Peut-on boire du vin quand on a du cholestérol ?

Un verre de vin rouge protège-t-il vraiment la santé cardiaque ? Si les polyphénols du vin présentent des propriétés antioxydantes, l'alcool reste un important facteur de risque cardiovasculaire. Décryptage.

Mathis Thomas
Mathis Thomas
Rédigé le
En France, 20% des adultes présentent un taux de cholestérol trop élevé
En France, 20% des adultes présentent un taux de cholestérol trop élevé  —  Allodocteurs.fr - Newen France

Boire un verre de vin rouge pour faire baisser le cholestérol ? L’idée persiste, portée par la réputation nutritionnelle des polyphénols et du "French paradox", ou "paradoxe français". De quoi s'agit-il ? Des années 1980 jusqu'à la fin des années 2010, une croyance extrêmement populaire et médiatique en France comme à l'international voulait qu’une consommation modérée de vin rouge "aurait pu avoir un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires, comparativement à l’abstinence", comme le signale le Dr Philippe Arvers, médecin addictologue et tabacologue à l'Université Grenoble Alpes, dans un article publié sur le site The Conversation

Boire du vin permet-il vraiment d'améliorer sa santé cardiaque ?

Une idée reçue validée par "divers travaux" par le passé, indique par ailleurs l'auteur de l'article, qui expliquait la toute relative "bonne santé" cardiovasculaire des Français à leur place de champions du monde de la consommation de vin et aux bienfaits supposés pour santé cardiaque de cette boisson alcoolisée. 

Dans une étude publiée en 1992 dans la revue The Lancet, deux scientifiques français arrivaient à la conclusion qu'une consommation quotidienne de 20 à 30 grammes d'éthanol, soit l'équivalent de deux à trois verres de vin, permettait de réduire le risque de maladie coronarienne de 40 %. Il faudra attendre 2019 et une nouvelle étude publiée dans The Lancet, menée cette fois-ci sur plus de 500 000 personnes, pour réfuter totalement cette théorie du French paradox. 

Selon les résultats de cette étude, les buveurs "moyens" (un à deux verres d'alcool par jour) présentaient un risque plus faible de subir un accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique, une hémorragie intracérébrale ou un infarctus aigu du myocarde que les non-buveurs... mais également que les grands buveurs ! "La consommation d’alcool augmente de façon uniforme la pression artérielle et le risque d’AVC" mais a toutefois peu d’effet sur le risque d’infarctus du myocarde conclut l'étude.

À lire aussi : Peut-on boire de la bière quand on a du cholestérol ?

Avec le vin aussi, c’est la dose qui fait le poison

Le vin, et en particulier le vin rouge, contient tout de même des tanins et du resvératrol, de puissants antioxydants qui agissent sur le cholestérol en améliorant l'absorption du "bon cholestérol" HDL. En revanche, le vin est également composé en grande partie de sucre et d'éthanol, des facteurs de risque cardiaque. L'éthanol est particulièrement riche en triglycérides, des lipides nocifs pour la santé cardiovasculaire lorsqu'ils sont en quantité trop importante dans le sang.

La clé réside dans une consommation modérée, inférieure à 10 verres d'alcool par semaine, selon les dernières recommandations sanitaires. Mais le vin reste une boisson alcoolisée, et à ce titre, il n’est absolument pas recommandé comme traitement ou prévention d’une pathologie. La consommation d’alcool, même modérée, est associée à un risque accru de plusieurs maladies chroniques, dont les cancers, les troubles hépatiques et, justement, les maladies cardiovasculaires.

Plutôt que de miser sur le vin pour faire baisser votre cholestérol, préférez plutôt vous tourner vers une alimentation saine, équilibrée et adaptée à votre métabolisme. Le régime de type méditerranéen, riche en fruits, légumes, poissons gras, légumineuses et en bonnes graisses végétales, a par exemple fait ses preuves pour améliorer la santé cardiovasculaire à long terme.