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Cinq idées reçues sur la sexualité

La polygamie est dans la nature des hommes, l'éjaculation est impossible à maîtriser, les femmes jouissent forcément avec une simple pénétration. Ce ne sont que quelques-uns des nombreux préjugés polluant notre vie sexuelle. Alors autant les chasser de son lit ! 

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Cinq idées reçues sur la sexualité
Cinq idées reçues sur la sexualité
  • Un homme peut faire l’amour plusieurs fois de suite

Vrai, mais surtout quand il est jeune...

Les hommes préfèrent-ils faire l'amour le matin ?

Un homme se réveille souvent avec une érection matinale (qui ne s'explique pas par le désir mais sans doute par une oxygénation des corps caverneux).  Alors il a souvent envie d'en profiter, d'autant plus que ce n'est plus forcément le cas après une journée stressante de travail... Mais une femme n'a pas toujours le temps ni l'envie de profiter du réveil triomphant de son homme ! Avec les enfants à préparer, à faire déjeuner et à emmener à l'école, le timing est serré. Et bien souvent, elle préfère faire l'amour une fois qu'elle a réglé toutes les impératifs de la journée. Le dialogue est alors nécessaire pour trouver le moment propice...

 

Après une éjaculation, l'homme rentre dans une phase particulière appelée période réfractaire : le sang quitte les corps caverneux, l'érection retombe et l'homme n'est plus capable de pénétrer sa partenaire. C'est physiologique donc normal ! Au début de la vie sexuelle, cette période dure quelques secondes ou minutes, puis un nouveau rapport est possible. Elle s'allonge ensuite progressivement : après 80 ans, il n'est pas rare que la période réfractaire dure un à plusieurs jours.  Ce délai est variable selon les hommes et il peut diminuer si l'excitation est très forte.

Certaines personnes estiment qu'un bon amant est capable de faire l'amour plusieurs fois de suite. Mais est-ce réellement essentiel? Absolument pas… C'est le plaisir pris à deux qui prime, bien évidemment. De plus, un rapport sexuel ne se limite pas à la pénétration, si la partenaire a envie de prolonger les ébats, parfois parce qu'elle n'a pas encore trouvé tout le plaisir qu'elle attendait, la stimulation du clitoris par le partenaire ou les jeux avec un sextoy sont des possibilités à ne pas oublier. Et s'il s'agit d'un homme, la masturbation ou une fellation l'amènera au plaisir.

  • Toutes les femmes ont un orgasme avec une pénétration

Faux.

La sexualité reste encore trop souvent centrée sur le pénis : certains hommes croient toujours que leur partenaire jouit facilement avec une simple pénétration. Ce qui n'est forcément le cas, loin de là ! 18 à 33% des femmes seulement, selon les études, ont un orgasme avec uniquement la pénétration. En revanche, une stimulation du clitoris (par la femme ou par son partenaire) augmente grandement le plaisir et l'orgasme... Et si l'homme n'est pas à l'aise ou ne sait pas comment caresser sa partenaire, il suffit simplement de lui demander de le guider ou de de lui montrer. 

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Une étude avait retrouvé un trio gagnant pour faciliter le plaisir féminin : des baisers langoureux, une stimulation avec les doigts du vagin et un cunnilingus. Messieurs, à vous de jouer !

  • L'homme est polygame de nature

Faux…

L'un des arguments étayant cette affirmation voudrait que les animaux ne soient pas fidèles et par extension, que l'homme est un animal (ce qui est très réducteur !).. D'une part, tous les animaux ne sont pas polygames, même si une grande majorité l'est ; les campagnols des champs, les loups ou  encore les singes gibbon sont fidèles à une femelle. Pourquoi les hommes devraient-ils rejoindre le camp des plus nombreux ? D'autre part, l'Homme, en tant qu'espèce, est-il un animal comme les autres ? Pour certains, la réponse est négative puisqu'il se différencie des animaux par son niveau de conscience : il est doué d'une conscience qui le pousse à réfléchir sur lui-même (qui suis-je, d'où viens-je et vais-je tromper ma femme, pour caricaturer un peu). La réponse à cette dernière question se situe à plusieurs niveaux.

