Cystite post-coïtale : comment éviter l'infection urinaire après un rapport sexuel ?

C’est un souci qui peut gâcher la vie sexuelle, une infection urinaire tout à fait particulière… la cystite post-coïtale. De quoi s’agit-il ? Comment l’éviter ? On fait le point.

Par Dre Odile Bagot

Rédigé le

Comment éviter l'infection urinaire après un rapport sexuel ?

Le Mag de la Santé - France 2

C'est une infection qui peut facilement gâcher un moment d'amour... Après un rapport sexuel, il est possible de développer soudainement une infection urinaire particulière, appelée cystite post-coïtale. Pour ne pas en subir le calvaire, mieux vaut savoir la prévenir, repérer les situations à risque et s'en débarrasser rapidement si besoin. 

Les symptômes de la cystite post-coïtale

Il est d’abord question de savoir repérer cette cystite. Si, dans les heures qui suivent presque chaque rapport sexuel, vous présentez les symptômes suivants, pas de doute, c'est une cystite post-coïtale :

  • Des envies très pressantes et rapprochées d’uriner pour trois gouttes sans être soulagée
  • Une brûlure et une douleur surtout en fin de miction
  • Parfois des urines foncées, rouges ou malodorantes
  • Une pesanteur au niveau du bas-ventre.

Quelles sont les causes de la cystite post-coïtale ? 

Pour comprendre de quoi il s’agit, il faut savoir que le germe responsable de la cystite, l’Escherichia coli ou colibacille, provient du tube digestif et va migrer jusqu’au méat urinaire. Mais comme l’urètre est court chez la femme, il arrive qu’ils remontent jusqu’à la vessie. La nature faisant bien les choses, l’urine permet la plupart du temps d’évacuer ces bactéries : c’est l’effet "chasse d’eau".

Mais les frottements lors de la pénétration ouvrent l’urètre et facilitent cette ascension. Ces germes vont alors se multiplier dans la vessie, adhérer à ses parois et ainsi créer une inflammation. Ce ne sont donc pas les germes du partenaire qui sont en cause, il ne s’agit pas d’une infection sexuellement transmissible. 

Chaque rapport n’est pas synonyme de danger, il existe des situations où le risque est plus important :

  • La "cystite de la jeune mariée", terme un peu vintage pour désigner la première année d’une vie sexuelle régulière jusqu’à ce qu’une immunité locale se développe et que des anticorps viennent bloquer l’ascension des colibacilles ;
  • Idem après une longue période d’abstinence, quand l’activité sexuelle est souvent plus intense ou encore lorsque des partenaires ne se voient qu’un week-end de temps à autres et qu’ils "rattrapent" le temps perdu !
  • Les femmes ménopausées sans traitement hormonal sont aussi plus sujettes aux cystites en raison de la sécheresse vulvovaginale (dans le cadre du fameux SGUM, le syndrome génito-urinaire de la ménopause) et de l'appauvrissement de la flore vaginale, qui sont des facteurs de risque de cystite.

Les traitements efficaces contre la cystite post-coïtale

Alors, que faut-il faire en cas d’infection ? D’abord, lorsque la cystite est avérée, on file chez son médecin pour une consultation ou chez son pharmacien pour un autotest. Ensuite, un antibiotique de première intention en monodose, la fosfomycine, est prescrit.
Pour éviter la récidive, il est important de suivre ces quelques conseils :

  • Le plus important est d’uriner après les rapports et de boire beaucoup dans les heures qui suivent. Cela aura comme effet de laver l’urètre.
  • Pour les femmes ménopausées, il faut commencer par apporter des œstrogènes par voie vaginale ou générale avec le traitement hormonal de la ménopause.
  • Utiliser un lubrifiant en cas de manque de lubrification pour ne pas irriter le méat urinaire qui risque de s’ouvrir et laisser passer les germes.
  • Si cela ne suffit pas, vous pourrez prendre un complément alimentaire flash avec au minimum de la canneberge et du D-Mannose, voire de la propolis.

Toutefois, bonne nouvelle pour les femmes qui subissent régulièrement ces infections : au bout d’un certain nombre de cystites, le problème rentre dans l’ordre naturellement.

5 conseils à appliquer pour éviter toutes les cystites

Plus largement, pour prévenir tout type de cystites, avec ou sans rapport sexuel, mieux vaut : 

  • Boire au minimum 1,5 litre d’eau par jour, sous toutes ses formes
  • Lutter contre la constipation
  • Booster sa flore vaginale avec des probiotiques
  • S’essuyer d’avant en arrière, c’est logique !
  • Ne pas porter de protège-slips dans lesquels vont pulluler les E. coli.