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Transpiration, un problème qui fait suer

Transpirer, c'est normal, et c'est vital, surtout quand il fait chaud ! Mais quand on a les mains mouillées en permanence ou que le visage goutte à la moindre émotion, cela peut devenir très gênant. Quelles sont les solutions sans risque contre une transpiration importante ?

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Transpiration, un problème qui fait suer
Transpiration, un problème qui fait suer
Sommaire

Qu'est-ce que la transpiration ?

Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet expliquent la transpiration

Des gouttes qui perlent sur le visage, des mains moites, de mauvaises odeurs… La transpiration peut rapidement se révéler handicapante pour certaines personnes.

La transpiration est un processus physiologique qui permet de réguler la température du corps quand il fait chaud. Mais parfois, chez certaines personnes, la transpiration est très importante. On parle alors de transpiration excessive ou hyperhidrose.

L'un des rôles de la transpiration est d'éliminer la chaleur produite régulièrement par le corps et de maintenir sa température à 37°C. Cette transpiration est produite au niveau de la peau, dans le derme, par les glandes sudoripares. De petits vaisseaux sanguins leur apportent le sang qui servira à produire la sueur. Cette dernière est évacuée vers la surface en passant par des petits canaux jusqu'aux pores de la peau.

Il existe deux types de glandes sudoripares. Tout d'abord, les glandes apocrines qui sont collées aux follicules pileux. On les retrouve au niveau des aisselles et autour des mamelons. Les glandes eccrines, elles, sont les plus nombreuses, notamment au niveau de la paume des mains et de la plante des pieds, mais aussi de la tête et de la face. Elles secrètent à 90% de l’eau ainsi que du chlorure de sodium, de l'urée et de l'acide lactique.

L'activité de ces glandes est sous le contrôle d'un thermostat central situé dans le cerveau, au niveau de l'hypothalamus. Ce thermostat est sensible à la température du corps. Lorsque cette température dépasse un certain degré, un ordre est envoyé via les nerfs du système sympathique. Ces derniers se ramifient à partir des ganglions présents de chaque côté de la moelle, pour innerver directement les glandes sudoripares et déclencher la production de sueur.

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Ionophorèse, un courant électrique contre la transpiration

Qu'est-ce que l'ionophorèse ?

Un des plus vieux traitements contre la transpiration est la ionophorèse. Elle consiste à tremper les mains ou les pieds dans un bain où passe un courant électrique. Cette solution utilisée depuis 1986 donne de très bons résultats et est absolument indolore et sans danger.

L'ionophorèse est un traitement qui utilise l'électricité pour réduire la transpiration excessive. Le courant électrique a un effet stabilisateur sur le fonctionnement des glandes sudoripares. Mais l'ionophorèse n'est pas un traitement curatif, il met uniquement les glandes au repos.

Hormis une possible brûlure sur une plaie, l'ionophorèse est un traitement sans risque. Même les appareils sont prévus pour qu'aucune décharge électrique ne vienne perturber la séance. Pour que le traitement soit efficace sur le long terme, il faut toutefois respecter un protocole assez lourd : sept séances le premier mois, puis une ou deux séances toutes les semaines.

Cette technique peu onéreuse propose aux personnes souffrant d'hyperhidrose une solution pour améliorer leur quotidien sans aucune prise de médicaments.

Anti-transpirants, déodorants... faites votre choix

Déodorants, anti-tranpirants... quelle différence ?

Dans les rayons des grandes surfaces, on trouve toutes sortes de produits contre la transpiration. Il y a les versions femme, les versions homme, les sans alcool, les sans aluminium et les produits "naturels".

