Ch@t : Aider un proche à sortir de l'alcool
Ch@t du 21 février 2011 : Avec les réponses du Dr Philippe Batel, psychiatre-alcoologue et du Dr Sylvain Balester-Mouret, addictologue-toxicologue.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le
Les réponses du Dr Philippe Batel, psychiatre-addictologue
On ne parle pas de guérison mais de rémission prolongée. On considère qu'une abstinence d'un an est un très bon pronostic. Mais il faut rester vigilant très longtemps.
Si vous habitez Paris, je vous conseille de participer au groupe entourage du service d’addictologie de l’hôpital Beaujon. Nous y aidons les proches à accompagner les patients dépendants. Pour infos pratiques, appelez le 01 40 87 58 82. Pour trouver le groupe entourage le plus proche de chez vous, appelez le 0811 91 30 30. Enfin vous trouverez des conseils dans deux chapitres du livre que nous avons coécrit avec des patients Alcool, de l'esclavage à la liberté, paru aux éditions Démos.
Reparlez lui tranquillement de ce qu'il compte faire. Restez à ses côtés sans prendre de décisions à sa place. Faites vous aider dans l'accompagnement par un groupe entourage. Pour trouver le groupe entourage le plus proche de chez vous, appelez le 0811 91 30 30. Enfin vous trouverez des conseils dans deux chapitres du livre que nous avons coécrit avec des patients Alcool, de l'esclavage à la liberté aux éditions Démos.
Ouvrez le dialogue. Profitez d'un jour où elle n'est pas alcoolisée et où vous êtes seul pour lui dire que vous êtes inquiet pour elle. Si vous voulez aller plus loin dans la relation d'aide, rejoignez un groupe entourage. Si vous habitez Paris, je vous conseille de participer au groupe entourage du service d’addictologie de l’hôpital Beaujon. Nous y aidons les proches à accompagner les patients dépendants. Pour infos pratiques, appelez le 01 40 87 58 84. Pour trouver le groupe entourage le plus proche de chez vous, appelez le 0811 91 30 30.
Mon conseil est de renoncer à surveiller et, sans croire tout ce qu'il dit, lui montrer que vous avez confiance. L'évaluation de la consommation et des dommages se fait dans un centre spécialisé. Pour trouver le centre le plus proche de chez vous, appelez le 0811 91 30 30.
Je pense que nous agissons, notamment en maintenant une pression régulière sur les politiques. Mais vous avez raison, il n'existe pas de contre-lobby. Pour cela, il faudrait un vrai relais et un solide soutien du public. Celui ci n'existe pas encore compte tenu du tabou majeur autour de l'alcool. Les alcooliers en profitent lâchement.
Nausées, vomissements, étourdissements, tachycardie, fatigue, maladies du foie.
Premièrement, ne pas perdre espoir pour lui. Deuxièmement, ne pas moraliser. Troisièmement, lui demander régulièrement s'il pense avoir besoin d'aide et ce qu'il compte faire. Quatrièmement, rejoindre un groupe entourage. Si vous habitez Paris, je vous conseille de participer au groupe entourage du service d’addictologie de l’hôpital Beaujon. Nous y aidons les proches à accompagner les patients dépendants. Pour infos pratiques, appelez le 0140875884. Pour trouver le groupe entourage le plus proche de chez vous, appelez le 0811 91 30 30.
Le baclofène est sans doute un produit intéressant pour aider certains patients à quitter l'alcool. Mais il n'est pas toujours bien toléré aux doses préconisées dans cette indication, il n'a pas aujourd'hui l'autorisation et son évaluation est en cours. Parlez en à votre médecin, notamment aux hépatologues, certains le prescrivent.
Oui, c'est bien régulièrement d'interroger le patient sur son intention de changer et/ou de recourir à des soins. Insister, harceler peut néanmoins être contre-productif.
Il s'agit de trou noir. L'alcool paralyse le circuit cérébral de la mémoire. Parfois c'est plus psychique que physique, les sujets n'ont pas envie de se souvenir de leurs mauvais moments alcoolisés.
Je comprends. Réfléchissez à vos propres mensonges. Ils sont souvent liés à la culpabilité ou à une souffrance. Renoncez aux aveux d'alcoolisation pour rester à côté de lui et invitez le régulièrement à parler de sa maîtresse, l'alcool avec qui il vous trompe.
