tous les sept jours en moyenne), or la technique du tatouage consiste à injecter les pigments au niveau du derme, il reste donc permanent. Plus on injecte profondément, plus le tatouage tient longtemps.

Reconstruire l’aréole du sein

Attention, images d’intervention chirurgicale : l’aréole du sein est progressivement pigmentée.

Les dermopigmentations médicales ne sont jamais définitives. Elles durent quelques années, cinq ou six ans, tout au plus.

Sa principale indication est la reconstruction de l'aréole du sein, après la chirurgie d'un cancer notamment.

Le tatouage ayant tendance à s’éclaircir, il faut plusieurs séances pour arriver à un résultat satisfaisant.

Des usages divers et efficaces

Marina Carrère d’Encausse et Michel Cymes décrivent les différentes utilisations des tatouages médicaux.

La dermopigmentation peut également être utilisée pour camoufler une perte de cheveux très localisée. On pose à cet endroit une couleur proche de celle de la chevelure. Les fentes labio-palatines peuvent aussi être atténuées en pigmentant la lèvre du dessus.

Autre indication : le vitiligo, une maladie de la peau, qui se caractérise par des tâches décolorées. Les dermatologues et les spécialistes de la dermopigmentation ne sont pas d'accord sur cet acte car cette affection peut évoluer et dans ce cas, le résultat n'est plus satisfaisant. Il faut donc s'assurer que l'on tatoue une forme stable de vitiligo et surtout, aller voir quelqu'un qui maîtrise bien la technique.

Redessiner le regard

Redessiner les sourcils permet aux patients de retrouver un visage plus expressif.

Le dessin d'un sourcil reste un autre exemple de tatouage qui permet, dans un cadre médical, d'aider les patientes en fin de cure de chimiothérapie. Ce traitement agressif entraîne, en effet, la perte des cheveux mais aussi des sourcils.

Si les femmes ont à leur disposition des perruques sophistiquées, rien en revanche n'était fait jusqu'ici pour leur redonner des sourcils en cas d'absence complète.

Ainsi, des esthéticiennes se relaient bénévolement à l'institut Curie, à Paris, pour tatouer les femmes qui le demandent.

En savoir plus

Sur Allodocteurs.fr :


Ailleurs sur le web :