Des douleurs lors des rapports sexuels

Chat du 13 septembre 2013 avec les réponses du Dr Charlotte Tourmente, psycho-sexologue et Joëlle Souffir, kinésithérapeute spécialiste de rééducation périnéale.

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

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Les réponses du Dr Charlotte Tourmente, psycho-sexologue et de Joëlle Souffir, kinésithérapeute spécialiste de rééducation périnéale

Elles sont variables, il peut s'agir du stress, d'un conflit latent au sein d'un couple, de l'anticipation et du souvenir de la douleur provoquée par une cause organique (physique), d'une éducation culpabilisant le plaisir sexuelle, générant une culpabilité ou une honte, etc.

Un examen gynécologique permettra de rechercher une cause physique. Certaines femmes après leur accouchement sur-investissent leur bébé et ont du mal à concilier le statut de femme et celui de mère.

Si l'examen vaginal manuel est possible, la rééducation permet de masser et détendre les muscles intravaginaux et l'apprentissage du relachement musculaire. Si ce n'est pas possible, l'utilisation d'images pour se représenter la région est possible, mais les résultats ne sont pas toujours probants.

Oui, lié à une infection par exemple.

Il s'agit vraisemblablement d'adhérences profondes, non accessibles à la main. Pour celles qui sont accessibles, ces adhérences peuvent siéger en plusieurs endroits du vagin, il faudrait faire explorer manuellement toutes les parois pour situer exactement la place et la nature (brulures, trait douloureux frottement...) Par ailleurs, le bilan douloureux doit être fait à un an de l'accouchement, elles peuvent en effet disparaitre spontanément au cours de la 1° année.

Oui, l'endométriose peut en général provoquer des douleurs profondes. Certaines positions peuvent être intéressantes.

Avez vous essayé les probiotiques vaginaux ?

Plutôt un sexologue ou psycho-sexologue, qui verra si sur la plan physique tout est normal, mettra en place une thérapie, améliorera la connaissance de votre anatomie, vous apprendra la relaxation pour que vous appreniez à vous détendre durant les rapports, verra si une rééducation kiné est envisageable (la pénétration manuelle doit être possible). Courage, le premier pas est le plus dur mais des solutions existent.

La rééducation périnéale comprend aussi le traitement des cicatrices, qui doit être fait avant la rééducation musculaire pour que tous les tissus puissent "glisser" et ne soient pas agressés en permanence. L'utilisation d'anesthésiques locaux est en général employée pour que les massages eux mêmes, fait par le kiné, ne soient pas eux mêmes douloureux.

C'est en général la région douloureuse, et c'est parfois lié à une contracture de "défense" de la musculature du vagin, lorsqu'on a subi une fois une douleur dans la région. La rééducation et le massage peuvent être essayés et bien fonctionner, mais si cela ne marche pas en peu de séances, il faut consulter.

Si les douleurs disparaissent une fois lubrifiée, c'est que la sécheresse vaginale est en cause. N'attendez pas d'avoir mal pour mettre des lubrifiants. Un gynécologue pourrait vous indiquer si le traitement quotidien de la sécheresse vaginale à l'aide d'ovules ou de lubrifiants est nécessaire.

Certains chirurgiens gynécologues proposent une petite intervention qui souvent donne de très bons résultats après une période de cicatrisation.

La libido peut diminuer à cause des douleurs qu'on n'a pas envie de provoquer, mais il peut y avoir d'autres origines, psychologiques et/ou relationnelle. Il faut en parler avec votre gynécologue pour essayer de trouver quel est le facteur premier à votre problème.

Au bout de 7 mois, les cicatrices ne devraient plus faire mal. Ca vaudrait le coup d'en parler à votre gynécologue afin qu'il vérifie que tout va bien. Il est également possible que l'appréhension de la douleur diminue la lubrification, ce qui majore la douleur. Un cercle vicieux se met en place, même si les cicatrices ne sont plus en cause. Un psycho-sexologue vous aiderait à dépasser la douleur.

Consultez, il y a des gynécologues et des dermatologues spécialisés qui pourraient reprendre les points douloureux des cicatrices.

