Quels sont les bienfaits des moules ?

Les moules ne se savourent pas seulement accompagnées de frites ! Dans leur plus simple appareil, elles sont une mine de bienfaits pour l'organisme.

Mathis Thomas

Par Mathis Thomas

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Alimentation équilibrée : ce qu'il faut savoir pour manger sainement

Allo Docteurs - Newen Digital

On doit à la sérendipité quelques-unes des plus grandes avancées scientifiques et technologiques de l'histoire. Parmi les exemples les plus célèbres, on connaît la découverte "par accident" de la pénicilline par Alexander Fleming à la fin des années 1920, celle de l'Amérique par Christophe Colomb en 1492 ou bien encore la création du Viagra en 1998, initialement conçu par le laboratoire Pfizer dans le but de traiter les troubles cardiaques...

Une culture qui date du Moyen Âge

D'autres inventions tiennent plus de l'anecdote, mais doivent tout de même leur existence au fruit du hasard. C'est notamment le cas de la culture de la moule au bouchot, aussi appelée mytiliculture, dont la saison s'étale de juin à février, en fonction des variétés et des méthodes utilisées.

Si les moules sont dévorées depuis la Préhistoire, leur culture doit son perfectionnement à un marin irlandais du XIIIe siècle, Patrick Walton. Échoué au large de la baie d'Aiguillon, en actuelle Charente-Maritime, il aurait cherché à attraper des oiseaux pour se sustenter, à l'aide de filets tirés entre deux piquets plantés dans l'eau. À sa grande surprise, de nombreuses moules sont alors venues s'accrocher à la base immergée des piquets : la culture de la moule au bouchot était née !

Un petit mollusque riche en protéines

Aujourd'hui encore, la culture de la moule est particulièrement présente sur la côte charentaise. Plus de 11 000 tonnes de mollusques sont récoltées chaque année dans le département, selon un rapport de l'Ifremer publié en 2021. Toutefois, la moule fait partie de ces aliments que l'on consomme souvent sans vraiment savoir ce qu'ils nous apportent. Ce petit coquillage coche pourtant de nombreuses cases nutritionnelles intéressantes. 

La première et principale d'entre elles reste la forte teneur en protéines des moules. Selon le Ciqual, la table de composition nutritionnelle des aliments de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses), une portion de 100 g de ce mollusque cuit à l'eau fournit à l'organisme environ 17,2 g de protéines, soit plus qu'une portion équivalente d'œufs cuits (13,5 g pour 100 g). Les moules rivalisent même à ce sujet avec certains poissons, en particulier les poissons maigres, et certaines viandes. 

Quelles sont les qualités nutritionnelles des moules ?

"Les moules figurent parmi les aliments de la mer les plus intéressants pour leur richesse en fer", indique par ailleurs Luce Jean-Baptiste, diététicienne-nutritionniste. Avec environ 4 mg de fer pour 100 g, un repas à base de moules contribue de manière significative aux apports journaliers recommandés pour éviter une carence. D'autant plus que ce fer, dit héminique car d'origine animale, est par ailleurs bien mieux absorbé par l'organisme que le fer présent dans les aliments végétaux. 

Avec 2,85 mg pour 100 g, les moules sont également une source intéressante de zinc, un oligo-élément essentiel au bon fonctionnement du système immunitaire et à la cicatrisation. Elles apportent aussi du manganèse, du sélénium et du phosphore, qui contribuent respectivement à la protection des cellules contre le stress oxydatif, au bon fonctionnement de la thyroïde et à la solidité des os et des dents.

Les moules sont-elles riches en oméga-3 ?

Les poissons gras, comme le saumon, les sardines ou le maquereau n'ont pas le monopole de la richesse en oméga-3 ! "Les moules contiennent également ces « bonnes graisses »", signale Luce Jean-Baptiste, "ce qui permet de varier les plaisirs quand on veut profiter d'un plat issu de la mer". Ces acides gras polyinsaturés sont "nécessaires au développement et au fonctionnement de la rétine, du cerveau et du système nerveux", note par ailleurs l'Anses.

Est-ce que les moules font grossir ?

Bonne nouvelle : les moules sont peu caloriques. Avec un peu moins de 100 kilocalories pour 100 g de chair de moule, elles peuvent parfaitement s'intégrer à un régime alimentaire équilibré. "Attention à l'accompagnement utilisé pour préparer ces moules", avertit toutefois Luce Jean-Baptiste, pointant notamment du doigt les frites parfois un peu trop grasses auxquelles les moules sont automatiquement associées. La diététicienne-nutritionniste recommande de les savourer dans leur plus simple appareil ou bien cuites à la vapeur ou à la plancha. Cela permet de conserver l'ensemble de leurs bienfaits pour la santé, tout en ne dénaturant pas leur bon goût iodé.

Comment bien choisir et préparer ses moules ?

Pour profiter au maximum des bienfaits des moules, quelques précautions s'imposent. "Elles doivent évidemment être consommées les plus fraîches possibles et doivent bien être vérifiées avant d'être consommées", prévient la spécialiste en nutrition. "Avant la cuisson, les moules ne doivent pas être ouvertes, tandis qu'une moule encore fermée après cuisson ou dont la coquille est cassée ne doit surtout pas être mangées."

Le risque d'intoxication alimentaire causée par des moules mortes ou peu fraîches étant important, évitez de les servir aux personnes fragiles, immunodéprimées, enceintes ou aux très jeunes enfants. Enfin, Luce Jean-Baptiste met également en garde sur la présence de contaminants chimiques de plus en plus nombreux dans la chair des fruits de mer, et notamment des moules.

"Auparavant, il était recommandé de consommer deux produits issus de la mer par semaine", indique la diététicienne, "aujourd'hui ce chiffre est descendu à 1,5, en raison de la pollution des environnements marins". Pensez bien à nettoyer les moules plusieurs fois à l'eau froide avant de les faire cuire. Enfin, privilégiez les moules de bouchot françaises, Label Rouge ou issues de l'aquaculture durable et locale. En plus d'être souvent plus respectueuses de l'environnement, elles sont également bien plus savoureuses !