Le jeûne, une arme contre le cancer... chez la souris

La privation de nourriture pour lutter contre le cancer ? Il semblerait que cela ait un impact, du moins chez la souris. Il est encore trop tôt pour étendre les conclusions de l'étude à l'homme.

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Le jeûne, une arme contre le cancer... chez la souris

- Entretien avec le Pr. Jean-François Morere, oncologue à l'hôpital Avicenne, invité dans le Magazine de la santé du 9 février 2012 -

 

De courtes périodes de jeûne seraient, dans certains cas, aussi efficaces que la chimiothérapie pour lutter contre le développement des cellules cancéreuses. C'est ce que montre une étude américaine, menées sur des souris de laboratoire, et qui vient d'être publiée dans la revue Science Translational Medicine.

Efficace chez la souris

Sur huit types de cancer observés chez des souris, cinq ont réagi aussi bien au jeûne qu'à la chimiothérapie. L'explication donnée par les chercheurs est que le fait de ne pas manger permettrait aussi de ne pas "nourrir" la tumeur, ce qui freinerait sa croissance et sa propagation. Le jeûne pourrait venir compléter l'action de la chimiothérapie et renforcer son efficacité. Les chercheurs ont noté que de multiples périodes de jeûne combinées à la chimiothérapie guérissent 20 % de certains cas de cancers très agressifs chez la souris. Ce taux atteint 40 % pour les souris atteintes de ces mêmes cas de cancers, mais moins étendus, alors qu'aucune souris n'a survécu parmi celles traitées uniquement avec une chimiothérapie.

Application humaine encore très incertaine…

Attention toutefois à ne pas tirer de conclusions hâtives concernant une éventuelle application de ces résultats en médecine humaine. Le principal auteur de l'étude le reconnaît lui-même : nous ne savons pas si le jeûne est efficace pour l'homme et il faudrait mener des essais cliniques pendant plusieurs années pour le découvrir. Les malades supporteraient-ils seulement physiquement la privation de nourriture ? Le jeûne est assez violent pour l'organisme et peut provoquer des chutes de tensions et des maux de tête, même chez une personne saine.

Le résultat d'un essai clinique de phase 1, fait sur des patientes atteintes de cancers du sein, du canal urinaire et de l'ovaire, va être présenté à la prochaine conférence annuelle de la Société américaine de cancérologie (ASCO). Cet essai clinique nous permettra de savoir si des malades du cancer sont capables de tolérer le jeûne pendant deux jours avant une séance de chimiothérapie, et encore un jour après.

Source : Sci. Transl. Med. DOI: 10.1126/scitranslmed.3003293

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