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Couple : que faire en cas de panne de désir ?

Dans un couple, le désir connaît inévitablement des fluctuations avec le temps. Et le confinement lié à la pandémie de covid-19 peut également avoir un impact sur la libido et majorer les difficultés. Comment mieux vivre une différence de désir dans le couple ?

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Couple : que faire en cas de panne de désir ?
Couple : que faire en cas de panne de désir ?
Sommaire

Je n'ai plus envie de lui ou d'elle, que faire ?

  • Comment gérer une baisse de désir ponctuelle ?

L'homme ou la femme dont le désir est en berne se retrouve souvent totalement démuni(e). Il ou elle se laissera parfois séduire par les sirènes de l'infidélité pour être stimulé(e) par la nouveauté et rassuré(e). Mais avant de choisir dans cette option radicale et périlleuse, une réflexion sur soi et sur son couple s'impose.

Les premiers temps, il est essentiel de prendre conscience du caractère fluctuant du désir et surtout de ne pas culpabiliser. Le désir est capricieux, sensible à tellement de facteurs personnels, familiaux ou professionnels qu'il est non maîtrisable. C'est justement ce qui fait son charme et sa puissance, encore faut-il l'accepter !

Une analyse honnête permet parfois d'y voir plus clair : est-ce une période particulièrement stressante ou fatigante sur le plan professionnel ou personnel ? Les contraintes logistiques de la maison étouffent-elle la libido ? Des solutions concrètes peuvent parfois être trouvées pour soulager stress, fatigue, surmenage ou charge mentale. De plus, expliquer ce qu'il se passe à son (sa) partenaire permet de l'aider à mieux comprendre et d'être rassuré(e). "C'est ponctuel, l'amour est toujours là, vous avez juste besoin d'un peu d'espace le temps de vous retrouver" : mettre des mots sur une situation incompréhensible pour l'autre et donc source d'angoisse, est préférable. Proposer un massage au lieu d'une étreinte est une parenthèse de tendresse, entretenant la complicité.

Autre raison fréquente, un conflit larvé ou explicite dans le couple. Dans ce cas-là, il faut apprendre à exprimer sa frustration ou sa colère quand elle se manifeste. Cela lui évite de revenir en "boomerang" : les non-dits parasitent inévitablement la sexualité et se retrouvent dans le lit entre les partenaires. Lorsqu'un désaccord s'infiltre dans le couple, il vaut mieux en parler directement pour qu'il ne s'amplifie pas (et après la dispute, les retrouvailles sur l'oreiller apaisent les tensions !). Un thérapeute de couple peut aider à rétablir le dialogue quand il est rompu ou inefficace.

  • La masturbation, un bon régulateur du désir...

La masturbation est là pour aider celui ou celle au désir plus fort à ne pas être trop frustré(e) et à ne pas étouffer l'autre de son désir. Même si elle ne remplacera jamais l'envie et le besoin de tendresse, de partager une intimité physique, la masturbation est une excellente façon de réguler la différence de désir. Elle est toutefois la proie d'idées reçues qui n'ont pas lieu d'être. Ainsi certains vivent très mal la découverte d'un plaisir solitaire et se sentent parfois trompés… les caresses sont pourtant complémentaires de la sexualité du couple et ne traduisent pas une infidélité. Chacun est autonome dans son plaisir et a le droit à un jardin secret, concernant ses fantasmes et ses envies intimes ; se caresser offre un plaisir différent des orgasmes en couple, et complémentaire. Il permet aussi de réguler la frustration en période de carence sexuelle !

  • Une remise à plat est parfois nécessaire

Accepter les variations de désir revient à ne pas remettre en cause l'amour de l'autre dès que son désir a une baisse de régime, à ne pas lui mettre trop de pression quand il se refuse, à ne pas l'accuser à tort de la routine qui s'est installée (ce n'est jamais tout noir tout blanc). La tendresse peut prendre le pas un moment, jusqu'à ce que la flamme sexuelle s'embrase à nouveau. Et si la baisse de désir dure, une remise à plat est parfois nécessaire pour comprendre si la sexualité du couple est en cause, pour quelles raisons et comment la faire revivre. Ce peut être l'occasion de faire un point salutaire pour repartir sur de meilleures bases ! Et lorsque malgré la meilleure volonté du monde et un dialogue franc, la situation ne s'améliore pas, il est toujours temps d'en parler à son généraliste ou son gynécologue, voire à un sexologue et de faire un point sur son couple.

