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Le sexe, un allié contre le stress ?

Le stress envahit nos vies et il s'invite parfois sous la couette, altérant le désir comme l'érection, la lubrification et le plaisir. Bonne nouvelle, le sexe est aussi le meilleur des anti-stress !

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Le sexe, un allié contre le stress ?
Le sexe, un allié contre le stress ?
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Un impact sur le désir, l'excitation et sur le plaisir

Le stress aigu a un objectif louable : augmenter nos capacités à gérer les défis en mobilisant nos aptitudes physiques et psychologiques. Cela passe par la production d'hormones anti-stress, avec en tête de fille l'adrénaline et le cortisol. Lorsqu'il devient chronique ou trop intense, ses répercussions deviennent négatives, y compris sur le plan sexuel.  y compris sur le plan sexuel. La sexologue et psychologue Magali Croset-Calisto, l'explique dans son livre Moins de stress grâce au sexe, chez Albin Michel : "J’ai mené un travail de recherches sur plusieurs années pour comprendre les « liaisons dangereuses » mais également les « liaisons heureuses » entre stress et sexe. Les bénéfices de l’amour et de la sexualité sur la santé des individus sont nombreux, tant d’un point de vue physique que psychologique. Mais lorsque le stress envahit les êtres et le couple, ses effets peuvent être dévastateurs : maladie cardio-vasculaires, déficit immunitaire, troubles lombaires ou inestinaux, fatigue et burn-out, insomnies, addictions… La sexualité n’est pas en reste non plus, beaucoup d’hommes et de femmes viennent en cabinet de consultations pour des troubles de l’érection, des éjaculations précoces, des douleurs lors des rapports (dyspareunies) ou une baisse de désir notoire..."

Il entrave l'éclosion du désir pour plusieurs raisons. Les préoccupations prennent toute la place dans l'esprit et n'incitent pas à en faire une aux galipettes. Il est difficile de s'abandonner aux caresses mais aussi d'être réceptif à l'autre dans ces circonstances. Ou réceptive… car les femmes sont les grandes victimes du stress, elles qui gèrent souvent une vie professionnelle et une vie familiale aussi dense l'une que l'autre, associée à une fatigue majeure. La sexualité paie un lourd tribut à la fameuse charge mentale.

"Malgré les avancées, beaucoup de femmes ont encore la sensation de faire deux journées en une et d’être livrées à elles-mêmes face à l’organisation de la structure familiale, confirme Magali Croset-Calisto. La charge mentale coupe court aux instants privilégiés du présent, elle induit une détemporalisation dans la vie des femmes qui doivent gérer, organiser, planifier sans cesse. Dans ce contexte, il est très difficile de pouvoir se rendre disponible à l’amour et à l’érotisme."

De grandes variations selon les individus.

Les réactions au stress sont très variables d'une personne à l'autre : nous avons chacun une tolérance au stress qui nous est propre et qui peut varier suivant les domaines stressants ou selon les périodes. Certains utilisent les vertus anxiolytiques et apaisantes du rapport sexuel et de l'orgasme pour se détendre. Le stress ne paralyse pas leur désir puisqu'ils gèrent mieux le stress et que l'objectif ultime les motive. D'autres en revanche sont "paralysés" par le stress et ils ne trouvent pas l'état d'esprit et de corps pour s'abandonner à l'étreinte.

Un impact sur l'érection, la lubrification et le plaisir

Même lorsque le désir est suffisant pour initier une approche, l'adrénaline joue des tours aussi bien à l'érection qu'à la lubrification ! Elle s'oppose à la dilatation des vaisseaux, qui joue un rôle majeur dans la survenue des manifestations d'excitation sexuelle. Le but est de préserver la vascularisation des organes vitaux et celle des muscles en diminuant celle des organes périphériques, dont font partie les organes génitaux… Question de priorité ! Or l'apport de sang est indispensable à l'érection comme à la lubrification. De surcroït, un cercle vicieux peut se mettre en place une fois que l'on a constaté une première "panne" : son souvenir majorera le stress, qui amplifiera la panne.

Troisième victime du stress, le plaisir. Plusieurs raisons entrent alors en jeu. Certains reconnaissent moins bien la montée de l'orgasme. Chez les hommes, le stress agit sur le seuil de l'éjaculation qu'il abaisse. En d'autres termes il faut une excitation inférieure à d'habitude pour éjaculer : une éjaculation survient donc plus rapidement.

Chez d'autres, la raison est dans la tête ! Le cerveau fourmille de pensées qui le parasitent et empêchent de se concentrer sur ses sensations. Il est alors plus difficile, voire impossible de s'abandonner totalement. L'acmé de la jouissance devient inatteignable….

