Quels sont les médicaments à ne surtout pas mélanger ?

Quels sont les médicaments à ne surtout pas mélanger ?

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Les réponses avec le Pr Alain Astier, chef de pharmacie à l'hôpital Henri-Mondor (Créteil) et avec le Dr Judith Cohen Bittan, gériatre :

"Il existe des grands classiques. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ibuprofène®, Voltarene®, Diclofénac®…) sont des médicaments classiques utilisés pour la douleur. Un certain nombre de ces anti-inflammatoires sont en vente libre, sans prescription médicale. Ces médicaments posent des problèmes d'interactions, notamment avec des tas de produits fixés sur l'albumine dans le sang. L'albumine est une protéine qui a la capacité de fixer les médicaments. Et souvent ces médicaments anti-inflammatoires déplacent les médicaments fixés sur cette albumine, notamment des anticoagulants. Et cela pose des problèmes majeurs parce que si on déplace ce médicament anticoagulant de son site de fixation, il y en aura beaucoup plus dans le sang, libre, et il y aura une action grave en terme de risque de saignement.

"Pour les personnes sous anticoagulants, la question est de savoir s'il faut forcément donner des anti-inflammatoires ou pas… Avec les médicaments à marge thérapeutique étroite, c'est-à-dire que s'il y a un peu trop ou un peu moins il va y avoir des problèmes, on peut rencontrer des problèmes en terme de toxicité si on en a trop dans le sang, et des problèmes d'inefficacité si on n'en a pas assez. Cela concerne les anticoagulants, les anti-épileptiques, les anti-cancéreux… Ces problèmes d'interactions médicamenteuses sont particulièrement graves avec des médicaments dits à marge thérapeutique étroite."

"Chez les personnes âgées, il y a une contre-indication même aux anti-inflammatoires. Tout le monde ne fait pas très attention, il y a des problèmes d'automédication. Donc de principe, les anti-inflammatoires sont contre-indiqués après 75 ans parce qu'il y a beaucoup plus d'effets secondaires, il y a des risques digestifs, des risques de saignement… et donc a fortiori en association avec les anticoagulants et les antiagrégants. Le risque est alors multiplié.

"Pour une personne de 75 ans voire plus, qui a de l'arthrose et qui est sous anticoagulant, on n'utilise plus du tout les anti-inflammatoires, on se reporte vers d'autres antalgiques voire parfois la morphine qui a la réputation d'avoir beaucoup d'effets secondaires mais qui finalement chez les personnes de plus de 75 ans a moins d'effets secondaires que les anti-inflammatoires."