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A chacune sa contraception !

50 ans de la pilule - Pilule, patch, implant, stérilet, anneau... Il existe de nombreux moyens de contraception. Des moyens adaptés aux têtes-en l'air qui oublient leur pilule comme à celles qui ne veulent pas prendre d'hormones. À vous de choisir !

Rédigé le , mis à jour le

A chacune sa contraception !
A chacune sa contraception !
Sommaire

Qu'est-ce que la contraception ?

Marina Carrère d'Encausse et Philippe Charlier décrivent les différents moyens de contraception

La pilule reste le contraceptif le plus répandu en France avec près de 40% d'utilisatrices. Mais d'autres moyens de contraception existent : stérilet, implant, patch ou encore anneau vaginal. Des moyens efficaces et adaptés aux différents modes de vie.

Le cycle menstruel dure en moyenne 28 jours. Au cours des 13 premiers jours, plusieurs ovocytes se développent dans l'ovaire et de l'œstrogène est produit. Au 14ème jour, l'ovocyte le plus développé est expulsé pour aller vers l'utérus. De la progestérone est alors libérée en grande quantité. Ces hormones sexuelles préparent progressivement la muqueuse utérine et l'épaississent pour que l'ovule puisse y faire son nid en cas de fécondation.

S'il n'y a pas de fécondation, l'ovaire arrête de produire les hormones et cette chute hormonale provoque la destruction d'une partie de la muqueuse utérine, d'où les règles. C'est sur la connaissance de cette physiologie de l'appareil génital féminin que les différentes méthodes de contraception ont été mises au point.

La pilule oestro-progestative agit à trois niveaux. Elle bloque l'ovulation en mettant les ovaires au repos. Elle rend la muqueuse de l'utérus moins accueillante pour empêcher la nidation d'un éventuel oeuf. Au niveau du col utérin, elle modifie le mucus cervical pour empêcher les spermatozoïdes de franchir le col.

La pilule progestative, elle, agit uniquement sur le col pour bloquer le passage. La ligature des trompes empêche la rencontre du spermatozoïde et de l'ovocyte, c'est aussi le cas du stérilet.

Pilule : une contraception simple à avaler !

Vrai/Faux sur la pilule

La pilule est le mode de contraception le plus prescrit en France. Quels sont ses avantages ? Ses risques ? À partir de quel âge peut-on la prendre ? Etc.

Vous trouverez les réponses dans ce dossier : La pilule, une contraception simple à avaler.

Stérilet : la contraception idéale pour les têtes en l'air !

Le stérilet est la seconde méthode de contraception la plus fréquemment utilisée en France

Pendant de nombreuses années, il a été déconseillé de poser un stérilet à des femmes n'ayant pas eu d'enfant. Aujourd'hui encore, certains gynécologues sont réticents et refusent de pratiquer ce geste. Pourtant, on sait maintenant que cette pratique ne présente pas de risques majeurs.

Contrairement aux idées reçues, le stérilet n'est pas réservé aux femmes ayant déjà accouché : "La plupart des gynécologues étaient très réticents à poser des stérilets chez des jeunes femmes qui n'avaient pas eu d'enfant. On pensait que la présence d'un stérilet pouvait augmenter le risque d'infection génitale et donc compromettre ultérieurement la fertilité. Mais aujourd'hui, on sait que cette notion est fausse et quand il y a un risque d'infection, cela n'est pas dû à la présence du stérilet mais à l'activité ou au comportement sexuel", explique le Dr Alain Tamborini, gynécologue-obstétricien.

Le stérilet est efficace pendant cinq ans et il est recommandé de faire un contrôle au minimum une fois par an. Comme la pilule, le stérilet est un mode de contraception fiable. Lorsqu'il est correctement posé, le risque de grossesse est inférieur à 1%.

Autres méthodes hormonales...