Routine, sécurité affective et libido

La routine est parfois invoquée pour expliquer une baisse de désir, tout comme le développement d'autres priorités comme les enfants. Le sentiment de sécurité affective est également en cause : l'amour, au moins au début, s'accompagne de la peur de perdre l'autre, qui démultiplie le désir ! Avec le temps, on oublie que l'autre n'est pas acquis et que tout peut arriver. S'en souvenir pousse davantage à prendre soin de son couple. Le désir s'entretient autant que l'amour...

Covid-19 et confinement, un fort impact sur le désir

  • Une répercusion positive ou négative sur le désir

Le contexte du printemps 2020 a très souvent une influence sur le désir : elle l'augmente ou le diminue, en fonction du niveau d'entente sexuelle et globale des couples, mais aussi d'autres paramètres comme les répercussions psychologiques de la pandémie. La situation anxiogène pousse certains à se reconnecter à la vie en faisant l'amour. La libido est un élan de vie : désir et plaisir font se sentir particulièrement vivant(e). Mais le désir sexuel est parfois éteint par la situation actuelle : l'angoisse du virus ou le stress du chômage et des répercussions économiques de la crise étouffant la libido. Le confinement ne facilite pas son expression : les couples font moins "d'efforts' vestimentaires et de séduction, ils sont souvent stressés par le cumul d'activités (télétravail, scolarité des enfants, logistique de la famille,...) et peu habitués à la promiscuité 24 heures sur 24. Or le désir se nourrit de l'absence, qui est très rare en confinement...

  • Des aménagements pour stimuler le désir...

Il est donc souhaitable de créer une distance physique en se ménageant des espaces-temps seul(e) au cours de la journée, en faisant une pause ou une balade solitaire, en travaillant dans des pièces séparées si l'habitation l'autorise, voire en passant ses appels téléphoniques ou en assistant à des "apéros vidéos" seul(e) pour recréer une vie sociale séparée. Les couples n'auront que plus de plaisir à se retrouver.

La performance et la pression sont très marquées dans notre société, et si l'on écoute certains pseudo-experts des plateaux de télévision, il faudrait absolument profiter du confinement pour faire du sport tous les jours, relire tout Proust, trier ses placards, faire son pain soi-même ainsi que tester de nouveaux petits plats. Ce qui rajoute un peu plus de pression et de stress, inutile et délétère... La pression peut également être mise sur le (la) partenaire, surtout quand il (elle) ne vit pas le confinement et la pandémie de la même façon que nous. Cette pause forcée offre l'occasion de réfléchir à son rapport à la performance, dans tous les domaines y compris relationnel et sexuel. Le stress est d'ailleurs connu pour altérer la sexualité, avec une baisse de libido ou un trouble de l'érection par exemple. Différents moyens sont à mettre en oeuvre en fonction de ses goûts : techniques de relaxation, activité physique, prise de distance assumée face à la performance, voire une thérapie (les psychologues, sexologues, psychiatres continuent à faire de la téléconsultation).

Si l'on a envie de stimuler un peu sa libido, on peut profiter du confinement pour nourrir son imaginaire érotique, à l'aide de littérature érotique, podcasts ou films,... Pourquoi ne pas abandonner ses écrans, connus pour leur nocité sur la sexualité, au profit d'un podcast voxxx ensemble pour être inspiré.e.s ? Ou lire langoureusement un passage d'un livre érotique à son (sa) partenaire ? C'est l'occasion de recréer un espace pour rêver à ses envies sexuelles et cultiver ses fantasmes.

Pas de panique si le désir n'est pas là : la situation est exceptionnelle. La tolérance, la bienveillance sont donc indispensables actuellement, envers soi-même et envers son (sa) partenaire. Le confinement aura forcément une fin, il suffit de s'armer de patience, de compréhension et de tendresse : même si la libido n'est pas au rendez-vous, conserver le contact physique, prendre la main de l'autre, l'embrasser entretiendra la connexion des corps et l'amour...

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par Dr Charlotte Tourmente Twitter journaliste à la rédaction d'Allodocteurs.fr