Tout savoir pour ne plus avoir peur d'aller chez son gynéco

Le rendez-vous chez le gynécologue est souvent source de peurs, au point que certaines patientes le repoussent dans le temps. Douleurs, examens à faire ou pas... on vous explique tout.

Par Dre Odile Bagot

Rédigé le

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Le Mag de la Santé - France 2

Dépistage, frottis, toucher vaginal... Aller chez le gynécologue est souvent une source de stress et d’inquiétudes. Et pourtant, ce suivi est indispensable à tout âge. À quelle fréquence faut-il consulter ? Pour quelles raisons ? On fait le point. 

Il faut le dire, trop de femmes négligent encore leur suivi gynécologique. En 2026, une étude conjointe de la Fédération hospitalière de France (FHF) et de l'institut IPSOS BVA estime que 63 % des femmes ne réalisent pas systématiquement leur examen de contrôle gynécologique. La proportion monte à 80 % chez les moins de 30 ans. Pour expliquer cela, certaines femmes invoquent un problème de planning surchargé ou de disponibilité des professionnels de santé, mais pour d’autres, notamment les plus jeunes, c’est souvent une question de pudeur ou de peur de l’examen qui les éloigne des cabinets.

Quand faut-il consulter son ou sa gynécologue ?

Pourtant, le rendez-vous chez le gynéco ne doit pas être associé au mot problème. Toute femme qui a ou a eu une activité sexuelle, quel que soit son âge, devrait avoir un suivi gynécologique une fois par an et tout au long de la vie. Les enjeux sont multiples : il s’agit de discuter de la contraception, de dépister les infections sexuellement transmissibles et de réaliser un frottis entre 25 et 65 ans pour le dépistage du cancer du col de l’utérus.

C’est aussi l’occasion de réaliser un examen des seins. Même après 74 ans, âge auquel le dépistage organisé du cancer du sein se termine officiellement, il est important de continuer son suivi car il peut y avoir d’autres cancers gynécologiques mais aussi un prolapsus ou encore des fuites urinaires.

En dehors du rendez-vous de suivi annuel, il est nécessaire de se rendre chez son praticien dès que quelque chose semble inhabituel. Des douleurs dans le bas-ventre, des pertes, un inconfort vulvaire, des saignements, des anomalies du cycle ou des règles, des symptômes de ménopause, des difficultés sexuelles … Bref, dès l’instant que quelque chose cloche en bas, rendez-vous chez le gynéco. 

Non, le frottis n'est pas censé faire mal

Le frottis est, il est vrai, une formalité peut en rebuter plus d’une. Alors, il faut rappeler qu’il s’agit d’un examen qui consiste simplement à faire un prélèvement au niveau du col de l’utérus. Il n’y a aucune raison que ce soit douloureux. Le gynécologue reste en surface et n’introduit rien en profondeur. Il utilise un spéculum pour bien visualiser le col et prélève quelques cellules du col au moyen d'une cytobrosse, sorte de petit balais. Mais si le test à réaliser est un test HPV, qui détecte la présence ou non d'un papillomavirus, un simple écouvillon suffit.

Dans quels cas faut-il faire un toucher vaginal ?

Qu'en est-il du toucher vaginal ? De manière générale, il n’est pas systématique mais souvent nécessaire. Par exemple, si la patiente se plaint de douleurs, il permet de la localiser. Le gynécologue peut aussi avoir besoin d’examiner la patiente à titre informatif : lors d’un suivi simple pour révéler un utérus qui a augmenté de volume ou un kyste de l’ovaire par exemple. Cela dit, pas de panique, cet examen n’a aucune raison d’être douloureux et ne sera pas fait sans votre consentement, ni si vous êtes vierge.

À quoi s'attendre chez le gynéco avant le premier rapport ?

Les femmes qui n’ont jamais eu de rapport sexuel peuvent elles aussi bénéficier d’une consultation gynécologique. Naturellement, il n’y aura dans ce cas pas d’examen vaginal. L’objectif est alors d’évaluer avec la patiente sa santé gynécologique, notamment ses cycles et ses règles.

Il est aussi question de faire de la prévention : vaccination HPV pour les plus jeunes, examen des seins et mammographie, par exemple. Ce sera aussi le lieu pour parler fertilité ou de ménopause, par exemple. Car le rendez-vous gynécologique est l’occasion d’aborder des sujets dont on n’ose pas forcément parler à son médecin traitant.