Pour les jeunes femmes qui n'ont pas de risque vasculaire et qui ne veulent pas subir la contrainte de prendre tous les jours une pilule, il existe d'autres contraceptions hormonales comme l'anneau vaginal
  • L'implant progestatif

Ce bâtonnet un peu plus petit qu'une allumette contient un progestatif, l'étonogestrel. Une très faible quantité est régulièrement libérée et va assurer l'effet contraceptif de trois manières. Le progestatif bloque l'ovulation, il rend la glaire plus épaisse (ce qui empêche les spermatozoïdes de la traverser) et il diminue l'épaisseur de l'endomètre. Il est placé sous la peau du bras par le gynécologue. Il peut y être laissé trois ans. Attention, il peut provoquer des saignements en dehors des règles chez certaines ou les supprimer chez d'autres. Autres inconvénients : il peut favoriser de l'acné ou une prise de poids. Mais il est très efficace (plus de 99%) et il n'a pas d'effets sur la glycémie ou les lipides, à l'inverse de la pilule.

Sur ordonnance médicale. Son coût : environ 138 euros, pris en charge à 65% par l'Assurance-maladie.

  • L'anneau

Tube souple et transparent de 5 cm de diamètre, l'anneau contient des hormones oestro-progestatives. Celles-ci bloquent l'ovulation. La souplesse du tube permet d'en faire un 8 et de l'introduire facilement dans le vagin. Au bout de trois semaines, il faut le retirer pendant sept jours. Les règles surviennent alors. À la fin de cette semaine, un nouvel anneau est posé. S'il est bien utilisé, l'efficacité est proche des 99%. Mais il faut respecter à la lettre la pose de trois semaines et l'arrêt de sept jours. Pas un jour de plus ou de moins ! La diffusion en continu évite les pics hormonaux et minimise les effets indésirables. Mais comme pour toute contraception hormonale, maux de tête, prise de poids, acné sont possibles.

Sur ordonnance médicale. Son coût : 15 euros le lot de trois anneaux, non pris en charge par l'Assurance-maladie.

  • Le patch

Ce timbre adhésif libère en continu une association de progestatif et d'œstrogène (comme la pilule minidosée). Il se colle sur la peau du bras, de la fesse, de l'épaule ou encore de l'abdomen ou du bas du dos. On le pose une fois par semaine, trois semaines de suite. La quatrième semaine se fait sans patch, ce qui entraîne les règles. Efficace à plus de 99%, il a les inconvénients des contraceptions hormonales avec parfois une irritation de la peau. Autre risque : il se décolle parfois (dans 3 à 5% des cas), il faut alors en changer rapidement et utiliser un préservatif pendant sept jours.

Sur ordonnance médicale. Son coût : 15 euros par boîte de trois patches, non pris en charge par l'Assurance-maladie.

  • Et la contraception d'urgence ?

En cas de rapport sexuel non protégé ou d'accident de contraception (oubli de pilule, préservatif défectueux,…), un seul recours : la contraception d'urgence. Mieux connue sous le nom de pilule du lendemain (ce qui n'est pas tout à fait vrai), elle contient un progestatif. Il perturbe à la fois l'ovulation et la nidation (l'endomètre est alors incapable d'accueillir l'œuf s'il y a une grossesse). Il faut prendre un comprimé dans les cinq jours qui suivent le rapport non protégé. Et plus le comprimé est pris rapidement, plus il est efficace ! De 95% dans les 72 heures, l'efficacité chute à 50% au quatrième et cinquième jour.

En vente libre, sans ordonnance. Son coût : gratuite pour les mineures, elle est disponible dans les pharmacies, les centres de Planning familial et les infirmeries scolaires. Pour les majeures, elle est en vente libre à 7,60 euros.

Préservatifs, spermicides, méthodes naturelles...