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La sexualité, un puissant anti-stress

Des travaux montrent que le sexe s'avère être un puissant anti-stress. Il inonde le corps d'un véritable cocktail relaxant, grâce à la production des endorphines, surnommées les hormones du bonheur. La sérotonine, produite après l'orgasme, explique cette sensation de bien-être si particulière. L'ocytocine en renforçant le lien contribue également à diminuer le stress. La vasopressine et la dopamine complètent ce shoot d'hormones, associée à une petite dose d'adrénaline ! Le rapport sexuel est un effet vécu par le corps comme un stress mineur et motivant, qui renforcent les interactions sociales et les relations personnelles (source : Manuel de sexologie, éditions Masson). D'autre part, l'activité physique, dont fait partie le rapport sexuel, conduit aussi à diminuer la production des hormones de stress et par conséquent la pression artérielle, la fréquence respiratoire et la vasoconstriction des vaisseaux. Des manifestations qui ont pour effet de baisser le stress...

Excellente nouvelle, les bienfaits sexuels ne se limitent pas à la durée du rapprochement mais s'étendent au-delà de quelques jours, d'après plusieurs études (comme celle de Kashdan, dans les Archives of sexual behavior). De quoi se motiver pour une étreinte plaisante et relaxante ! La qualité de la relation entre probablement en jeu, tout comme le déroulement du rapport car si le rapport est vécu comme stressant ou contraigant par l'un ou l'autre des partenaires, il perd évidemment ses vertus apaisantes.

"Le sexe peut fréquemment devenir un facteur de stress, analyse Magali Croset-Calisto. Mais il me semble important de rappeler que lorsqu’il est bien vécu, c’est à dire avec plaisir et abandon (deux conditions essentielles) le sexe sort l’humain du stress. Le sexe devient alors une solution utile et agréable pour réduire le stress parce que la sexualité renforce les défenses immunitaires et le système cardio-vasculaire de chacun. Le sexe est également un amplificateur de facultés mentales et un facilitateur de sommeil. Il joue par ailleurs un rôle d’antidépresseur propice au bien-être et à la préservation de l’équilibre humain. C’est pourquoi, choisir la sexualité comme parade ou contre-pouvoir au stress est une piste tangible qui vaut la peine d’être testée !"

Se reprogrammer différemment

Dès lors, il convient de se reprogrammer et de s'ouvrir à la sexualité même lorsque l'on subit un stress. Autrement dit, il faut à la fois agir sur sa façon de voir les choses et sur le facteur stressant.

La première étape consiste à l'identifier et à déterminer comment améliorer la situation. Par exemple, si c'est la logistique de la maison qui pose problème, il y a forcément un moyen de l'améliorer avec un peu de réflexion et un point de vue différent. S'il n'est pas possible d'agir sur ce facteur, la seule solution est de prendre de la distance et d'apprendre à mieux vivre son stress (voir paragraphie ci-dessous).

Il est aussi possible d'apprendre à relativiser et à prendre du recul, au moins temporairement. Cela demande du travail et de la discipline mais en faisant de la lutte contre le stress une priorité et en arrêtant de le subir, on le gèrera mieux.

Diminuer la charge mentale et gérer son stress

Concernant la charge mentale des femmes, la sexologue Magali Croset-Calisto propose dans son ouvrage quelques petits exercices, comme le « sex-time », pour se retrouver en harmonie et sur un temps donné avec son/sa partenaire, par le biais des vertus de l’amour et de la sexualité. "Il s’agit alors d’inverser les liaisons dangereuses du stress et du sexe en liaisons heureuses, car plus on fait l’amour et moins on est stressé, et moins on est stressé et plus on fait l’amour."

Il existe plusieurs façons d'agir sur son stress et il suffit de trouver celle qui convient le mieux. Certains opteront pour la relaxation ou du yoga, un bain chaud ou un bon massage. D'autres préfèreront une grande balade dans la nature, un moment entre amis ou une séance de sport. Si rien n'y fait, que le stress provoque une souffrance, qu'il a un impact sur la vie professionnelle ou personnelle, il ne faut pas hésiter à consulter un psychologue pour apprendre à prendre du recul et retrouver sa sérénité.

Débrancher son cerveau 30 minutes ou une heure pour des retrouvailles sensuelles ne changera pas la situation stressante mais cela offrira la possibilité de vous reconnecter à votre corps et à celui de votre partenaire, pour bénéficier des bienfaits de la sexualité. Ce qui permettra de mieux vivre l'élément stressant. Un cercle vertueux, qui aura des bénéfices autant sur la tranquillité d'esprit que sur le couple…

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