Comment prendre du plaisir lors d'une pénétration anale ?

La pénétration anale est une pratique sexuelle plutôt courante. Elle demande cependant quelques précautions. Le Dr Gilbert Bou Jaoudé, sexologue, vous donne ses conseils.

Par Dr Gilbert Bou Jaoudé

Rédigé le

Pénétration anale : ce qu'il faut savoir

Le Mag de la Santé - France 5

Le saviez-vous ? Il vaut mieux utiliser l’expression "pénétration anale" plutôt que "sodomie", dont le terme fait référence aux villes bibliques de Sodome et Gomorrhe, que Dieu aurait détruites à cause de leurs pratiques jugées "perverses". Il y a donc une connotation moralisatrice. Ici on parle des pratiques sexuelles sans jugement !

En France, plus de la moitié des personnes interrogées disent avoir déjà pratiqué la pénétration anale, soit deux fois plus qu'au début des années 1990. Mais seulement 9 % des femmes et 15 % des hommes déclarent en faire une pratique régulière. Et 30 % des femmes disent avoir déjà pénétré analement leur partenaire au moins une fois (avec les doigts ou un jouet sexuel), y compris dans les relations hétérosexuelles. 

Comment expliquer que la pénétration anale puisse être source de plaisir sexuel ?

La pénétration anale peut stimuler la zone prostatique, qui bombe légèrement dans le rectum. Or la prostate est riche en fibres nerveuses, qui participent au plaisir sexuel et à des sensations qui peuvent mener à l'orgasme

La zone du rectum est située juste derrière celle du vagin et des branches internes du clitoris : une pénétration anale, inclinée vers l’avant, peut donc stimuler les zones érogènes internes de façon indirecte.

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La pénétration anale est-elle douloureuse ou inconfortable ?

Il existe deux principales explications à une pénétration anale douloureuse : 

  • La zone anale n’est pas spontanément lubrifiée, les frottements sans lubrification peuvent être particulièrement désagréables, voire provoquer des fissures ;
  • Le sphincter anal est un muscle puissant et très réactif : s’il n’est pas détendu progressivement, il se contracte fortement par réflexe et gêne ou bloque la pénétration. Il faut du temps, de la douceur et un véritable état de relâchement physique et mental.

Ces ressentis négatifs ont parfois des causes psychologiques. Plus d’un tiers des personnes disent avoir eu cette pratique pour faire plaisir à leur partenaire. En vérité, c'est probablement plus. Le plaisir ne peut venir que si la pénétration anale est librement consentie, sans pression, et dans un véritable climat de confiance. 

Est-ce que la pénétration anale est dangereuse ?

Il existe des points de vigilance à garder en tête lors d'une pénétration anale : 

  • Une possible fissure de la muqueuse de l’anus, qui peut survenir si la zone n'est pas suffisamment lubrifiée ;
  • La pénétration anale ne provoque pas les hémorroïdes. En revanche, si l'on est déjà concerné, cette pratique peut augmenter les symptômes, tels que les douleurs ou les saignements.

Mais sur le plan médical, il existe deux vrais risques. D'abord, celui des infections sexuellement transmissibles (IST ). Cette zone peut être facilement franchie par certains virus tels que le VIH ainsi que par certains microbes. Il est nécessaire de bien se protéger, avec un préservatif ou la prophylaxie pré-exposition (PrEP). Le deuxième risque est surtout d'ordre psychologique, à cause d'une pratique non voulue et/ou mal vécue.

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Pénétration anale : quels conseils ?

Si cette pratique vous intéresse, voici quelques règles de base à respecter pour bien vivre cette expérience : 

  1. Le consentement mutuel et la communication préalable sont impératifs.
  2. C’est la personne pénétrée qui dirige : le rythme, la profondeur, la position, l'arrêt...
  3. La lubrification doit être abondante et la pénétration progressive : jamais de mouvements brusques, y compris lors du retrait, et pas seulement lors de la pénétration.
  4. Prenez des mesures d'hygiène et de protection contre les IST. Ne passez jamais de l’anus au vagin sans vous laver, pour éviter d'acheminer des microbes inadaptés à la zone vaginale.
  5. Enfin, faites de cette expérience un jeu complice : parlez-en avant, pendant et après l’acte, pour mieux connaître le ressenti de chacun.

Ce qui compte n’est pas la pratique en elle-même mais le fait que ce soit un choix ! Liberté, consentement, connaissance du corps et complicité partagée sont les bases de toute pratique sexuelle.