Tomate vs tomate cerise, laquelle est la meilleure ?

En pleine saison, le dilemme est rude : tomate ou tomate cerise ? Laquelle choisir ? Quels sont les différents bienfaits de chacune ? On fait le point.

Par Robin Couturier

Rédigé le

INCARNE_GENERALISTE_Bien-manger

Allo Docteurs - Newen Digital

En salade, en sauce ou bien farcies, les tomates sont dans nos assiettes tout au long de l’année. Si bien que le fruit - classé dans la catégorie des légumes - est largement celui que les Français consomment le plus. Il représente ainsi 18,4 % des achats des ménages en légumes, selon le baromètre 2025 de l’Interprofession des fruits et légumes frais (Interfel).

Cela étant, dans les rayons, face aux multiples espèces de tomates à disposition, le choix est cornélien. Des tomates ou des tomates cerises, lesquelles sont les meilleures pour la santé ? Comment les préparer ? On vous répond.

La tomate cerise, petite mais puissante 

Du point de vue de la nutrition, y a-t-il vraiment une différence entre la tomate "classique" et la tomate cerise ? Eh bien oui. Comme le rapporte cette étude publiée en 2022 dans la revue Foods, les tomates cerises, proportionnellement, contiennent, en moyenne, plus de nutriments que les tomates ordinaires. "Comparées aux tomates classiques, elles sont plus riches en acides organiques, en acide ascorbique (vitamine C), en lycopène, en bêta-carotène et en autres nutriments" notent les auteurs. Et de fait, l’écart entre les espèces est significatif, puisque l’étude rappelle que les tomates cerises contiennent un apport en vitamine C "1,7 fois supérieur à celui des tomates classiques." Un constat qui s’explique par la petite taille des tomates cerises qui, par conséquent, ont une plus grande proportion de peau, riche en vitamines, et moins d’eau que les formats classiques.

Vitamine C et potassium

Des données qui vont dans le même sens que celles de l’Agence pour la Recherche et l’Information en Fruits et Légumes (Aprifel). D’après les fiches nutritionnelles de cette agence, les tomates cerises fournissent en moyenne 21,8 mg de vitamine C pour 100 g, les tomates rondes 16,3 mg et les cœurs de bœuf seulement 11,7 mg. Cela étant, chaque espèce de tomates comporte ses qualités propres et peut faire l’objet d’apports ciblés.

La cœur de bœuf, par exemple, est largement la meilleure source en vitamine B9 (65,40 µg pour 100 g), qui contribue entre autres à réduire la fatigue ou contribue à la croissance du système nerveux du fœtus durant la grossesse. En ce qui concerne la teneur en potassium, c’est encore une fois pour la tomate cerise qu’il faut opter : 330 mg pour 100 g, soit 15 % des valeurs nutritionnelles de référence (VNR).

Lycopène, le super-antioxydant présent dans la tomate...

Mais le véritable trésor de la tomate se trouve sans doute dans une autre de ses molécules : le lycopène. Il s’agit d’un caroténoïde présent dans de nombreux fruits et légumes et qui les pigmente naturellement d’une couleur rouge ou orangée. De surcroît, c’est un puissant antioxydant que la recherche considère comme efficace pour "améliorer la santé humaine et réduire la prévalence du vieillissement et des troubles qui y sont associés", indique une étude publiée dans la revue Food Science & Nutrition en 2023. Bonne nouvelle, la tomate en est la première source alimentaire.

Effectivement, comme nous l’avons noté précédemment, le lycopène est en moyenne plus présent dans les tomates cerises. Pour autant, l’optimisation antioxydante de la tomate ne se fait pas tant au moment du choix du produit que lors de sa préparation.

... et même dans le concentré de tomates !

Une étude publiée dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry a voulu comparer l’apport en lycopène des tomates avant et après cuisson. Résultats : bien que les produits aient perdu en vitamine C, les tomates présentaient un apport considérablement supérieur en lycopène biodisponible après le processus de transformation thermique. Même constat dans cette étude parue dans le Journal of Nutrition, qui compare la biodisponibilité du lycopène entre les tomates fraîches et les tomates chauffées et transformées en purée de concentré de tomate. Résultat : la biodisponibilité du lycopène contenu dans la purée de concentré de tomates est supérieure.

Concrètement, ces études nous apprennent que le lycopène, dans la tomate fraîche, est en grande partie piégé dans sa matrice cellulaire. Sa cuisson ou transformation permet alors de briser cette barrière et de rendre le lycopène bien plus biodisponible. Un constat qui va à l’encontre de notre tendance à penser que les fruits et légumes transformés perdent mécaniquement en qualité nutritionnelle.

Quoi qu’il en soit, crues ou cuites, rondes ou cerises, consommez les tomates comme vous en avez envie et à volonté. Rappelez-vous néanmoins que la saison de ce fruit/légume de l’été s’étend uniquement de juin à octobre.