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Dents de sagesse : une extraction redoutée

On les appelle dents de l’amour en Corée, dents de l’esprit en Roumanie ou encore dents de 20 ans en Turquie... en France, ce sont les dents de sagesse. Il s'agit en fait de nos dernières molaires, appelées dents de sagesse parce que leur éruption est tardive. Mais pourquoi faut-il souvent les extraire ?

Rédigé le , mis à jour le

Dents de sagesse : une extraction redoutée
Sommaire

Qu'est-ce qu'une dent de sagesse ?

Marina Carrère d’Encausse et Michel Cymes présentent les dents de sagesse.

Un adulte possède trente-deux dents. Chaque arcade dentaire adulte a 16 dents chacune : 4 incisives, 2 canines, 4 prémolaires et 6 molaires. Mais quand nous sommes petit enfant, nous n'avons que 20 dents de lait : pas de prémolaires et seulement 4 molaires par arcade. Lorsque les dents de lait disparaissent vers l'âge de 6 ans pour laisser la place aux dents définitives, c'est aussi le moment de l'éruption de la première molaire. La deuxième molaire apparaît vers 12 ans, alors que la troisième molaire, la fameuse dent de sagesse, sort vers 18-20 ans.

La dent de sagesse est positionnée à l'arrière de la bouche, derrière la deuxième molaire. Elle sert à mastiquer, à broyer les aliments, elle a le même rôle que les autres molaires de l'arcarde. La dent de sagesse peut parfois avoir des morphologies étranges : elle peut n'avoir qu'une seule racine ou plusieurs, mais ces racines sont alors complètement tordues. En fait, la dent de sagesse a mal poussé, car elle n'avait pas assez de place. La dent de sagesse est souvent formée à l'intérieur de la gencive, mais elle ne sort pas. Soit par manque de place, soit parce que son axe d'éruption n'est pas correct. On dit qu'elle est incluse. À ce moment là, elle pose rarement problème, dans seulement 2 % des cas.

Lorsqu'elle est partiellement incluse, c'est-à-dire que la dent de sagesse va percer la muqueuse pour essayer de sortir, elle ne sortira qu'à moitié. Le sac péricoronaire dans lequel se trouve la dent de sagesse ne peut pas évoluer, le risque c'est donc l'infection, la péricoronarite, ou des dommages importants sur les dents adjacentes, comme par exemple des caries. Car une dent de sagesse partiellement incluse n'est pas facile à brosser. Le tartre et les dépôts alimentaires vont alors se fixer entre la deuxième molaire qui est fonctionnelle, et la dent de sagesse qui voudrait bien sortir mais qui, pour des raisons d'encombrement ou de morphologie, ne peut pas se positionner. Un véritable nid à bactéries dans 75 % des cas. Mais qu'elle soit incluse dans l'os ou partiellement sortie, si la dent de sagesse pose problème, elle devra être extraite.

L'extraction des dents de sagesse

Quand les dents de sagesse posent problème, l'extraction est inévitable.

L'extraction des dents de sagesse est une opération très fréquente qui peut se faire sous anesthésie locale ou régionale. Aujourd'hui, il y a très peu d'indications d'intervention sous anesthésie générale, qui impliquerait une hospitalisation.

Selon la disposition et le nombre de dents à extraire, l'extraction pourra se faire en une ou deux fois. Si les dents à extraire posent peu de problèmes, il est possible de toutes les enlever en une seule fois. Mais plus généralement, on procède en deux fois : un côté, puis l'autre. Les patients éprouvent alors moins de difficulté pour s'alimenter après.

Il existe plusieurs techniques d'extraction. Si sa position est compliquée, la dent peut être coupée et extraite par petits morceaux. Cela évite aux patients d'avoir des joues de hamster pendant cinq jours, parce qu'après une extraction de dents de sagesse, un oedème se forme.

Généralement cette opération nécessite une prémédication, un antibiotique pendant six jours à partir de l'intervention, et éventuellement un anti-inflammatoire stéroïdien, justement pour diminuer l'oedème.

 

Il était une fois... les dents de sagesse

Reliques ou répliques, les vestiges du passé en disent long sur les ancêtres de l'homme.

Aujourd'hui, on doit souvent enlever les dents de sagesse, mais ce n'était pas le cas dans le passé. La mâchoire des premiers humains était plus spacieuse et leurs aliments plus coriaces. Et ces troisièmes molaires étaient très utiles pour remplacer celles qui avaient mordu la poussière. Dans notre mâchoire d'homme contemporain, la troisième molaire est de plus en plus indésirable parce que nous mastiquons moins. Alors la dent de sagesse va-t-elle disparaître ? Si oui, dans combien de temps ?

D'après les dentistes, l'agénésie de la dent de sagesse concerne 25 % des patients.

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