5 erreurs qui gâchent le plaisir sexuel
Au lit, il n'est pas rare de commettre des erreurs sans s’en rendre compte mais elles peuvent vite gâcher le plaisir. Explications avec le Dr Gilbert Bou Jaoudé.
Rédigé le
Le Mag de la santé - France 5
Quel est selon vous le tue-l'amour numéro 1 ? Vous l'aurez peut-être deviné, il s'agit de l'hygiène. Les odeurs ou les ongles sales font en général leur effet, et pas dans le bon sens du terme ! Le reste de la liste comporte le manque d’attention ou de séduction, l'usage du smartphone au lit, une ambiance peu propice à la légèreté ou encore le fait de parler de son ex. Mais au delà des odeurs ou des chaussettes, c'est dans le déroulement même de la sexualité que certaines erreurs sont commises.
Les "préliminaires", une étape mal appréhendée
Il n'est pas rare d'entendre qu'il ne faut pas négliger les préliminaires, ce qui est vrai. Mais plus encore, il ne faut justement pas les considérer comme un acte préliminaire. C’est-à-dire qu’il ne faut pas les faire comme quelque chose qui "prépare ou précède une autre chose considérée comme plus importante ", la définition même du mot. Si vous les vivez comme tel et non comme un acte sexuel à part entière, vous n’en profitez pas pleinement puisque vous attendez inconsciemment la suite. Vous risquez par ailleurs de ne pas y revenir à nouveau pendant l’acte.
Or, la sexualité qui suit un ordre précis "préliminaire > pénétration > jouissance" , correspond surtout à une logique de reproduction. Tandis que la sexualité qui ne suit pas un ordre est plus fidèle à la physiologie du plaisir. Par ailleurs, c'est le manque de connaissance du corps qui peux expliquer certaines erreurs.
Connaître le corps de l'autre, un élément essentiel
Chez les femmes, c'est le gland du clitoris, sa partie externe, qui est très riche en capteurs sensoriels de plaisirs. Ce qui est moins connu en revanche, c'est qu'il y a souvent une petite zone d'un ou deux millimètres qui est déclenchante de l'orgasme. Celle-ci ne se situe pas exactement au même endroit d’une femme à une autre : un peu à droite ou un peu à gauche sur le clitoris. C’est cette "zone gâchette" qui explique pourquoi beaucoup de femmes disent : “ça se joue à un millimètre ". Ainsi, lorsque le plaisir monte, changer la zone de stimulation même légèrement, peut casser la dynamique.
En ce qui concerne les hommes, le pénis non plus n’est pas une manette avec des boutons standards ou universels. Le frein, la couronne, les sillons et la surface du gland peuvent donner des sensations très agréables pour certains mais désagréables pour d’autres. Ces sensations changent aussi avant et après éjaculation. Ainsi, explorer ces zones plutôt que de stimuler d’une seule façon permet d’affiner le plaisir.
Hommes/femmes : des différences physiologiques
Nous avons tendance à penser que l’excitation fonctionne de la même façon pour tout le monde. Toujours selon le même schéma : elle monte, puis atteint une zone d’imminence d’orgasme, ensuite le point de non-retour et enfin l’orgasme arrive. En réalité, cela est surtout valable pour les hommes. Chez ces derniers, il devient difficile d’empêcher l’orgasme une fois dans la zone d’imminence. Une fois le seuil de point de non-retour atteint, il est alors impossible d’empêcher l’orgasme, même si l'on change ou ralentit la stimulation.
Chez les femme, les choses sont différentes. En effet, il n’y a pas de point de non-retour aussi net. De fait, changer le rythme ou l’intensité d’une stimulation pourra empêcher la survenue de l’orgasme même si la zone d'imminence était atteinte. Ainsi, connaître l’anatomie et la réalité du fonctionnement sexuel permet d’éviter beaucoup d’erreurs.
Un dernier point à ne pas négliger concerne la rémanence sexuelle. C'est-à-dire qu'après un rapport, le corps continue de libérer des hormones de plaisir, de bien-être et d’attachement. Ne pas profiter de cet "après sexe" revient à quitter la scène avant le dernier acte. La sexualité se construit avant les rapports, se vit pendant et se savoure après !