Dans les coulisses de la préparation d'Armel Le Cléac'h pour la Route du Rhum 2026
Il a presque tout gagné, mais la Route du Rhum lui résiste encore. Ce 1er novembre, le Breton Armel Le Cléac’h prend le départ de cette course mythique à Saint-Malo. Voici comment il s'y est préparé.
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Morbihan : Armel Le Cléac'h, prêt à prendre le large
Le Mag de la Santé - France 2
Il n’a qu’une idée en tête : prendre sa revanche. Armel Le Cléac'h s'élance ce 1er novembre au départ de la Route du Rhum 2026. Pour y arriver, pas de place à l’improvisation : préparation physique, hygiène de vie et alimentation… tout s'est aussi joué aussi à terre, bien avant de prendre la mer.
Surnommé "le chacal" pour sa capacité à ne rien lâcher, le navigateur breton veut aller encore plus vite. 39 podiums, dont un Vendée Globe au palmarès… mais une course en solitaire lui résiste encore : la Route du Rhum. "C’est une course qui m’a fait rêver quand j’étais gamin. Pour l’instant, c’est une course qui m’a fait défaut. Ce serait une belle histoire de remporter cette route du rhum", nous confie-t-il.
Huit heures d'entraînement par semaine
Après une blessure, un chavirage et une casse lors des trois dernières éditions, Armel Le Cléac'h a préparé sa revanche. Il s’est entraîné huit heures chaque semaine, avec des exercices sur-mesure préparés par son coach Ronan Martin. "Je suis allé à bord du bateau et j’ai surtout chronométré les temps d’efforts. On a travaillé avec un ingénieur qui m’a donné les valeurs de puissance en watt sur chacune des manoeuvres et du coup ça me permet d’être spécifique, ici au watt près", explique le préparateur physique.
Jusqu'à 4500 kilocalories par jour
La condition physique d'Armel, 49 ans, impressionne les plus jeunes navigateurs. Et pour repousser ses limites, il faut de l’énergie mais surtout savoir où la puiser. Virginie Rouxel Auffret, nutritionniste du sport, a préparé chacun de ses repas.
Sauce bolognaise, blanquette de veau... des recettes gourmandes, comme à la maison. Et pour tout ce qui est lié à l’effort, il emporte avec lui des compotes et des fruits secs. Sans oublier les petits bonbons, qui aideront à remonter le moral "parce qu'on va être parfois dans le dur, c’est pour la perf' ça !", s'amuse le navigateur.
Et en termes de calories ? "On va être aux alentours de 4500 kilocal par jour” note la nutritionniste, soit deux fois plus que ses besoins sur terre. Il faudra ajouter les fruits, légumes et charcuteries, juste avant le départ.
Deux à cinq heures de sommeil
Le skipper doit aussi savoir récupérer. Malgré des conditions parfois extrêmes, il va devoir dormir entre deux et cinq heures chaque jour. "Si on ne dort pas on va perdre la lucidité. Moi ça m’est déjà arrivé d’imaginer qu’il y avait quelqu’un à bord, qui allait faire la manœuvre que je devais faire à ma place. Là, ça devient très dangereux", témoigne Armel Le Cléac'h.
Un skipper formé aux gestes d'urgences médicales
Mais aucune préparation n'est infaillible. L’océan reste imprévisible, parfois cruel avec les marins. Tous sont formés aux urgences, en lien avec des médecins à terre. "Scalpel, bistouri, c'est par exemple si on a des abcès, une agrafeuse médicale si jamais je devais me recoudre" : le skipper fait l'inventaire de sa trousse à pharmacie.
Armel Le Cléach s'apprête à quitter la terre ferme pour 6 500 kilomètres de traversée, direction La Guadeloupe, avec un rêve à l’horizon : être enfin le grand vainqueur de la route du Rhum.