Mauvais bilan pour l'insuffisance cardiaque en France

Une étude publiée par la Caisse Nationale de l'Assurance-Maladie (CNAM) établit un bilan inquiétant concernant la prise en charge des patients atteints d'insuffisances cardiaques. 81 % d'entre eux ne recevraient pas un traitement adapté à leur pathologie.

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Mauvais bilan pour l'insuffisance cardiaque en France
Mauvais bilan pour l'insuffisance cardiaque en France

En 2008, selon la Société européenne de cardiologie, les personnes souffrant d'insuffisance cardiaque représentaient 2 à 3 % de la population générale, soit 367 555 personnes en France.

L'insuffisance cardiaque se définit par une incapacité du cœur à assurer une contraction nécessaire pour envoyer un volume de sang suffisant afin d'alimenter tout l'organisme. Cela provoque une fatigue chronique et un essoufflement à l'effort, qui nécessitent un suivi médical adapté et entraînent des hospitalisations régulières.

Il s'agit d'une pathologie qui touche surtout les personnes âgées, selon le rapport de la CNAM, les hommes insuffisants cardiaques ont en moyenne 73,5 ans et les femmes 80,2 ans.

Pour évaluer les traitements reçus par les patients et leurs hospitalisations, l'étude présente une analyse des données issues des remboursements de 140 000 patients déclarés en Affection de Longue Durée (ALD) et non décédées dans l'année d'observation.

Parmi eux, 37 % n'ont pas consulté un cardiologue, mais un médecin généraliste ; seuls 19 % bénéficient d'un traitement adapté à leur pathologie et complet. Plus marquant encore, ils seraient près d'un quart à avoir pris des médicaments contre-indiqués en cas d'insuffisance cardiaque, susceptibles d'augmenter le risque d'hospitalisation et le taux de mortalité.

D'après le rapport, c'est cette mauvaise prise en charge qui serait à l'origine de pertes financières importantes : les hospitalisations pour insuffisance cardiaque, représentent 1,6 milliards d'euros des dépenses annuelles de la CNAM.

Pour toute conclusion, la CNAM appelle les praticiens à augmenter les prescriptions adaptées ainsi que le suivi des patients pour améliorer leurs conditions de vie. Cela devrait permettre de réduire l'incidence de l'insuffisance cardiaque dans la population générale, mais également les dépenses de santé entraînées par une mauvaise prise en charge.

Source : "Caractéristiques et trajet de soins des insuffisants cardiaques du Régime général", Ameli, le 21 août 2012.

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