Savon ou syndet, quelles différences et lequel choisir pour quels usages ?

Tous les savons ne sont pas adaptés aux mêmes types de peau. On vous explique la différence entre ces deux produits nettoyants et le produit à privilégier.

Julie Zulian

Par Julie Zulian

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L'hygiène corporelle est essentielle au bien-être et aide à rester en bonne santé

Vous avez peut-être déjà remarqué la présence de pains dermatologiques ou "syndets" vendus dans les rayons des pharmacies. Mais quel est l'intérêt de ces savons sans savon ? 

Le savon est obtenu grâce à un processus de saponification. Il s'agit du mélange d'un corps gras (des beurres, des graisses ou des huiles) avec un agent alcalin, comme de la soude ou de la potasse. "C'est le cas de l'huile d'olive qui est mélangé à de la soude dans le savon d'Alep par exemple", illustre le Dr Georges Reuter, dermatologue et vice-président du syndicat national des dermatologues-vénérologues (SNDV).

En revanche, le syndet, contraction de “synthetic detergent”, n'est pas obtenu par ce processus de saponification. Il contient en effet des tensioactifs de synthèse, qui ont des propriétés nettoyantes pour la peau. "Il existe différents types de syndets en fonction du pH, qui n'est ni acide ni basique mais plutôt neutre ou adapté au pH de la peau. L'utilisation du syndet permet de respecter la flore cutanée", poursuit-il.

Pourquoi le savon peut-il agresser la peau ? 

Le pH désigne le niveau d'acidité. Notre peau, tout comme notre cuir chevelu, possède un pH modérément acide, situé entre 4,5 et 5,5. Choisir un syndet dont le pH est plutôt neutre (autour de 7) permet de se rapprocher de celui de notre peau pour maintenir son équilibre.

"Dans la saponification de graisses qui permet de fabriquer le savon, la base de soude caustique a un pH basique (entre 7 et 14, ndlr) qui peut entraîner une agressivité de la peau. Les tensioactifs contenus dans le savon dégraissent la peau et abîment le film hydrolipidique qui a un effet protecteur", explique le Dr Georges Reuter.

Dans quel cas utiliser un syndet ? 

Dans ce contexte, le syndet présente un intérêt pour les peaux dont la barrière cutanée est déjà fragile. "Sur une peau grasse, il est possible d'appliquer à peu près tout type de savon. Mais sur une peau sèche, sujette à l'eczéma, le savon classique peut être irritant. Le savon surgras est ce qu'il y a de mieux pour les peaux sèches afin d'éviter d'agresser la peau", recommande le dermatologue.

Les syndets sont aussi souvent enrichis en agent surgras pour garantir un confort optimal. S'ils sont conseillés pour les peaux sèches, "il n'y a pas de bienfaits particuliers à choisir un syndet chez les autres types de peau", estime le Dr Reuter.

Comment bien choisir son syndet ?

Choisir le bon produit n'est pas toujours évident face à la multitude de références. Gardez en tête que certains savons, et parfois des syndets, contiennent des parfums, qui peuvent créer des allergies. "Ce sont parfois des parfums de masquage, il faut être vigilant parce qu'on ne le sent pas toujours", met en garde le Dr Reuter.

Le dermatologue conseille d'opter pour un produit surgras, quel que soit le type de peau. 

Dans le choix de votre savon comme de votre syndet, il vaut mieux privilégier une liste d'ingrédients courte et être vigilant à ceux qui contiennent des huiles essentielles, qui peuvent être irritantes et allergisantes, indique l'Association Française de l'Eczéma.

Le savon de Marseille remplit souvent ces critères lorsqu'il est naturel mais attention :  "il peut être toléré par certains types de peau mais il n'est pas idéal. Il peut être agressif sur les peaux sensibles", avertit le dermatologue.

Attention aux lavages trop fréquents ! 

La barrière cutanée de notre peau peut être fragilisée par un savon inadapté mais aussi par des lavages trop fréquents, qui peuvent décaper la peau.

"Il n'y a pas d'intérêt à nettoyer sa peau au-delà de deux fois pas jour. Cela peut assécher la peau et provoquer des démangeaisons. Un lavage une fois par jour est suffisant, mais cela dépend aussi du métier que l'on pratique", tempère enfin le Dr Reuter.