Vous pouvez également fabriquer vous-même un stick anti-transpirant avec des ingrédients naturels. Pour cela, il vous faut :

- 35 g d'huile végétale de coton
- 17 g de cire d'abeille
- 3 g de pierre d'alun en poudre
- 20 gouttes d'huile essentielle de menthe poivrée

Préparation :

Faites fondre au bain-marie l'huile de coton et la cire d'abeille. Ces ingrédients vont donner la consistance au produit et nourrir l'épiderme.
- Ajoutez la pierre d'alun en poudre, et l'huile essentielle de menthe poivrée qui va rafraîchir et parfumer la peau.
- Mélangez jusqu'à ce que la préparation devienne opaque.
- Faites ensuite couler le produit dans un stick classique vide et laissez refroidir au réfrigérateur. 15 minutes suffisent pour obtenir un anti-transpirant sans risque pour la santé et pour moins de trois euros.

En sprays, en sticks, à bille, déodorants ou anti-transpirants, pas facile de s'y retrouver. Cyril Cerveau, biochimiste, explique la différence entre déodorants et anti-transpirants : "Un déodorant est un produit qui va mettre en avant deux fonctions pour traiter la transpiration. Il va d'abord traiter l'absorption de la sueur (..) et ensuite il va masquer la mauvaise odeur de la transpiration ou la faire disparaître". L'anti-transpirant, lui, "va beaucoup plus agir sur la régulation de la transpiration. Les anti-transpirants utilisent les propriétés des sels d'aluminium pour diminuer la taille des pores de la peau".

Problème : une trop forte concentration de sels d'aluminium pourrait être dangereuse pour la santé comme le confirme le biochimiste : "Les chlorhydrates d'aluminium sont suspectés d'avoir un effet nocif sur l'organisme. Ils peuvent passer la barrière cutanée, être véhiculés par le sang, et donc à terme s'accumuler dans certains tissus".

Autre solution anti-transpirante qui ne pose pas ces problèmes : la pierre d'alun. "La pierre d'alun a les mêmes propriétés que les produits contenant les sels d'aluminium synthétiques, sauf que chimiquement ce composé n'est pas nocif, il est naturel", souligne Cyril Cerveau, biochimiste. Utilisée depuis des millénaires, la pierre d'alun s'applique directement sur la peau mais doit être humidifiée au préalable.

Vous pouvez également fabriquer vous-même un stick anti-transpirant avec des ingrédients naturels (voir encadré). Et si fabriquer vos propres anti-transpirants vous paraît trop élaboré, pas d'inquiétude. On peut aussi compter sur les plantes. "Trois plantes peuvent aider à réguler la transpiration : le thym, l'hysope et surtout la sauge", confie Michel Pierre, herboriste. Ces plantes doivent être utilisées en décoction.

Pour les mains moites et les mauvaises odeurs de pieds, il existe une cure très simple que détaille Michel Pierre : "Pour faire les bains, comptez une poignée de plantes pour deux litres d'eau. Faites bouillir pendant une dizaine de minutes, puis filtrez. Vous pouvez alors faire des bains de pieds ou des bains de mains pendant une dizaine de minutes, au moins une fois par jour".

Remèdes naturels à base de plantes ou produits industriels, pour réguler votre transpiration, il ne vous reste plus qu'à faire votre choix.

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Quand le botox bloque la transpiration

Les injections de toxine botulique peuvent être utilisées pour les aisselles, mais aussi pour les mains et les pieds

Quand la transpiration est abondante et en cas d'échec des traitements habituels (ionophorèse, anti-transpirants...), on peut aussi opter pour les injections de toxine botulique au niveau des aisselles, mais aussi des mains et des pieds, pour bloquer la sécrétion de sueur. Un traitement coûteux mais depuis peu, sous certaines conditions, une partie de ce traitement est pris en charge par la Sécurité sociale.

Le botox est de plus en plus utilisé pour réduire les fortes transpirations. C'est un produit dont l'utilisation est plus ou moins efficace selon les zones du corps.

Depuis quelques mois, l'injection de toxine botulique dans le cas de l'hyperhidrose est partiellement remboursée en cas d'échec des autres traitements et si la gêne psychologique et sociale est importante. Quand l'accord est donné, le dermatologue injecte la toxine botulique. À l'aide d'un tracé, il couvre toute la zone de transpiration.

