Une taxe sur les sodas pour lutter contre l’obésité ?

Début de l’examen du budget 2012 de la Sécurité sociale par les députés, le 25 octobre 2011. Pour combler le déficit, le gouvernement table sur une taxe sur les sodas et les boissons sucrées, censée aussi combattre l’obésité en France. Le Dr Arnaud Cocaul, nutritionniste, nous donne son avis.

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Une taxe sur les sodas pour lutter contre l’obésité ?
Une taxe sur les sodas pour lutter contre l’obésité ?

Entre 1997 et 2009, le poids moyen des Français a augmenté de plus de 3 kilos tandis que leur tour de taille a enflé d'un demi-centimètre sur la même période. C'est semble-t-il pour endiguer ce phénomène d'obésité qui a progressé ces dernières années que le gouvernement a prévu deux taxes : l'une qui concerne les sodas mais aussi une deuxième taxe qui vise les boissons avec édulcorants.

Sur les sodas, le prix des cannettes sera ainsi augmenté d'environ 2 centimes d'euros ce qui constituerait un rendement de 240 millions d'euros. Les boissons contenant des édulcorants de synthèse devraient, elles, rapporter près de 40 millions d'euros.

Mesure de santé publique ou économie budgétaire ?

C'est là toute l'ambiguité de ces mesures, qui officiellement, doivent donc faire perdre des kilos aux Français, mais qui par la même occasion, contribuent aux 11 milliards d'euros que le gouvernement veut ramener dans les caisses de l'Etat.

Se posent alors plusieurs questions : cette augmentation suffira-t-elle à changer en profondeur les habitudes alimentaires ? N'est-ce pas paradoxal de souhaiter que les Français consomment moins de boissons sucrées et d'espérer dans un même temps qu'ils en achètent suffisamment pour combler le trou de la Sécurité-sociale ?

Enfin, si on poursuit cette logique de taxer les boissons "mauvaises pour la santé", pourquoi n'étend-on pas le dispositif aux chips, sucreries et autres aliments gras ?

"Un coup d'épée dans l'eau"

Le Dr Arnaud Cocaul est nutritionniste. Il nous fait part de son sentiment sur ces mesures dites de santé publique : "Cette décision est un coup d'épée dans l'eau. On avance l'argument nutritionnel alors que les gens ne vont pas changer leurs habitudes comme ça. Les troubles du comportement alimentaire sont divers et on ne peut pas les résumer à la seule prise des sodas. Certains prennent du poids à l'arrêt du tabac, d'autres à cause de la sédentarité. Dans ce cas, il faut aussi obliger les Français à faire du sport. Si on va au bout des choses, il faudrait aussi taxer les biscuits, les chips et tous les autres aliments gras. Enfin, pourquoi ne pas taxer les grands formats de boissons sucrées ?"

Pour ce nutritionniste, mettre à l'index les sodas ne vont faire que noyer le message de santé publique, "C'est comme le tabac. Si on veut faire bouger les choses, ce n'est pas une augmentation en centimes qu'il faut faire."

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