Cadmium : que faut-il manger pour limiter notre exposition ?

C'est un métal lourd que l'on trouve dans nos aliments du quotidien et qui peut causer de sérieux problèmes de santé. Mais comment limiter notre exposition au cadmium ? On fait le point.

Par Emilie Steinbach

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Cadmium

Le Mag de la Santé - France 2

Vous en avez sûrement déjà entendu parler. Le cadmium est un métal toxique lourd naturellement présent dans les sols, mais dont la quantité est augmentée par les activités humaines. C’est particulièrement le cas en France, notamment à cause du recours massif aux engrais qui apportent beaucoup de cadmium dans le sol et donc dans les cultures. Nous ingérons donc du cadmium au quotidien dans notre alimentation et c’est un comportement qui comporte des risques.

D’abord, le cadmium empêche les reins de jouer correctement leur rôle de filtre. Il fragilise aussi les os et augmente le risque d’ostéoporose et de fractures. À tel point qu’il contribuerait à environ 23 % des cas d’ostéoporose chez les femmes de plus de 55 ans, selon les experts de l’Anses. C’est énorme ! Aussi, le cadmium est classé cancérogène certain (principalement sur la base d’expositions professionnelles par inhalation).

Le problème avec le cadmium, c’est qu’il s’agit d’un toxique dit cumulatif, qu’on accumule chaque jour via l’alimentation. Et notre corps met entre 10 et 30 ans à en éliminer seulement la moitié. La priorité est donc d’en accumuler le moins possible.

Chocolat, pain raffiné... Les aliments qui contiennent le plus de cadmium

Alors, comment faire ? Il faut commencer par éviter les aliments qui en contiennent le plus. C’est notamment le cas du chocolat. Il en contient en moyenne trois fois plus que le pain raffiné. C'est également le cas de la chair brune du crabe, des bulots, des rognons, des moules et de certains coquillages.

Par ailleurs, il faut distinguer les aliments les plus contaminés de ceux qui nous exposent le plus. Nous mangeons beaucoup moins de chocolat que de pain ou de pommes de terre. Chocolat et confiseries ne représentent donc que 2 à 3 % de l’exposition moyenne des adultes. En revanche, le pain raffiné et les produits de panification expliquent bien plus notre imprégnation de cadmium, avec environ 20 % de l’exposition des adultes. Viennent ensuite les pommes de terre, autour de 17 %. Ces produits pèsent lourd dans la balance puisque nous les mangeons très régulièrement, parfois tous les jours.

Varier son alimentation !

Concrètement, que faut-il manger ? Le bon slogan à retenir c’est "variez !". Variez déjà les marques et évitez les grandes quantités quotidiennes. L’important est de consommer une alimentation principalement végétale et très diversifiée pour une grande variété de nutriments et pour éviter de toujours s’exposer aux mêmes contaminants.

Aussi, il faut continuer de manger légumes, céréales complètes, non raffinées et introduire dans son alimentation des légumineuses (pois chiches, lentilles, haricots secs, etc.). Ces dernières contribuent très peu à l’exposition au cadmium, apportent fibres et protéines tout en contribuant à la santé de nos sols.

Enfin, une bonne manière de prévenir une contamination au cadmium est de dépister et corriger d’éventuelles carences, notamment celles en fer, car elles peuvent augmenter l’absorption du cadmium.

Contre le cadmium, arrêtez de fumer

Par ailleurs, on peut limiter son exposition au cadmium en dehors de son alimentation. Le premier réflexe, dont on parle encore rarement, est de ne pas fumer. Le cadmium est très concentré dans les feuilles de tabac et c’est un facteur majeur d’accumulation de cadmium. Chez certains fumeurs, le tabac représente jusqu’à 43 % du cadmium accumulé, or, plus d’un adulte sur quatre fume encore en France. Alors, quant à l’exposition au métal lourd, l’arrêt de la cigarette a donc beaucoup plus d’impact que l’arrêt du chocolat.