"La toxine botulique bloque la transmission nerveuse entre le nerf et la glande sudoripare. On détruit la terminaison nerveuse qui repousse ensuite progressivement. L'effet est suspensif car quand le nerf repousse, la transpiration peut reprendre", explique le Dr Joana Martins-Hericher, dermatologue. Les bénéfices des injections de toxine botulique durent en moyenne neuf mois.

Transpiration excessive : le traitement par micro-ondes

En quoi consiste le traitement par micro-ondes ?

Depuis 2015, certains dermatologues proposent un nouveau procédé pour mettre fin de manière définitive à la transpiration des aisselles. Il s'agit d'un traitement par micro-ondes.

La première étape du soin consiste à définir la forme des aisselles du patient. Une fois le schéma de traitement défini, le dermatologue injecte un anesthésiant mélangé à de l'eau sous la peau.

Quand les aisselles sont anesthésiées, le dermatologue peut commencer le traitement à l'aide d'un pistolet ventouse. Les micro-ondes produisent de la chaleur et ciblent directement les glandes sudorales. Afin d'éviter les brûlures sur la peau, la machine envoie parallèlement du froid. Et la chaleur des micro-ondes coagule et détruit les glandes sudorales.

Après le traitement, pour éviter les oedèmes et l'inflammation, le patient doit garder pendant quelques minutes des poches de glace. Généralement, une seule séance suffit. Selon le fabricant, 90% des personnes traitées constatent une diminution de 50% de leur transpiration. Ce traitement pour les deux aisselles coûte cher : 2.400 euros.

Transpiration excessive : la chirurgie en dernier recours

En cas d'hyperhidrose localisée au niveau des mains ou des aisselles, une chirurgie appelée sympathectomie thoracique peut être proposée à certains patients. Cette intervention, très efficace lorsqu'elle est correctement réalisée, est aussi parfois controversée. Elle engendre des effets secondaires chez plus de 80% des patients.

La sympathectomie thoracique consiste à sectionner dans le thorax une partie de la chaîne sympathique, au niveau de la deuxième et de la quatrième côte. Le message nerveux qui active notamment les glandes responsables de la transpiration au niveau des mains est stoppé.

L'intervention ne nécessite que trois petites incisions. L'une d'elle est utilisée pour guider une caméra qui permet au chirurgien de se repérer. Mais avant de débuter l'opération, il faut impérativement mettre le poumon au repos. Sans air, le poumon se rétracte et laisse de la place pour les instruments du chirurgien.

La première étape de l'intervention consiste à se frayer un chemin à travers les tissus pour atteindre la chaîne sympathique. Les nerfs et les vaisseaux sont ensuite coupés afin de pouvoir libérer la chaîne sympathique. Une fois dégagée, elle doit être sectionnée. Un geste extrêmement délicat car la moindre erreur peut avoir de graves conséquences comme l'explique le Dr Madalina Grigoroiu, chirurgien thoracique : "Si on coupe trop haut par exemple, on peut avoir ce qu'on appelle le syndrome de Claude Bernard-Horner, c'est-à-dire une paupière qui tombe et la pupille qui se ferme. Si on coupe trop bas, on peut avoir des troubles du rythme cardiaque qui nécessitent la pose de pacemaker".

Après la section, le poumon est à nouveau ventilé. Il peut alors reprendre sa place dans la cage thoracique. Les incisions sont refermées à l'aide d'une colle spéciale. L'intervention est ensuite répétée de l'autre côté.

La sympathectomie est une opération irréversible qui engendre dans 80% des cas, une hypersudation compensatrice. Il n'y a plus de sueur au niveau des mains alors le corps en produit plus sur le visage, le corps ou les cuisses. "Les patients sont prévenus. Et ils sont tellement contents de ne plus avoir ce problème d'hypersudation palmaire (des mains) qu'ils acceptent cet inconvénient", confie le Dr Grigoroiu.

Il est aussi possible de réaliser cette intervention sans sectionner le nerf sympathique, en le comprimant grâce à un clip. Cette technique a l'avantage de pouvoir être réversible si l'hypersudation compensatrice est trop gênante pour le patient. Elle est néanmoins beaucoup moins efficace sur le long terme.

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