Les groupes d'entraide sont une option pas l'unique solution. Souvent, les patients sont réticents aux réunions de groupe et sont plus à l'aise avec des consultations face à face avec un alcoologue.
J'imagine que vous avez bien d'autres raisons de le mettre à la porte. Il est important de fixer des limites. Vous pouvez dire que vous vivez cela comme une provocation ou que vous ne souhaitez pas qu'il s'alcoolise chez vous.
Oui, n'hésitez pas à poser calmement des limites. Ca permet souvent de prendre conscience.
Deux tentatives d'explications. Tout d'abord, certains centres travaillent sur des théories anciennes et non mises à jour. Deuxièmement, ayons la modestie de dire que la connaissance scientifique n'est pas très développée, et que celle qui est validée est rarement diffusée et connue, notamment de certains professionnels qui ont acquis des convictions et n'en changent pas. Enfin, on peut se soigner de l'alcoolo-dépendance sans comprendre pourquoi on est devenu alcoolo-dépendant.
Si vous habitez Paris, je vous conseille de participer au groupe entourage du service d’addictologie de l’hôpital Beaujon. Nous y aidons les proches à accompagner les patients dépendants. Pour infos pratiques, appelez le 0140875882. Pour trouver le groupe entourage le plus proche de chez vous, appelez le 0811 91 30 30. Enfin vous trouverez des conseils dans deux chapitres du livre que nous avons coécrit avec des patients "alcool, de l'esclavage à la liberté" aux éditions Démos.
Vous êtes mûre me semble t il, pour poser tranquillement les choses avec votre père. Dites lui, à un moment où il n'est pas alcoolisé que vous vous inquiétez de lui confier votre enfant. Rassurez le en lui disant qu'il restera toujours votre père et son grand-père mais que vous trouvez que son alcoolisation n'est pas sécurisante.
N'est ce pas plutôt à elle qu'il faudrait parler ? Si ce n'est pas possible, demandez lui régulièrement ce qu'il pense du comportement de sa compagne vis à vis de l'alcool. Ne posez pas de diagnostic, gardez vous de juger. Exprimez votre bienveillante inquiétude.
Premièrement, choisissez un moment où elle n'est pas alcoolisée. Deuxièmement, dites votre inquiétude. Troisièmement, ne moralisez pas. Quatrièmement, renoncez à obtenir aveux ou promesses. Cinquièmement, posez vos limites. Rejoignez un groupe entourage. Si vous habitez Paris, je vous conseille de participer au groupe entourage du service d’addictologie de l’hôpital Beaujon. Nous y aidons les proches à accompagner les patients dépendants. Pour infos pratiques, appelez le 0140875882. Pour trouver le groupe entourage le plus proche de chez vous, appelez le 0811 91 30 30. Enfin vous trouverez des conseils dans deux chapitres du livre que nous avons coécrit avec des patients Alcool, de l'esclavage à la liberté, aux éditions Démos.
Allez sur site de la MILDT ou de l'ANPAA.
Ce proverbe est une ânerie.
Il est en cours d'évaluation. Les dernières publications internationales ne sont pas en sa faveur mais elles utilisaient le produit à des doses faibles. Aux doses où il serait efficace, on a certains effets secondaires. C'est à l'évidence un produit intéressant. J'espère que nous en saurons plus dans un avenir raisonnable.
Ne vous laissez pas impressionner par la dénégation. Continuez de lui dire que vous êtes là à ses côtés. Renoncez à obtenir un aveu ou contrôler sa consommation, parlez lui de vos inquiétudes.
Cessez de menacer sans vous exécuter. Invitez le à reconsulter pour réfléchir à d'autres aides soit médicamenteuses soit d'une autre nature. Rejoignez un groupe entourage. Si vous habitez Paris, je vous conseille de participer au groupe entourage du service d’addictologie de l’hôpital Beaujon. Nous y aidons les proches à accompagner les patients dépendants. Pour infos pratiques, appelez le 0140875882. Pour trouver le groupe entourage le plus proche de chez vous, appelez le 0811 91 30 30.
