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Hirsutisme, une pilosité taboue

Bien plus qu'une pilosité excessive, l'hirsutisme est vécu comme un vrai handicap pour les femmes. Quels sont les signes de cette maladie à ne pas confondre avec une hypertrichose ? Quelle est l'histoire des femmes à barbe ? Quels sont les traitements efficaces ?

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Hirsutisme, une pilosité taboue
Sommaire

Qu'est-ce que l'hirsutisme ?

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent l'hirsutisme.

Les poils font partie intégrante de notre anatomie, il est normal d'en avoir et ils nous rendent service en protégeant notre peau des agressions extérieures… Pourtant, notamment chez les femmes, l'épilation reste très fréquente et tous les moyens sont bons pour limiter leur présence. Cela est d'autant plus vrai chez les personnes présentant une hyperpilosité. La cause principale étant souvent des dérèglements hormonaux. Cette pilosité excessive a parfois des retentissements psychologiques et sociaux, d'où l'importance d'une prise en charge médicale adaptée.

Le corps est couvert de millions de poils émanant de follicules pileux dans le derme. C'est la division de cellules chargées en kératine, à la base du follicule, qui produit le poil. Il y a deux types de poils : les poils fins et courts, qui couvrent presque tout le corps, et les poils épais, qui protègent le crâne (les cheveux) et les yeux (cils).

Seules les zones telles que la paume des mains et des pieds, ainsi que les muqueuses et les lèvres en sont dépourvues. À la naissance, il n'y a que des poils dits constitutionnels : ce sont les cheveux, les cils et sourcils ainsi que les poils des membres (jambes et avant-bras). Ils sont hormono­-indépendants, autrement dit, ils ne sont pas sensibles aux androgènes, aux hormones masculines. À la puberté, d'autres types de poils apparaissent au niveau des aisselles et de la zone pubienne, ils sont dits ambo­sexuels. Ces poils sont sensibles aux hormones sexuelles même à des taux faibles.

Il existe un troisième type de poils, normalement typiquement masculins, ce sont les testoïdes. Les poils testoïdes sont durs et épais, ils siègent au niveau du visage et fournissent moustache, barbe et favoris (et même les poils de nez). Leur développement dépend de doses importantes d'androgènes. Certaines femmes peuvent avoir ces poils testoïdes au niveau de l'aréole mammaire et la ligne ombilico-pubienne. Et à la ménopause, certains poils s'épaississent : le duvet au niveau des joues et de la lèvre supérieure se développe un peu plus.

Ce qui différencie l'hyperpilosité d'une pilosité abondante, c'est la nature des poils et l'endroit où ils apparaissent. C'est généralement une élévation du taux des androgènes qui stimule ce changement. En résumé, il y a trois degrés d'hyperpilosité, quand il s'agit d'une exagération de la pousse pileuse dans les régions habituellement poilues, on parle d'hypertrichose simple. Quand des poils dits "testoïdes" apparaissent dans des zones normalement glabres chez la femme, on parle d'hirsutisme. Et quand l'hyperpilosité féminine devient importante au point d'évoquer celle des messieurs, on parle de virilisme pilaire.

Un excès d'hormones mâles

L'hirsutisme est particulièrement difficile à assumer pour les femmes.

Dans notre société, où la pilosité est de plus en plus taboue, même chez les hommes, cette affection est particulièrement difficile à assumer par les femmes.

Les poils sont des structures vivantes, ils suivent un cycle en trois étapes qui comporte une phase de croissance, suivie d'un ralentissement puis c'est la chute.

L'apparition et l'évolution des poils dépendent d'hormones, les androgènes, dont les récepteurs sont situés sur le follicule pileux. Elles permettent le développement des organes génitaux masculins, la mue ou encore la pilosité typique des hommes, comme la barbe...

Parfois, les poils sont très abondants et présents là où on ne les attend pas normalement chez la femme : sur l'aréole des seins, sur les épaules ou le visage. Chez la femme, c'est un excès d'androgènes qui explique cette pilosité excessive. Elle est liée à deux facteurs : le premier, "périphérique", c'est-à-dire que la peau est trop sensible à un taux normal d'hormones mâles. Le second, dit "central", est la conséquence d'une trop grande quantité d'hormones mâles dans le sang.

Par exemple, il peut s'agir du syndrome des ovaires polykystiques qui s'accompagne d'un trouble des règles ou de maladies plus graves, comme par exemple, une tumeur à l'ovaire. Dans ces cas, d'autres signes sont associés : des anomalies des règles, une voix rauque, de l'acné, de l'alopécie (la chute des cheveux).

L'épilation permanente au laser

Le laser attaque le poil dans sa racine

C'est après des bilans complexes que l'on détermine l'origine de l'hirsutisme. On peut ensuite proposer des traitements pour venir à bout de ces poils disgracieux : cela va de traitements médicamenteux à l'épilation permanente. Pour limiter la présence des poils, le recours au laser peut en effet être efficace. Il est pratiqué par un dermatologue.

Lors des séances de laser, le dermatologue règle la machine en fonction de la couleur de la peau et des poils. Le laser vise la mélanine, c'est-à-dire le pigment du poil et le brûle jusqu'à la racine. Il est surtout efficace sur les poils foncés. Pendant le traitement, il est déconseillé de s'épiler ou de se décolorer les poils ainsi que de s'exposer au soleil. Un délai d'au moins six semaines doit être observé entre deux séances. En fonction du patient, cinq à dix séances sont généralement nécessaires.

Enfin, certains médicaments ont des effets similaires à ceux des androgènes et peuvent amener un virilisme, c'est le cas des stéroïdes anabolisants, par exemple, dont se servent certaines sportives pour se doper.

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