Quels sont les bénéfices prouvés et les risques de la thérapie des ventouses ?

La thérapie par les ventouses a conquis le milieu sportif et sur les réseaux sociaux. Mais attention, les promesses de cette pratique ne reposent en réalité sur aucune preuve scientifique.

Par Alexandra Delbot

Rédigé le

Le Mag de la Santé - France 5

Des marques rouges fleurissent sur le dos de plusieurs sportifs depuis quelques années. Leur origine ? La ventousothérapie, aussi appelée "hajama" ou "cupping", rendue célèbre par le nageur américain Michael Phelps qui a été le premier à se faire remarquer comme adepte de cette pratique.

Elle est courante chez de nombreux athlètes, lors des Jeux Olympiques, par exemple. C'est le cas de Florent Manaudou, deux mois avant les JO de Paris. Et il n’y a pas que les nageurs, puisque Karim Benzema est aussi un adepte.

La ventousothérapie est désormais sortie de la sphère sportive et a également envahi les réseaux sociaux. Elle se pratique chez soi ou dans des centres de bien-être, notamment ceux spécialisés en médecine chinoise.

Comment fonctionne la thérapie des ventouses ? 

Les ventouses peuvent être en silicone ou en verre. La méthode la plus classique consiste à imbiber un coton d'alcool, puis à le brûler. Il est ensuite passé dans la ventouse et celle-ci est déposée sur la peau. La chaleur crée une dépression à l'intérieur de la ventouse, ce qui va aspirer la peau. Il existe aussi des méthodes avec une pompe, dont le résultat est le même : la peau est aspirée, elle devient bombée et une sorte de suçon se forme.

Les bénéfices attendus de cette pratique sont de décongestionner les tissus, de soulager les douleurs articulaires et musculaires, ou encore de remobiliser la circulation sanguine ou lymphatique, selon les déclarations de praticiens.

Aucune preuve scientifique de l'efficacité du cupping

La ventousothérapie est même parfois conseillée pour certains pathologies : elle soulagerait ainsi bronchites, asthme, allergie, problèmes intestinaux ou gynécologiques, jusqu’aux migraines, selon l'Association Internationale des Praticiens Médecine des Ventouses.

Prudence ! Lorsqu'une pratique promet de tout soigner, elle devient suspecte. Et surtout, aucun de ces effets n’est en réalité scientifiquement démontré.

Les études sur la ventousothérapie sont en effet petites. Elles contiennent peu de volontaires et ne présentent pas de méthodologies fiables.

En clair : les études ne prouvent pas vraiment d’efficacité pour soulager les douleurs musculaires ou articulaires. Et pour le reste des pathologies ? Que ce soit les problèmes respiratoires, intestinaux ou les maux de tête, ces allégations ne reposent tout bonnement sur aucune preuve scientifique.

"Un élément psychologique à prendre en compte"

La thérapie des ventouses peut faire du bien, mais comme n’importe quel massage ! "Il y a certainement un élément psychologique à prendre en compte", reconnaissait le Dr. Kevin Rindal, le chiropracteur de l’équipe américaine de natation dont fait partie Michael Phelps, dans une interview donnée au journal L’Équipe en 2016.

Mais cette thérapie n'est pas forcément conseillée, et surtout pas quand l'on ressent des douleurs. Sachez enfin qu'aucun médecin n’a le droit de pratiquer cette thérapie, ni même les kinésithérapeutes. Les ordres de ces deux professions interdisent cette pratique.

Quels sont les risques des ventouses ?

En effet, la pratique des ventouses est injustifiée par l'Ordre des kinésithérapeutes car il n’y pas d’efficacité prouvée, et surtout elle comporte un risque de lésions, comme des saignements ou des brûlures avec la manipulation des ventouses.

Les praticiens du "cupping" ne sont donc pas des professionnels de santé. Les ventouses ne servent pas à soigner et le risque est de passer à côté d’un problème de santé qui ne serait pas diagnostiqué. Le cupping ne doit donc être considéré que comme un simple massage. À vous de voir si vous l'appréciez... ou pas.