Quels sont les bienfaits des mûres ?
Les mûres font partie de notre alimentation depuis des millénaires. Mais quelles vertus renferment ces petites baies sucrées ?
Par Robin Couturier
Rédigé le
INCARNE_GENERALISTE_Bien-manger
Allo Docteurs - Newen Digital
C’est le fruit de la fin de l’été. Entre fin juillet et octobre, c’est la période pendant laquelle la mûre, à maturité, tombe dans nos mains. Souvent cultivée dans nos jardins, elle pousse aussi librement dans les bois. Comme le rappelle la Société Nationale d'Horticulture de France (SNHF), la culture de la mûre se fait sans difficulté, ce qui lui permet d'exister dans de nombreuses formes, ici et là, dans toutes nos régions. L’occasion pour nous de consommer un fruit chargé de bienfaits, local et de saison. À la bonne heure !
Les plus de 350 espèces de mûres identifiées à ce jour se retrouvent derrière le nom de leur forme ancestrale : Rubus fruticosus, aussi appelée ronce des bois, et originaire du Caucase. Consommée depuis la préhistoire, on peut dire que la mûre a longtemps nourri les humains. Elle a toujours été considérée comme précieuse, notamment pour ses bénéfices nutritionnels. Dans la mythologie grecque, par ailleurs, il est dit que les mûres proviennent du sang des Titans que ces derniers versaient lorsqu’ils combattaient les dieux. Alors, quels sont donc les véritables bienfaits que la mûre porte en elle pour mériter une telle légende ?
Des vitamines et du manganèse
S’il y a bien un domaine dans lequel la mûre sort du lot, c’est celui de l’apport en manganèse. La baie est chargée de cet oligoélément qui contribue au bon fonctionnement du métabolisme, à l’entretien de notre ossature, à la protection de nos cellules contre le stress oxydatif, entre autres. L’Agence pour la recherche et l’information en fruits et légumes (Aprifel) documente le fait que 100 g de mûres approvisionnent le corps à hauteur de 30 % des valeurs nutritionnelles de référence journalières (VNR), ce qui en fait une source privilégiée.
En ce qui concerne l’apport en vitamines de la mûre, il faut savoir bien choisir quelle espèce consommer pour répondre à ses besoins. La mûre noire, par exemple, est très riche en vitamine C : en moyenne 36,4 mg pour 100 g, ce qui correspond à 45,5 % des VNR. La mûre dite "de ronces" en est significativement moins fournie (10,10 mg pour 100 g). En revanche, cette dernière est une source importante de vitamine K, utile à l'entretien de l'ossature et à la coagulation du sang. La mûre de ronce est l’un des fruits qui en possède le plus : 14,10 µg pour 100 g, équivalent en moyenne à 18,8 % des VNR, toujours selon l'Aprifel.
La mûre, de surcroît, est une excellente source de fibres. Attention néanmoins à privilégier la mûre de ronces pour ce point précis. Cette espèce possède une teneur moyenne en fibres de 5,20 g pour 100 g, là où la mûre noire n’en dispose que d’1,7 g.
Attention aux parasites !
La consommation de mûres sauvages peut toutefois s’avérer dangereuse. Pour cause : elles peuvent être vectrices de l'échinococcose, aussi appelée "maladie du renard". Le canidé, se promenant dans les bois, peut abriter dans son intestin des vers parasites, appelés échinocoques, ou Echinococcus. Les œufs de cette espèce de ténia se retrouvent ensuite dans les déjections de l'animal. Et si ces dernières rentrent en contact avec des fruits ou des baies cueillis et consommés par l'humain, elles peuvent lui transmettre le parasite. Une contamination qui entraîne de lourdes conséquences sur la santé, en infectant le foie ou les poumons.
Pour se prémunir d’une contamination, il est donc recommandé de cueillir les fruits en hauteur, hors de portée des renards. Aussi, mieux vaut ne pas consommer le fruit immédiatement après l’avoir cueilli, mais plutôt le manger cuit au retour de cueillette, en tarte ou en confiture par exemple, car la cuisson détruit ces parasites.