Parlez lui lorsqu'il est le moins alcoolisé possible et ne parler pas d'alcool mais de souffrance globale, des choses qui ne vont pas, de votre inquiétude, etc…
Vous avez besoin d'aide, rejoignez un groupe entourage ! Si vous habitez Paris, je vous conseille de participer au groupe entourage du service d’addictologie de l’hôpital Beaujon. Nous y aidons les proches à accompagner les patients dépendants. Pour infos pratiques, appelez le 0140875882. Pour trouver le groupe entourage le plus proche de chez vous, appelez le 0811 91 30 30.
Oui, il existe un tempérament addictif.
Oui, c'est pour cela que c'est important de mettre des limites.
Les réponses du Dr Sylvain Balester-Mouret, addictologue-toxicologue
En effet, la dépendance n'est pas toujours une question de quantité. Les arguments santé du vin n'ont été démontrés que pour une certaine catégorie de patients et surtout ne sont démontrés que pour les risques cardiovasculaires (et pas pour les autres risques : légaux, familiaux, sociaux, cancer, etc...). On peut développer des conséquences pour sa santé même à des quantités faibles. Les normes de l'OMS (Organisation mondiale de la Santé) ont démontré que le risque santé est significatif à partir de 14 verres/semaine pour les femmes et 21 verres/semaine pour les hommes et moins de 5 verres/occasion quotidienne (en dehors de la grossesse ou d'autres pathologies chroniques qui nécessitent une abstinence totale d'alcool). Une femme qui boit 20 verres/semaine est donc à risque de développer des soucis de santé, même en dehors de la dépendance !
Nous développons un partenariat très actif avec de nombreuses associations depuis longtemps dans beaucoup de centres de soins !
Consultez le site : Alcool assistance – adresses en France.
Le syndrome de manque est inconstant (seulement 50 % des alcoolo-dépendants développent un syndrome de manque) mais il peut être sévère : il va d'une simple nervosité en passant par des symptômes plus sévères : tremblements, sueurs, fièvre, hypertension et peut aller jusqu'au delirium (hallucinations, délire, agitation). Lorsqu'il est sévère et non pris en charge, il peut être fatal. Bien pris en charge, sa résolution est simple. Il y a aussi des complications neurologiques qui peuvent survenir pendant un sevrage, d'où l'importance d'être accompagné pour réaliser un sevrage ou de contacter les services de secours en cas de sevrage qui se complique.
Pas d'âge pour faire attention ! Plus tôt on boit trop et plus grand est le risque de développer une dépendance ou une maladie liée à l'alcool, même en dehors de la dépendance. En parler tranquillement, parler de soi, laisser trainer une information, une brochure peut être un bon moyen d'ouvrir le dialogue !
Parlez-en sans le culpabiliser, dites lui que vous êtes inquiets, que vous pouvez en parler sans le juger, qu'il n'est pas seul dans ce cas, qu'il y a des services qui sont spécialisés. Dites lui que vous avez posé des questions lors de ce chat ! Et puis renseignez vous sur les structures proches de chez vous. Ecoute alcool 0811 91 30 30 (de 14h à 2h).
Je n'ai pas de solution miracle et j'en suis bien désolé.
Je n'ai pas de solution miracle et j'en suis bien désolé.
Je pense qu'il faut aussi savoir lui faire confiance. Dites lui que vous êtes disponible pour en parler avec lui s'il le désire. Peut être faut il lui demander l'autorisation et prendre de ses nouvelles à ce sujet de temps en temps ! Valorisez le sur le fait que vous avez été touché(e) qu'il aborde le sujet avec vous.
C'est un grand premier pas. C'est à elle de faire la démarche maintenant, vous pouvez juste être facilitateur de celle-ci.
Je n'ai pas de solution miracle et j'en suis bien désolé ! Peut-être serait-il judicieux de faire une démarche de couple ou familiale ? Rencontrer une association à plusieurs ? Vie Libre ou Alcool assistance .
En proposant de faire un pari de 10 jours par exemple ! Pas difficile ? Chiche ! On essaye tous ensemble ? On remplit chacun un petit test : l'audit. Faites le test !
Contactez une structure spécialisée proche de chez vous ! Ecoute alcool 0811 91 30 30 (14h-2h).