Chaque société impose sa conception au sujet de la mono ou polygamie : les favorites des rois ne choquaient personne à l'époque, les harems des sultans non plus. Aujourd'hui, nous sommes plutôt des monogames en série, enchaînant plusieurs relations de couple au cours de notre vie, avec parfois des "coups de canif" dans le contrat de la fidélité. Alors fidèle ou "infidèle"  ? A chacun de réfléchir à ses valeurs personnelles et ses envies, au-delà de l'aspect culturel. Et surtout de trouver en lui sa propre réponse, susceptible d'évoluer selon les périodes de sa vie et la personne qui partage sa vie. Il semble toutefois inutile de faire appel aux animaux pour justifier sa réponse…

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  • L’homme ne maîtrise pas son éjaculation

Faux

L'éjaculation est un réflexe et par définition ne se contrôle pas mais l'homme peut apprendre à l'apprivoiser. Comment ? Tout simplement en connaissant son corps et en repérant les signes qui précèdent son éjaculation : il peut s'agir d'une tension à la racine du pénis, du gland, ou une décharge élecrique, d'une sorte de frottement dans le bas-ventre, au moment où le sperme passe dans l'urètre prostatique, suivi de l'envie d'éjaculer. C'est à ce moment-clé qu'il est possible d'agir, même s'il est court et qu'il demande une bonne connaissance de son corps.

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Pour retarder l'éjaculation, l'excitation doit redescendre : en freinant les mouvements du bassin, en changeant de position durant un rapport ou en ralentissant les mouvements de la main lors de la masturbation. 

Autres conseils pratiques plus faciles à mettre en oeuvre et sans courir le risque de perdre son érection : l'homme peut allonger sa respiration en respirant de façon profonde, fermer les yeux pour ne plus voir ce qui l'excite (les seins de sa partenaire par exemple) ou comprimer son pénis pour interrompre le processus.

  • Les hommes n'aiment pas les préliminaires

Plutôt faux

Soyons honnêtes, certains mâles en rut ne recherchent qu'un bref coït centré sur leur propre plaisir. Passons… Sur un plan purement physiologique, il est évident que les hommes ont moins besoin des préliminaires que les femmes puisque leur pénis se gonfle de sang rapidement à l'inverse des organes sexuels de la femme. Cette remarque est toutefois à nuancer car certaines femmes, se connaissant bien maturité sexuelle, peuvent lubrifier en quantité abondante rapidement et sont prêtes à la pénétration rapidement.

Mais certains hommes voient dans les préludes un moment propice à renforcer leur érection, à les mettre en confiance avant la pénétration et à augmenter l'intensité de leur orgasme par la suite. Certains apprécient vraiment ces moments intimes qu'ils considèrent comme une préparation sensuelle de leur amante. Baisers et caresses offerts au corps entier, instants de douceur érotique et gourmande... il revient aux amants de transformer les préliminaires en jeux érotiques dont la durée convient aux deux !

  • La fellation et le cunnilingus sont sans risque

Faux

Même s'il est moindre qu'avec la pénétration, le risque de transmission d'infections sexuellement transmissibles est bien réel. Le sperme, le liquide séminal, les sécrétions vaginales sont en effet susceptibles de contenir le VIH. Et celui ou celle qui effectuent la fellation ou le cunnilingus est plus à risque que celui ou celle qui la reçoit. Le risque est augmenté en cas de lésion dans la bouche (plaie suite à un soin dentaire, gingivite, angine, aphte), de lésion dans la gorge provoquée par une autre IST (syphilis, gonorhée transmis par… une fellation ou un cunnilingus) ou lors de règles pour le cunnilingus.

L'herpès, la syphilis, le papillomavirus, le chamydia, l'hépatite B et le gonocoque peuvent aussi être transmis.

La grande majorité des gens n'ont pas conscience de ces risques ou trouvent trop désagréable d'utiliser un préservatif non lubrifié ou pour le cunnilingus une digue dentaire (un préservatif coupé dans sa longueur). Il faudrait pourtant les imposer, quitte à les abandonner une fois les tests de recherche des IST réalisés et montrant l'absence d'infection. Et en cas de prise de risque, le dépistage est impératif.

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