Morsures de chien : des plaies à surveiller

Considéré comme le meilleur ami de l'homme, le chien n'en reste pas moins un animal carnivore et donc, potentiellement dangereux. Les morsures de chien peuvent être à l’origine d'accidents et de maladies graves comme la rage ou le tétanos. Si elles ne sont pas bien soignées, les risques d’infection sont très importants.

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Morsures de chien : des plaies à surveiller
Sommaire

Chiens d’attaque, de garde et de défense

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes décrivent les risques liés aux morsures de chien.

Les Français aiment les chiens : on en compte en effet près de 8 millions dans l'Hexagone, mais ces animaux n'aiment pas toujours les Français... Car, même s'il est sensé être le meilleur ami de l'homme, il ne faut pas oublier que le chien n'en reste pas moins un animal carnivore et donc, potentiellement dangereux.

Depuis 1999, une loi précise qu'il y a deux catégories de chiens dangereux :

  • le pit-bull appartient à la première catégorie, celle des chiens d'attaque ;
  • la deuxième catégorie est celle des chiens de garde ou de défense, comme les rottweiler.

80 000 chiens sont classés au tableau des races dangereuses, et on estime à 500 000 le nombre de personnes sont mordues chaque année.

Une question d’éducation

L'autorité est très importante dans l'éducation des chiens.

Les propriétaires d'animaux des deux catégories de chiens dangereux doivent répondre à un certain nombre de critères. Ils doivent être majeurs, déclarer leur chien en mairie, les museler en public et les faire vacciner contre la rage (alors que ce n'est plus le cas pour les chiens non dangereux).

La loi est encore plus stricte avec les propriétaires de chiens d'attaque. Leur stérilisation est, par exemple, obligatoire. Mais l'agressivité d'un chien ne dépend pas seulement de sa race, c'est en général l'éducation qui conditionne le comportement. Malgré cela, le réaction de l'animal, parfois imprévisible, peut entraîner des drames.

Une gueule pleine de microbes

Lors d'une morsure, les microbes contenus dans la salive du chien passe dans le sang de sa victime.

La gueule de l'animal peut contenir des microbes, qui vont contaminer la plaie.

La première infection à laquelle on pense, c'est bien sûr la rage. Pourtant, depuis 2001, la France est déclarée indemne de la rage, ce qui n'empêche pas certains départements comme la Moselle d'être sous étroite surveillance et quelques alertes dues à l'importation de chiens enragés. Cela avait été le cas en 2004, en Aquitaine, où un chiot ramené du Maghreb avait valu à 187 personnes d'être traitées de manière préventive.

Aujourd'hui, la vaccination des chiens et des chats contre la rage n'est plus obligatoire, sauf pour faire garder votre animal dans un chenil, voyager à l'étranger ou séjourner dans un camping. Car la rage reste une maladie mortelle.

Lorsqu'un animal enragé mord, le virus contenu dans sa salive entre en contact avec le sang de sa victime puis remonte les nerfs et bloque leur action sur les muscles. Bouger devient impossible et le décès est inéluctable au bout de quelques jours.

Le tétanos
peut aussi être transmis par le chien lorsqu'il mord. Le principe est le même que pour le virus de la rage mais on dispose d'un vaccin qui protège contre le tétanos. Encore faut-il que les vaccinations soient à jour, ce que les adultes oublient souvent !

Que faire en cas de morsure ?

Attention, images d'intervention chirurgicale : il faut veiller à ce que les tendons ne soient pas touchés par la morsure.

La plupart du temps, ce sont les enfants qui se font mordre, et le plus souvent au niveau de la tête, du cou ou des membres.

En cas de morsure, lavez abondamment la plaie à l'eau et au savon (le mieux étant d'utiliser du savon de Marseille) et consultez un service d'urgence (au besoin, appelez le 18 ou le 15), car toute morsure présente un risque d'infection, surtout si elle est profonde.

Pour ce qui est du chien mordeur, il doit être mis sous surveillance vétérinaire pendant deux semaines, pour voir s'il est bien vacciné et surtout, vérifier qu'il n'a pas la rage.

S'il ne développe aucun signe de la maladie, c'est que tout va bien. Lorsque le chien n'est pas connu, qu'il est donc impossible de le surveiller, le traitement est adapté en fonction de la vaccination du patient.

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