Quelles sont les maladies causées par le cadmium ?
Cancers, affection des reins, troubles de la fertilité... Le cadmium peut induire de nombreuses pathologies pour les personnes qui y sont excessivement exposées.
Par Robin Couturier
Rédigé le
Dépister les cancers permet de les prendre en charge plus tôt et de mieux les soigner
Allo Docteurs - Newen Digital
Dans les pâtes, le riz, le chocolat, les cigarettes, l’air… Le cadmium est partout. C’est vrai au point que dans sa troisième grande étude sur l’alimentation, l’Anses a montré que le polluant était présent dans 89 % des produits alimentaires qui faisaient l’objet de l’analyse. Quelles sont donc les conséquences pour notre santé de l’inévitable cadmium ?
Cela fait déjà plusieurs décennies que ce métal lourd est reconnu pour ses méfaits sur l’humain. Pourtant, les recherches scientifiques ne cessent de révéler de nouvelles pathologies dans lesquelles le cadmium semble jouer un rôle. Si attribuer un nombre de morts au cadmium est impossible, il est établi qu’il augmente la mortalité chez les individus qui y sont exposés, par les maladies qu’il induit.
Un cancérogène certain pour l'humain
Mais quelles sont donc précisément ces maladies provoquées par le cadmium ? D’abord le cancer. Depuis 1993, le métal lourd est rangé dans la case des "cancérogène certain pour l’humain". À ce jour, seul le cancer broncho-pulmonaire est associé avec certitude à une exposition excessive au cadmium dans le milieu professionnel. Xavier Coumoul, toxicologue pour l’Inserm nous éclaire sur ce point dans le magazine de l’Inserm. Concrètement, "(les) industries de production d’engrais, (les) ouvriers dans les extractions minières, (le) secteur de la métallurgie et de la chimie, (l')incinération des déchets, (le) recyclage de batteries…" sont des milieux professionnels où le risque de développer un cancer du poumon est accru, à cause de l’exposition au cadmium par inhalation.
De surcroît, et bien qu’aujourd’hui les preuves ne soient pas toutes réunies pour l’attester, les organismes de santé suspectent le cadmium d’induire d’autres cancers au sein de la population générale. C'est notamment le cas pour les cancers du pancréas, de la vessie, du nasopharynx, de la prostate et du sein.
Du cadmium dans les reins et les os
Dans le cadre de l’exposition par voie orale, c'est-à-dire par l’alimentation, le cadmium peut plus largement se loger durablement dans notre corps, notamment dans nos reins et nos os. L’Anses note que même à faible dose, "le cadmium entraîne des atteintes rénales, pouvant évoluer à terme vers une insuffisance rénale et une fragilité osseuse, augmentant le risque d’ostéoporose et de fractures".
“Or, ce métal est très persistant : il peut rester entre 10 et 30 ans dans le rein !”, fait savoir Xavier Coumoul, toujours dans le magazine de l’Inserm. De même, en ce qui concerne les os, le toxicologue fait savoir que le cadmium qui s’y loge y subsiste “pendant plusieurs années”.
Infertilité et trouble du développement de l'enfant
Les recherches scientifiques suggèrent de même que l’exposition au cadmium pourrait avoir de nombreux effets sur la reproduction chez les hommes comme chez les femmes. D’abord, le métal lourd est un perturbateur endocrinien, c’est-à-dire qu’il agit directement sur nos hormones. Aussi, certaines études ont retrouvé des résidus de cadmium dans le sperme. Sa présence pourrait être liée à la pollution de nos environnements et pourrait expliquer certains cas d'infertilité.
S’il n’entraîne pas systématiquement une infertilité, le cadmium est toutefois considéré comme un mutagène. C’est-à-dire qu’il peut "entraîner des défauts génétiques héréditaires ou augmenter la fréquence de défauts génétiques", d’après le site de l’Assurance maladie, Ameli.fr.
Par ailleurs, les enfants sont tout particulièrement concernés par l’exposition au cadmium. Dans sa troisième grande étude sur l’alimentation, l’Anses estime qu’entre 23 et 27 % d’entre eux dépassent la dose journalière tolérable de cadmium. “Chez les enfants, le polluant pourrait causer des problèmes de neurodéveloppement avec des altérations des capacités motrices, sensorielles et cognitives : des effets qui sont à surveiller”, écrit à ce propos Xavier Coumoul.
Comment limiter son exposition au cadmium ?
Alors, comment se défaire du cadmium ? Le site du service publique santé.fr nous informe qu’”environ 98 % de l’exposition totale provient de l’alimentation chez les enfants et les adultes non-fumeurs”. Effectivement, les fumeurs sont davantage exposés car les feuilles de tabac sont elles aussi chargées en cadmium. Chez les fumeurs, la consommation de cigarettes peut représenter "jusqu’à 43 % de l’exposition, contre environ 55 % pour l’alimentation, et leur imprégnation au cadmium est en moyenne 50 % plus élevée que celle des non-fumeurs.”
Alors, pour limiter son exposition, pas de secret : le plus important est de varier au plus son alimentation pour ne pas s’exposer au même contaminant en continu. La deuxième clé étant bien sûr d’arrêter de fumer.