Comment reconstruire le pouce ?

La perte du pouce est particulièrement handicapante mais les progrès de la chirurgie permettent aujourd’hui de le reconstruire à partir de tissus du pied ! Comment procèdent les chirurgiens ? Quelles personnes peuvent bénéficier de cette opération ?

La rédaction d'AlloDocteurs
La rédaction d'AlloDocteurs
Rédigé le , mis à jour le

Le rôle du pouce

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent le rôle du pouce.
Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent le rôle du pouce.

Une petite expérience à faire : mettez votre pouce le long de votre paume et essayez d'attraper une bouteille, c'est impossible.

La mutilation du pouce est plus handicapante que celle d'un autre doigt. Le réparer est donc une priorité pour retrouver la préhension.

Le pouce a la particularité de ne posséder que deux phalanges. Il est plus court que les autres. Il rend la main préhensile, par son opposition totale par rapport aux quatre autres doigts. Ses mouvements sont contrôlés par huit muscles, ce qui en fait également le plus précis des doigts.

De l’orteil… au pouce

Attention, images d'intervention chirurgicale : une partie du gros orteil est prélevée pour reconstruire le pouce.
Attention, images d'intervention chirurgicale : une partie du gros orteil est prélevée pour reconstruire le pouce.

Lorsque le pouce est amputé, le chirurgien peut le replanter, s'il n'a pas été trop abîmé ou perdu. Trois fois sur quatre, cette replantation est couronnée de succès. En revanche, si la partie coupée n'est pas récupérable, il faut procéder à une reconstruction.

En 1966, un chirurgien procède à l'ablation du pouce et de l'orteil d'un macaque. Il recoud ensuite le gros orteil en lieu et place du pouce. Trois ans plus tard, l'expérience est réalisée avec succès chez l'homme.

La préhension retrouvée

Après l'opération, la rééducation permet de retrouver la souplesse du pouce.
Après l'opération, la rééducation permet de retrouver la souplesse du pouce.

Les opérations de la main ne nécessitent pas toujours une anesthésie générale. Une anesthésie locorégionale peut suffire.

Comme pour beaucoup d'actes chirurgicaux, l'âge et le tabac sont de véritables contre-indications : les chirurgiens ne proposent pas cette intervention à des personnes de plus de 50 ans et fumeuses, pour éviter au maximum les risques d'obstruction des vaisseaux pendant la cicatrisation.

Cette opération peut être faite sans limite dans le temps après l'accident. Mais en général, les amputés préfèrent retrouver leur intégrité physique au plus vite.