Oui. Videz bien votre vessie avant chaque rapport et voyez votre médecin pour un traitement.

Il s'agit peut-être d'une vulvodynie, il faudrait trouver un spécialiste dermatologue dans votre région.

Consultez en service neurologique spécialisé, la névralgie pudendale déclenche plusieurs niveaux de gènes douloureuses et chacune peut avoir sa réponse thérapeutique. Le sujet est vaste et complexe.

La douleur est un tue-libido. Il faut beaucoup de patience pour améliorer un vaginisme, ne désespérez pas. Consultez à nouveau un sexologue ou psycho-sexologue. Courage !

Il y a plusieurs sortes de dyspareunie, et les propositions de traitements sont différentes. Il faut consulter pour déjà déterminer l'origine.

La levrette entraîne une pénétration très profonde, un utérus rétroversé peut être en cause. Essayez les positions moins profondes, variez les plaisirs pour ne pas focaliser sur votre douleur.

Consultez un gynécologue afin de vérifier qu'il n'y a pas une infection, une cause organique (physique). La pratique de l'hypnose donne de bons résultats pour se détendre et apprendre à vivre au présent, sans penser à la douleur passée ni celle à venir.

Après examen gynécologique complet et recherche de germes possibles, tout à fait mais elle peut être accompagnée de traitements locaux et de massages.

Il faut consulter un dermatologue. Les lubrifiants sont indispensables, ou les gels hydratants.

Osez, ils sont habitués : c'est leur métier. Les traitements que vous prenez ne sont vraisemblablement pas adaptés, il faudrait faire un prélèvement afin de s'en assurer.

Elles sont fréquentes chez la femme dès les premiers rapports, les douleurs quand elles existent sont variables. Un examen gynécologique simple les met en évidence.

Une thérapie auprès d'un sexologue ou psycho-sexologue vous permettrait d'apprendre à vous détendre (relaxation, hypnose,...). C'est normal d'appréhender la douleur mais vous pouvez apprendre à dépasser ces souvenirs désagréables et à profiter d'un renouveau sexuel.

La toxine botulique n'a pas cette indication, elle crée une "paralysie" transitoire de la fibre musculaire, et une zone irritée ne semble pas à priori neurologique.

Il faudrait des prélèvements pour vérifier s'il s'agit d'une mycose ou d'une autre infection et avoir un traitement adapté.

Non, la rééducation peut traiter certaines douleurs le plus souvent cicatricielles, mais l'absence de rééducation ne crée pas de douleurs.

Oui, il peut s'agir de cystite provoquée par les rapports (videz bien votre vessie avant le rapport, buvez bien de l'eau). Il peut également s'agir d'une inflammation de l'urètre (après un cunnilingus par exemple), ou de manifestations urinaires d'une atteinte vaginale.

Oui.

Consultez pour savoir si votre problème n'est pas une indication de traitement oestrogènique, au moins par voie vaginale.

Sur le site du syndicat des médecins sexologues (consultation prise en charge dans ces cas-là) ou des psychologues sexologues.

Voilà une grosse punition ! Peut être prendre un autre avis et voir un sexologue avec votre petit ami.

Alors, oui certains médicaments peuvent diminuer la libido et la douleur fait également baisser l'envie de rapport sexuel puisqu'ils sont douloureux. Mais il y a peut-être un facteur psychologique : regrettez-vous votre premier copain ? Vous autorisez-vous à ressentir du plaisir avec un autre que lui ? Cela se passe-t-il bien avec votre ami actuel... ?

Bien sûr, d'abord parce qu'on entre dans un cercle vicieux douleurs/crainte de la douleur/défense, et puis parce que la sexualité est un domaine délicat et que si ça fait mal, il est légitime d'être un peu découragé(e) et de na pas souhaiter recommencer.

Peut-être est-ce dû au fait que vous êtes un peu tendue au début du rapport, que vous n'êtes pas assez lubrifiée au début du rapport, ne négligez pas les préliminaires. Il faudrait également un examen gynécologique afin de vérifier que tout est ok. Consultez votre gynécologue ou un sexologue.

