1. / Sexo

Cinq idées reçues sous la couette

Suite de notre série sur les préjugés qui nous pourchassent jusque dans notre lit et parasitent inévitablement l'épanouissement sous la couette. Si vous pensez que pour être un bon amant, il faut connaître le Kâma-Sûtra sur le bout des doigts, que le corps des femmes est plus sensible aux caresses que celui des hommes, ou encore que le pénis est la seule zone érogène masculine, alors cet article est fait pour vous !

Rédigé le , mis à jour le

Cinq idées reçues sous la couette
Cinq idées reçues sous la couette

Le corps de la femme est plus sensible aux caresses

FAUX.

Un homme respecte sa femme, pas sa maîtresse

Ce préjugé est hélas encore trop souvent une réalité pour de nombreux hommes. Il est connu sous le nom de syndrome de la maman et de la putain : ils n'osent pas faire certaines choses avec la mère de leurs enfants (ou la femme qui partage leur vie), qu'ils idéalisent et s'amusent avec leur amante sans peur mais sans s'engager dans une relation autre que sexuelle.

Les mentalités évoluent un peu : certains ont assimilé l'idée que sexe et respect ne sont pas antinomiques, ce qui démultiplie l'harmonie et le plaisir du couple…

Longtemps, la sexualité masculine a été limitée à la verge et considérée comme basique et mécanique alors qu'à l'inverse la femme, dotée d'une émotivité plus développée, disposait forcément d'un corps plus sensible. Il faut bien admettre que le gland du pénis et son prépuce sont particulièrement riches en terminaisons nerveuses, même s'ils le seraient moins que le clitoris.

Mais la peau dispose tout de même de cinq millions de récepteurs, qu'il s'agisse d'un corps d'homme, ou de femme ! Ces messieurs sont donc aussi sensibles aux caresses que ces dames… Tout au plus y sont-ils (parfois) moins habitués si leurs précédentes amantes ne consacraient leur attention qu'à leur pénis. Prodiguer effleurages et pétrissages, baisers et frôlements, rendra les 2 mètres carrés de peau du partenaire accros à ces délices manuels que sont les massages.

L'homme n'a qu'une seule zone érogène

FAUX.

Le pénis est bien évident "LA" zone la plus érectile, mais cela n'empêche pas les hommes d'avoir d'autres points sensibles, parfois même très sensibles… Une étude avait révélé que le bouche et les lèvres, les testicules, l'intérieur des cuisses, le haut de la nuque étaient bien notés par les participants. Le périnée offre aussi un endroit érotique, à mi-chemin entre la base du sexe et l'anus, qui procure des sensations délicieuses, voire même des orgasmes. Tout comme le massage de la prostate… encore faut-il accepter un doigt dans l'anus, au bout duquel le point P (pour prostate), situé à environ 7 cm, livre bien des plaisirs.

Certains hommes s'étonnent de la facilité avec laquelle leur partenaire cible d'emblée et exclusivement leur pénis, en faisant fi de tout préliminaire. Oui, un homme apprécie aussi qu'on l'embrasse et que l'on caresse tout son corps, en s'acheminant progressivement jusqu'au bas-ventre ou en faisant des allers-retours vers cette partie stratégique. La douceur est bien sûr recommandée au début pour caresser le pénis et les testicules. Eh non, les préliminaires ne sont pas l'apanage de ces dames !

Les hommes ont plus de partenaires sexuels que les femmes

VRAI, MAIS...

Les hommes déclarent davantage de partenaires sexuels que les femmes, c'est certain. En ont-ils plus ? Pas si sûr… Dans l'enquête de Michel Bozon Contextes sur la sexualité des Français en 2006, les hommes déclarent 11,6 partenaires et les femmes 4,4 au cours de leur vie. Ce chiffre est stable du côté des hommes (11,8 en 1970 – moyenne du nombre de partenaires divisé par le nombre d'hommes interviewés) mais est en augmentation chez les femmes qui l'estimaient à 1,8 en 1970. Les auteurs relativisent la différence en expliquant que les hommes déclarent toutes leurs partenaires tandis que les femmes ne comptabilisent que ceux qui ont compté (plus fleurs bleues, plus pudiques, plus marquées par les représentations culturelles du type "les femmes font l'amour par amour, les hommes par désir").

Seules 10,9 % des femmes auraient eu plus de dix partenaires (contre 35,4 % des hommes). Les hommes auraient tendance à gonfler le nombre de leurs conquêtes pour se valoriser tandis que les femmes s'inquièteraient du jugement et craindraient de passer pour des filles faciles. Lisez cette étude amusante (en anglais) : les femmes qui pensaient que leurs réponses seraient lues déclaraient 2,6 partenaires alors qu'elles parlaient de 4,4 partenaires quand elles se croyaient passées au détecteur de mensonge.

Ah les stéréotypes de genre sont encore bien ancrés !

Pour être un bon amant, il faut maîtriser le Kâma-sûtra

FAUX.

Si se limiter exclusivement au missionnaire peut se révéler lassant, enchaîner la chaise à porteur, la brouette thaïlandaise, le collier de Vénus et le petit pont s'avère épuisant et souvent inconfortable !

Non, les positions acrobatiques ne sont pas forcément les plus recherchées ! Passer mécaniquement d'une attitude à une autre, ne laisse pas le temps de ressentir une once de plaisir : les partenaires sont souvent trop occupés à réfléchir à la façon dont il faut placer le pied gauche, la main droite ou les fesses pour se connecter aux sensations de leurs corps. Les amants les plus complices en riront, les autres peuvent en pâtir : la gymnastique sexuelle fait courir le risque d'éteindre le désir et d'éloigner l'orgasme…  

Une certaine variété dans les positions est agréable mais point trop n'en faut : en sexualité aussi, tout est affaire de juste milieu.

A la ménopause, la libido dégringole

FAUX.

Bonne nouvelle pour toutes les femmes : non, la ménopause ne sonne pas le glas de la sexualité si l'on en croit cette étude ! Libido, plaisir, pratiques sexuelles sont les mêmes chez les moins de 55 ans que chez les plus de 45 non ménopausées. Les rapports sexuels sans pénétration étaient un peu plus fréquents dans l'étude chez les femmes de moins de 55 ans sans traitement hormonal (34 %) que chez les plus jeunes (23 %). Et les premières se masturbaient moins que les secondes.

Bien évidemment, il y a des changements provoqués par la chute des hormones sexuelles féminines : la sécheresse vaginale s'installe et le vagin a tendance à "rétrécir" un peu, pouvant rendre les rapports douloureux. Et qui dit douleur, dit baisse de l'envie de rapport sexuel et restriction de l'activité sexuelle… Heureusement, ces changements peuvent être compensés médicalement. Un traitement local à base d'oestrogènes ou un hydratant rétablissent l'humidité vaginale et des oestrogènes (en crème, comprimé ou en anneau à mettre dans le vagin) pallient l'atrophie. Des rapports sexuels réguliers avec pénétration sont aussi chaudement recommandés. Même la masturbation favoriserait la bonne santé du vagin en accroissant le débit sanguin !

Voir aussi sur Allodocteurs.fr