  • Les spermicides : une contraception peu efficace

Ils contiennent des substances qui détruisent les spermatozoïdes ou les rendent inactifs. Vendus sans ordonnance, ils ont différentes formes : gels, ovule, crème, éponge. On les applique dans le vagin un certain temps avant le rapport (variable selon la forme), ils sont efficaces plus ou moins longtemps et il ne faut pas prendre de douche vaginale dans les 6 heures qui suit le rapport. Attention, c'est l'un des moyens contraceptifs les moins efficaces (avec 1 % d'échec pour des spermicides bien utilisés) et ils ne protègent pas des MST. Ils sont en plus coûteux. A coupler au préservatif.

En vente libre. Leur coût : de 1 euro la dose pour les ovules ou crèmes multidoses à 6,50 euros les quatre éponges.

  • Le préservatif : la valeur sûre ?

Le préservatif est idéal pour se protéger à la fois des Infections Sexuellement Transmissibles (IST), du sida et d'une grossesse non désirée. A deux conditions : être correctement posé et ne pas être défectueux. Le préservatif se déroule sur le pénis en érection, juste avant le rapport sexuel. Il ne peut être utilisé qu'une seule fois et il est tout de même moins efficace que la pilule ou le Dispositif Intra Utérin (DIU).

En vente libre. Son coût : de 0,20 à 0,70 euros/unité environ

  • Et le préservatif féminin ?

Là encore, c'est le moyen idéal pour se protéger à la fois d'une grossesse et des IST. Il s'agit d'une gaine munie d'un anneau à chaque bout. Il faut tordre l'anneau du côté fermé et l'introduire dans le vagin. L'autre bout se place à l'extérieur sur les parties génitales. Solide, doux, il peut être posé longtemps avant le rapport. Ce qui n'interrompt donc pas les préliminaires… Inconvénients : il peut faire du bruit (à type de bruits d'air), il est lui aussi moins efficace que la pilule ou le DIU (5 % d'échec quand il est bien utilisé). Et il est surtout cher.

En vente libre . Son coût : 1 euro/unité

  • Méthodes naturelles : plutôt risquées

D'un point de vue médical, les méthodes naturelles (Ogino, Billing, "retrait",…) ne sont pas assez efficaces : 20 à 40 % d'échec. Elles nécessitent une bonne connaissance de son corps. Mais elles ont l'avantage d'être gratuites et utilisables par tout le monde, notamment dans les pays où les moyens de contraception ne sont pas accessibles.

Stérilisation définitive : pour les femmes, pour les hommes

L'opération de la vasectomie

Pour celles et ceux qui ne veulent pas ou plus d'enfants, vous pouvez opter pour la contraception définitive. Un impératif : être sûr de son choix car cette méthode est irréversible.

Les hommes peuvent donc se tourner vers la vasectomie et les femmes vers la stérilisation définitive.

Contraception : et si vous consultiez une sage-femme ?

Pour obtenir un moyen de contraception, les femmes s'adressent en grande majorité à leur médecin généraliste ou à leur gynécologue. Pourtant, depuis 2009, elles peuvent aussi se tourner vers les sages-femmes.

La loi autorise en effet les sages-femmes à prescrire une contraception, mais uniquement lorsque les patientes sont en bonne santé : "Quand une pathologie se présente, on a une obligation d'orienter les patientes vers un médecin gynécologue qui pourra les prendre en charge", explique Aurélie Michon-Braconnier, sage-femme.

Pour les sages-femmes, pas question de faire concurrence aux gynécologues mais simplement de faciliter la prise en charge des patientes : "De plus en plus de collègues sages-femmes sont installées en libéral, de plus en plus travaillent en gynécologie et on a en parallèle de plus en plus de gynécologues qui partent à la retraite. La population augmentant, beaucoup de femmes ont besoin de se faire suivre donc il y a de la place pour tout le monde", confie Aurélie Michon-Braconnier.

Depuis 2016, la loi autorise également les sages-femmes à pratiquer la vaccination et l'IVG médicamenteuse.

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