Ce qu'il faut savoir sur la diarrhée sexuellement transmissible qui sévit aux États-Unis

Le nombre de cas de shigellose explose actuellement outre-atlantique. Cette maladie bactérienne parfois mortelle peut entrainer des diarrhées sanglantes.

Par Robin Couturier

Rédigé le

Tout savoir sur les IST, ces infections sexuellement transmissibles

Allodocteurs - Newen France

La situation est devenue préoccupante au point qu’elle soit qualifiée d’"endémique". Aux États-Unis, chaque année, 450 000 personnes contractent la shigellose, une maladie causée par la Shigella, une bactérie intestinale. Très contagieuse, cette infection bactérienne était déjà connue pour se contracter le plus souvent lors de voyages, via l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés. Mais aujourd’hui, la maladie se transmet de plus en plus lors de rapports sexuels.

C’est en tout cas ce que rapporte un article publié sur le site du magazine américain Science Alert. On y apprend l’explosion de ces diarrhées sexuellement transmissibles au sein de la communauté des hommes gays, bisexuels ou ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes. En plus de se propager à vitesse grand V, la maladie devient de plus en plus difficile à traiter. Certaines souches seraient en effet en train de devenir des "super bactéries", qui pourraient devenir incurables.

Une diarrhée sévère, sanglante et très contagieuse 

Mais qu’est-ce que la shigellose précisément ? L’Institut Pasteur nous apprend que cette pathologie, également appelée dysenterie bacillaire, est une"maladie infectieuse de l’intestin causée par un groupe de bactéries connues sous le nom de «Shigella»." Elle se traduit par "une diarrhée sévère, souvent sanglante, des crampes abdominales et de la fièvre". Historiquement, la shigellose affecte généralement les enfants d’âge préscolaire. Mais aujourd’hui, les adultes sont de plus en plus concernés.

C’est une maladie qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère. D’une part, parce qu’elle est très contagieuse, puisqu’il ne suffit que de 10 à 100 bacilles pathogènes pour contracter la maladie. D’autre part, parce que la shigellose peut être mortelle. Chaque année, 200 000 personnes, dont 65 000 enfants de moins de cinq ans, en meurent dans le monde, toujours d’après l’Institut Pasteur. Effectivement, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) abonde en ce sens, rappelant que des complications graves sont observées, surtout chez les moins de cinq ans.

La "menace sanitaire" d'une bactérie de plus en plus résistante 

Mais l’explosion des cas n’est pas qu’une affaire états-unienne. Une étude publiée en juillet 2026 dans The Lancet Infectious Diseases avait pour objet d’évaluer la propagation de la shigellose transmise sexuellement en Angleterre. Résultat : l’étude "met en évidence la transmission sexuelle distincte et croissante de la shigellose, soulignant l'urgence de traiter cette maladie comme une menace sanitaire spécifique". Confirmant le fait que la maladie gagne du terrain à plusieurs endroits sur le globe, simultanément.

En Angleterre, le phénomène est observé dans une moindre mesure : 2 560 cas de shigellose sexuellement transmise en 2025 selon l’agence sanitaire du gouvernement britannique (UKHSA). Cela étant, leurs chiffres montrent aussi que la bactérie devient de plus en plus résistante aux traitements qu’on lui oppose, à savoir les antibiotiques. Les tests effectués sur les deux souches les plus fréquemment transmises sexuellement donnent ces résultats : "en 2025, 86 % des échantillons de Shigella sonnei et 94 % des échantillons de Shigella flexneri testés présentaient une résistance aux antibiotiques". Un constat que faisait déjà l’Inserm en 2015, constatant "l’émergence de souches multirésistantes".

Comment se protéger d'une contamination ?

Pour se prémunir de la maladie, le département de santé publique de Californie a publié ses recommandations. Parmi elles, l’autorité recommande en premier lieu de "ne pas avoir de relations sexuelles avec une personne ayant souffert de diarrhée au cours des deux dernières semaines".

Le département recommande aussi de se laver les mains, les parties génitales et anales avant et après le rapport, et d’utiliser des barrières comme les préservatifs pendant le rapport.