Oui, dans 5 % des cas ! Ce n'est pas légion ! C'est possible mais attention, c'est parfois risqué. Chez quelqu'un qui va bien sans alcool, nous ne sommes pas totalement opposés mais très circonspects sur cette possibilité... Est il nécessaire de boire de l'alcool pour vivre ?
C'est un moment opportun pour rencontrer un addictologue, même pour un conseil simple. C'est le moment de renforcer sa motivation car le risque est la récidive ou le développement d'un second cancer en cas de poursuite de la consommation. Et la poursuite de la consommation d'alcool et de tabac risque d'augmenter les effets indésirables des traitements qui vont lui être proposés après la chirurgie ! C'est le moment de foncer !
C'est l'effet de désinhibition qui n'est pas automatique mais fréquent, on prend moins fait et cause pour ce qui nous entoure.
Posez lui la question ! Je ne peux pas répondre à sa place mais certains de mes patients le font. Pour certains, c'est jouer avec le feu et se prouvent qu'ils peuvent y parvenir. D'autres se rappellent par ce biais l'odeur et se donnent ce plaisir sans y goûter. D'autres encore se rappellent que l'odeur les insupporte.
On le connait en partie mais l'effet neurobiologique n'est pas seul en question. Il y a aussi parfois une interaction avec la génétique, l'éducation, la culture. C'est un processus complexe et même s'il est en partie (seulement) élucidé, il nous reste encore beaucoup à apprendre et notamment au sujet des traitements qui restent trop peu nombreux et insuffisamment efficaces même s'ils existent.
Continuez à l'encourager et respectez son désir. Il a peut être besoin d'être seul dans cette période ?
Peut être que ce deuxième échec sera nécessaire pour qu'il puisse enfin admettre qu'il doit se faire aider ?
Ce n'est pas à vous d'essayer mais à lui ! Vous devez être facilitateurs de sa démarche mais pas vous substituer à son désir ni aux soignants.
C'est un peu violent comme méthode et en général pas toujours efficace. Peut être faut il continuer à l'accompagner tout en posant vos limites à vous.
Les envies peuvent persister longtemps mais se tassent en général avec le temps. Peut être faut-il changer d'autres choses dans votre vie/comportement/habitudes ?
Peut être que faire la démarche de se faire aider lui est insupportable ? Peut être imagine t-il à tort qu'il devra renoncer tout de suite à boire ? En parler avec un professionnel, c'est faire le point, pas s'engager dans une abstinence à vie dès le lendemain ! Il faut tenter de dédramatiser l'ambiance qu'il y a dans nos services. C'est un lieu d'accueil et nous savons nous adapter à la motivation des patients.
Je pense que vous avez raison de vous interroger ! Parlez en à un spécialiste !
En dehors de quelques contre-indications (raisons de santé ou sociales), pas de règle si ce n'est la préférence du patient, les habitudes du spécialiste.
La démarche est sensiblement la même. L'alcoolisation intermittente est plus fréquemment traitée en ambulatoire. C est aussi une forme de dépendance et il faut savoir se faire aider ! L'important est que le patient élabore avec son soignant la démarche qui lui convient et dans laquelle il est prêt à s'engager.
Mettre l'alcoolo-dépendant devant le fait accompli : il boit et il le sait ! Pourquoi toujours le lui rappeler ? Pourquoi toujours le lui rappeler avec colère ou agressivité ? Dites plutôt que vous êtes en colère et/ ou légitimement inquiet(e) à froid mais surtout cherchez des solutions ensemble ! Invitez le à parler lorsqu'il s'y sent prêt.
Peut être qu'elle le sait déjà mais ne veut pas en parler ! Pourquoi doit-elle dire/avouer ? C'est peut être trop difficile. Commencez par respecter son silence, cela n'empêche pas que vous disiez votre souffrance votre inquiétude et votre attachement.
À cet âge, pas plus de mondanités qu'à un autre âge. Les dangers existent et les solutions aussi ! Mais avec l'accord du patient. Sans culpabiliser ni agressivité, dire ce qui se passe lorsqu'elle a trop bu.
Allez en parler avec un médecin, une association ! Ils ont des solutions à proposer pour vous et pour votre compagnon !
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