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Coronavirus : faut-il s’attendre à une crise alimentaire ?

Les organisations OMS, FAO et OMC alertent sur un risque de crise alimentaire mondiale. En Europe, c’est le manque de main d’œuvre et les retards des containers aux frontières qui inquiètent le plus.                                   

Rédigé le , mis à jour le

Coronavirus : faut-il s’attendre à une crise alimentaire ?
Crédits Photo : CC0 Domaine Public

Perturbations des marchés agricoles, manque de bras dans les champs, protection insuffisante des salariés de l'agroalimentaire face au coronavirus… Dans un communiqué commun, les dirigeants des trois organisations multilatérales chargées de l'alimentation, de la santé, et du commerce, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC), mettent en garde contre un risque de crise alimentaire mondiale.

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"Vague de restriction" et "pénurie mondiale"

Si certains pays exportateurs étaient tentés de retenir leurs récoltes par crainte de manquer ou pour faire baisser les prix, d'autres, plus fragiles, à l'autre bout de la chaîne alimentaire mondialisée, risquent de traverser des pénuries graves, préviennent les trois organisations.

"Les incertitudes liées à la disponibilité de nourriture peuvent déclencher une vague de restrictions à l'exportation", provoquant elle-même "une pénurie sur le marché mondial", soulignent dirigeants des trois organisations. Selon eux, il est "important" d'assurer les échanges commerciaux, "afin d'éviter des pénuries alimentaires", des famines voire des émeutes notamment dans les pays les plus pauvres.

Manque de main d’œuvre en Europe

Dans les pays occidentaux, le "ralentissement de la circulation des travailleurs de l'industrie agricole et alimentaire" bloque de nombreuses agricultures. Avec la fermeture des frontières due au coronavirus, elles se découvrent toutes en même temps dépendantes de main d'œuvre venue d'ailleurs : latino-américains aux Etats-Unis, Maghrébins pour récolter les fraises en Espagne, backpackers européens en Australie, travailleurs agricoles d'Europe de l'Est dans les champs d'asperges en Allemagne...

Autre maillon suscitant l'inquiétude, les "retards aux frontières pour les containers" de marchandises, qui entraînent un "gâchis de produits périssables et une hausse du gaspillage alimentaire".

Protéger les salariés du secteur alimentaire

Par ailleurs, alors que des salariés de l'emblématique magasin bio américain Whole Foods, propriété d'Amazon, se mettent en grève pour leur santé face au coronavirus, les trois organisations internationales s'inquiètent aussi du besoin de "protection" du personnel de la production alimentaire ou de la distribution.

Leur souci est aussi bien de "minimiser la propagation du virus" dans ce secteur que de "maintenir les chaînes d'approvisionnement alimentaire". Par temps de pandémie, l'alimentation est devenue prioritaire pour des centaines de millions de personnes confinées dans le monde.

"La coopération internationale est essentielle"

"Lorsqu'il est question de protéger la santé et le bien-être de leurs concitoyens, les pays doivent s'assurer que l'ensemble des mesures commerciales ne perturbe pas la chaîne de l'approvisionnement alimentaire", résument les directeurs de la FAO, de l'OMS et de l'OMC.

"C'est dans des périodes comme celles-ci que la coopération internationale est essentielle", soulignent-ils. "Nous devons nous assurer que notre réponse face à la pandémie de Covid-19 ne crée pas, de manière involontaire, des pénuries injustifiées de produits essentiels et exacerbe la faim et la malnutrition", concluent-ils.

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