Beaucoup de labos sortent des produits de plusieurs types facilitant la lubrification, qui ont plusieurs modes d'action : probiotiques, acide hyaluroniques, produite à base d'huile essentielles etc... Renseignez vous auprès de votre pharmacien.

Le choix de l'oestrogène vaginal doit être fait par votre gynécologue en fonction de vos antécédents et de votre tolérance.

Il faudrait préciser : la douleur est juste avant la pénétration et ne dure pas, elle dure au moment de la pénétration, après,... ? Il faudrait en parler à votre gynécologue.

La plupart du temps oui, mais certaines positions sont plus douloureuses que d'autres parfois. Si la contracture n'est pas trop importante, il faut trouver votre position confortable.

Je ne peux pas répondre à cette question, mais il doit exister sur Internet des listes de services spécialisés avec le mot clé "pathologies vulvaires".

Internet rubrique "rééducation périnéale, ou pelvienne, ou pelvipérinéale ou urogynécologique IDF.

Les tensions au niveau des seins peuvent être dues à un manque de progestérone/excès d'oestrogènes. Les douleurs sont souvent dues à la sécheresse vaginale, le traitement n'est peut-être pas suffisant.

Tout à fait.

Faire examiner le lieu, le type de douleurs par votre gynécologue, seul lui peut vous donner un conseil.

C'est peut-être la douleur qui diminue l'envie de rapport sexuel (par anticipation), peut-être prenez-vous un médicament (contraceptif hormonal, certains antidépresseurs,...) ? Consultez un sexologue.

Les bacilles de D. favorisent la flore vaginale qui est nécessaire à avoir un vagin "en bonne santé" . Suivant votre âge, ménopause ou pas, votre qualité tissulaire, cela peut entrer en jeu, mais il peut aussi y avoir des rasisons multiples en même temps.

La douleur n'est jamais normale. Un bilan auprès d'un gynécologue et d'un sexologue médecin serait intéressant.

La lubrification vaginale nécessaire à un rapport confortable est créée à la fois par le désir et par la physiologie hormonale. Il faut éliminer les raisons organiques d'abord c'est à dire demander à votre gynécologue, si votre équilibre hormonal est correct.

Demander à votre gynécologue s'il ne serait pas utile de vous proposer un traitement de restauration des muqueuses après un traitement anti mycose ; parfois ces traitements peuvent irriter de façon durable.

Le rapport forcé est traumatisant, peut-être le revivez-vous inconsciemment à chaque rapport ? Une consultation auprès d'un psycho-sexologue serait bénéfique.

Tout dépend de l'origine et de la situation de la douleur.

La "boule" perçus à l'intérieur du vagin, associée à la pesanteur permet de soupçonner un début de descente d'organe (prolapsus) qui peuvent gêner aux rapports, du fait du frottement, de la compression des organes qui ne sont plus à leur place. Seul un examen gynécologique approfondi à la recherche d'une descente d'organes peut vous donner des précisions.

Une relaxation périnéale avec massage du périnée et de la cicatrice pourrait être intéressante.

Consultez un médecin sexologue.

Une thérapie auprès d'un psycho-sexologue ou sexologue médecin, l'apprentissage de la relaxation, l'identification ou pas de facteurs psychologiques pérennisant les douleurs peut-être provoquées par la reprise des rapports sexuels après votre accouchement, le surinvestissement de votre bébé, sont des pistes.

Les suites de cancer du sein traités par une hormonothérapie donnent souvent une atrophie vaginale. C'est votre type de cancer qui détermine si les oestrogènes vaginaux sont interdits ou pas. Vous pourriez essayer une rééducation à base de massage et de dilatateurs vaginaux qui peuvent donner une meilleur élasticité à vos tissus.

Non, une descente d'organes se met en évidence à l'examen clinique, et s'il est besoin d'un examen, votre gynécologue prescrira plutôt un colpocystogramme.

Il existe des intolérances aux médicaments antimycoses et même des intolérances au candida albicans lui même. Il faut consulter des dermatologues spécialisés en gynécologie.

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